Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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QUEEN LATIFAH - All Hail the Queen

, 22:57 - Lien permanent

Le terme n'existait pas encore quand elle est apparue, mais Queen Latifah fut la première rappeuse "consciente". Plus précisément, c'est à la cause des femmes qu'elle fut souvent associée, en raison notamment du titre "U.N.I.T.Y.", sorti en 1993, et qui est devenu le grand hymne féministe du rap. Un tel engagement fait sens, au regard du parcours de Dana Owens. Celle-ci, une native du New Jersey qui prit pour nom de scène un mot arabe signifiant "sensible", ou "délicat", a été d'abord inspirée par le chantre de la Zulu Nation, Afrika Bambaataa. Elle a débuté sa carrière dans le hip-hop par un groupe de filles, Ladies Fresh (sa discipline était alors le beatboxing !), puis a rejoint plus tard le collectif Native Tongues, les grands représentants de la face la plus arty, afro-centrique et progressiste du rap.

QUEEN LATIFAH - All Hail the Queen

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BERTRAND BOUARD - Lynyrd Skynyrd

, 22:55 - Lien permanent

C'est un style musical dont les racines s'enfoncent profondément dans le sol boueux du Sud, dans ces anciens Etats esclavagistes qui ont été la matrice de toutes les musiques afro-américaines. Cependant, c'est par des artistes issus de New-York et de Californie, ces sièges de l'industrie du diverstissement, qu'il s'est fait connaître à l'ensemble du pays. Mais le Sud, finalement, avec une décennie de retard, a su prendre sa revanche. Ses musiciens, d'abord snobés, d'abord considérés comme des attardés, l'ont emporté à force de travail, de talent et de proximité avec le public. Ils sont devenus, au bout du compte, le choix du peuple.

BERTRAND BOUARD - Lynyrd Skynyrd

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5.1.NINE.0.2. - When a Name is Just a Number

, 13:03 - Lien permanent

Il y a fort longtemps, en 1991, à Truro, dans ce nulle part hip-hop qu'était la province canadienne de Nouvelle-Ecosse, fut fondé un groupe appelé Hip Club Groove. Celui-ci, alors confidentiel, fut en quelque sorte la matrice d'une scène qui, quelques années plus tard, à la grande époque des labels de rap indépendants, aurait son quart d'heure de gloire : celle d'Halifax. Ce groupe, en effet, avait été cofondé par DJ Moves et Checklove, Sixtoo avait fait un temps partie de l'aventure, tout comme Gordski, le futur producteur des Goods, et il collaborait souvent avec un certain Stinkin' Rich, futur Buck 65. Tous ces gens, le temps venu, referont parler d'eux, avec plus ou moins d'écho, Checklove en tant qu'acteur, sous son vrai nom de Cory Bowles, et tous les autres dans la musique.

5.1.NINE.0.2. - When a Name is Just a Number

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CARDI B - Gangsta Bitch Music Vol. 2

, 23:05 - Lien permanent

Depuis quelques années déjà, son nom bruissait à nos oreilles. Peu à peu, en effet, il semble que le terrain ait été préparé au next big thing du rap féminin, et que ce titre ait été dévolu à Belcalis Almanzar. La confirmation est venue ces tout derniers mois, et elle a été spectaculaire : en 2017, avec "Bodak Yellow", Cardi B a été la première rappeuse à décrocher en solo un single numéro 1 aux Etats-Unis, depuis… Lauryn Hill en 1998 ! D'autres tubes ont suivi, "No Limit", "MotorSport", "Bartier Cardi". Et puis enfin, en 2018, son album Invasion of Privacy connaît un triomphe total, tant du point de vue critique que commercial. Bref, la rappeuse du Bronx a désormais rejoint Nicki Minaj au firmament du rap féminin américain.

