STRETCH ARMSTRONG - Presents Spit

En amont de la carrière de Stretch Armstrong, célèbre animateur radio, on retrouve Bobitto Garcia. On retrouve aussi la maison Dolo, mentionnée autrefois au côté de Fondle'em quand il s'agissait de citer les labels hip hop new-yorkais underground qui comptaient. Pourtant, à écouter Spit de près, le rapport n'est plus très évident...

Spit Inc. / Landspeed :: 2001 :: acheter ce disque

Quelques mois et années après ses Lessons 1 & 2, Armstrong revient avec un nouveau disque racoleur et putassier qui tient d'ailleurs plus de la compilation que de la mixtape : pas de mix, juste une sélection de titres issus d'un certain underground.

Deux écoles viennent à l'esprit quand il s'agit de parler de hip hop indé et underground : d'un côté La Case de L'Oncle Tom (Mos Def, Reflection Eternal, Jay Dee et tout le rap pleurnichard), de l'autre Ubik (Co-Flow, Can Ox, Anticon et laborantins assimilés). Fort à propos, Stretch Armstrong et son Spit nous rappellent que c'est là une lecture très sélective du rap d'aujourd'hui. L'underground, soit la grande majorité de ce qui se produit, est principalement composé d'aspirants superstars qui n'ont d'autre intention que de copier le hip hop que servent déjà les grands médias. Un peu comme en France en fait, où les apprentis 113 sont les premiers à se vanter d'agir dans l'ombre (qu'ils y restent).

A l'image de sa pochette tout aussi aguicheuse que facile, Spit ne regroupe donc que des groupes qui crèvent visiblement d'envie d'accèder à la célébrité et de toucher le plus large public possible. Tous livrent ici leur idée de ce qu'est un hit, à coup de grosses ficelles, d'effets démonstratifs, de samples pétaradants et de flow postillonant ("spit", donc). Ca pourrait être bon. Ca ferait même du bien, entre deux albums de rap "difficile" et intellectualisant. Si seulement c'était réussi.

Mais ça ne l'est pas. Seuls quelques titres sont bons (comprendre "entraînants", ou "efficaces"). Deux pour être exact, peut-être les plus putes en fait : le "Stand up" de FT (Street Smart) tous violons dehors et le "Soldier Story" de Royce da 5"9', l'ancien compère d'Eminem, déjà entendu en face B du maxi Boom. A la limite, le funky "Son Gotta Eat" de The Reepz peut aussi être sauvé. Mais le reste... sans commentaire. Encore des gens qui n'ont pas compris qu'il vaut mieux être discret quand on n'est pas très bon. Et ce n'est pas la présence d'Havoc (Mobb Deep a autrefois été lancé par Stretch Armstrong) auprès de Tragedy qui y changent quoi que ce soit. Pas plus que l'emploi par Da Franchise d'un sample déjà usé jusqu'à l'os par Ghostface Killah et Pharoahe Monch.

Il ne vous reste donc plus que deux bonnes raisons de vous intéresser à ce Spit. Un : si le rap indé actuel vous prend vraiment la tête. Deux : si vous mourrez d'envie de découvrir en entier la poitrine généreuse et rebondie de la dame qui orne la pochette.

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