T. Rex connait alors un succès phénoménal en Grande Bretagne, comparable à la Beatlemania et appelé T. Rextacy. En 1971, les hits "Hot Love", "Get it On" et l'album Electric Warrior reçoivent un accueil triomphal. Marc Bolan invente alors ce qui deviendra le glam rock : guitares démonstratives, compositions simples et ultra mélodiques, extraversion, androgynie et ambiguité sexuelle entretenus à grand renfort de boas et platform boots. L'immense popularité de T. Rex restera intacte jusqu'en 1973, où il sort l'album Tanx et le single "20th Century Boy".

Cette popularité permet à Bolan d'inspirer toute une génération d'artistes. Autrefois mime dans les spectacles de Tyrannosaurus Rex, David Bowie lui vole son producteur (Tony Visconti), exploite ses idées, pousse sa formule au paroxysme, dévoile sa bisexualité avant même que Bolan n'ose en faire de même et devient son principal rival. Le chanteur de T. Rex, malheureusement, n'a ni le talent médiatique ni l'opportunisme de son copieur : dès que la vague glitter s'estompe, il se fait oublier.

En 1977, cependant, au moment où Bolan lance un show télévisé (où Bowie sera invité...), la scène punk reconnait dans ses chansons toutes aussi mélodiques que simples et puissantes une influence majeure. La même année, il est invité par les Damned à accompagner leur tournée, mais il meurt peu après dans un accident de voiture. Depuis, l'influence de Bolan ne s'est pas démentie : repris entre autres par Blondie, REM, Teenage Fanclub, Morrissey et Placebo, ses hymnes adolescents ont duré finalement beaucoup plus longtemps qu'ils ne semblaient destinés.