J'aime ces moments là, les regards qui se croisent (dans la queue), un beau temps pour attendre dehors et l'excitation de voir enfin Buck 65 en France. D'abord la file de gauche, toujours, puis ensuite l'entrée dans la péniche.

Première partie assuré par Tacteel, Orgasmic et le Bibendum de la scène hip-hop internationale, j'ai nommé Tekilatex. Au menu, quelques souvenirs west-coast g-funk, puis disco-funk, quelques pubs non intentionnelles pour l'album de TTC ainsi que des morceaux de Para-One et de Tacteel, une dernière partie plus orienté tech-house et électro (le remix de "Toi", ou "Toi-même", on sait plus trop, est définitivement bourrin et déstructuré, résultat jouissif), bref un set très hétéroclite. Au grand dépit des rappeurs plus real que le poisson rouge de ta mère, toujours pas remis d’avoir entendu Britney Spears coincée entre des gens aussi divers que Dopplereffekt, Edan, MF Doom et Mystikal.

Le set terminé, la superstar internationale Tekilatex en introduit une autre : Buck 65.

Et c'est bien.

Buck 65 est l'homme orchestre du hip-hop, s'activant à la fois sur les platines et au micro. Pas de turntablist survolté, pas de rappeur sautillant, pas de show hip hop pyrotechnique, aucun risque de torticolis, mais un one man show. Buck 65 sort seul tous les atouts scéniques de circonstance : dextérité au platine, gestes pour accompagner ses mots et les idées qu'il tient à faire passer, toujours prêt à sortir une connerie pour nous faire sourire, etc... Des bouts de morceaux (30 sec - 2 min) sont enchaînés quasiment sans temps mort. On passe des standards de Vertex et Man Overboard (réinterprétation sur des sons souvent sensiblement différents des originaux) à des morceaux ragga dancehall (!) puis pop, downtempo et ainsi de suite, Buck 65 surprend constamment par ses choix musicaux, on finit par se demander à quoi ressemblera le titre suivant. Et au passage, les morceaux inédits vont du très bon à l'excellent. Avec son show vraiment atypique, Buck 65 démontre encore une fois qu'il est quelqu'un à part.

La suite de la soirée est assurée par les désormais inévitables Metalcrabs. Des morceaux west-coast underground (vieux et récents), un mix agréable, des scratches dans tous les sens (Delectable va se péter un poignet s'il continue), un bon show histoire de terminer en beauté la soirée cette belle soirée.

Compte-rendu co-écrit avec Ash Boltagone.