CARDI B - Gangsta Bitch Music Vol. 2

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SHAWNNA - Worth tha Weight

, 22:05 - Lien permanent

Shawnna s'est d'abord fait connaître par la filière sudiste. C'est en effet via Ludacris et son label, Disturbing tha Peace, qu'elle s'est retrouvée chez Def Jam. C'est grâce à un duo avec le même, "What's Your Fantasy", qu'elle a attiré l'attention en 2000, et grâce à un autre single avec lui, "Stand Up", en 2003, qu'elle a été l'une des rares rappeuses (encore aujourd'hui) numéro 1 aux USA. La jeune femme, cependant, provenait de Chicago. En 1999, en tant que membre du duo féminin Infamous Syndicate, elle avait même sorti un album, Changing the Game, avec deux producteurs emblématiques de sa ville : No I.D., et un Kanye West alors méconnu. Par ailleurs, histoire de confirmer son ancrage local, Rashawnna Guy était la fille d'un des plus illustres bluesmen du cru : Buddy Guy.

SHAWNNA - Worth tha Weight

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FMB DZ - Washington DZ

, 15:44 - Lien permanent

Que le titre de cette mixtape, un jeu de mot avec l'acteur Denzel Washington, n'induise personne en erreur. FMB DZ ne vient pas de la capitale des Etats-Unis, mais de la ville devenue celle du rap, en 2017 : Detroit. Il est une nouvelle preuve qu'en cette année, tout ce qui a compté est sorti de là-bas, à tel point qu'il nous faudra encore toute une partie de 2018 pour rendre compte de ce qu'il s'y est passé. Et quand bien même on se limiterait à raconter l'année du jeune Denzel, il y aurait déjà beaucoup à dire, vu que ce rappeur y a sorti pas moins de trois mixtapes, et qu'il a aussi défrayé la chronique en août, en se faisant tirer dessus à trois reprises. Cet incident ne l'a toutefois pas empêché de sortir quelques jours après son deuxième projet (les autres ont été I Ain't Gone Lie, en juillet, et The Gift, en décembre), et de l'entamer par un titre fortuitement nommé "Hard 2 Kill".

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AMBER LONDON - 1994 EP

, 22:50 - Lien permanent

Il y a toujours, pour tout genre musical, un moment où l'on devient trop conscient de son héritage, où rien ne peut se définir autrement qu'en référence au passé. En ce qui concerne le rap, ce phénomène n'a rien de neuf, mais il s'est amplifié quand, au début des années 2010, une seconde génération a pris les commandes ; quand, pour la première fois, le rap a vaincu toute concurrence, et qu'il a été produit par des jeunes dont les parents eux-mêmes en avaient écouté. L'une des manifestations les plus éclatantes de cette nouvelle ère fut le revivalisme tous azimuts du Raider Klan, qu'Amber Linwood, alias Amber London (ou Vmber London, si on se conforme à la calligraphie très spéciale du collectif), son seul représentant féminin, a illustré sur le projet qui l'a révélée, le 1994 EP.

AMBER LONDON - 1994 EP

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JUNGLEPUSSY - Satisfaction Guaranteed

, 22:45 - Lien permanent

Basée à Brooklyn, Junglepussy est le pur produit d'un New-York bohème, éclairé et branché. Son parcours en témoigne. Avant de se lancer dans le rap, en effet, c'est d'abord par la mode que Shayna McHayle a été tentée. Son nom, la chatte de la jungle, en porte d'ailleurs la marque (au-delà de la connotation sexuelle, il témoigne de sa passion pour les imprimés léopard). Et puis ensuite, après avoir été révélée par Erykah Badu avec "Cream Team", une ode aux stripteaseuses, on l'a vu côtoyer l'arty et fantasque Le1f, ardent défenseur de la fierté homosexuelle.

JUNGLEPUSSY - Satisfaction Guaranteed

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KODAK BLACK - Heart Break Kodak

, 23:16 - Lien permanent

Depuis quelques mois, nous observons une bien vilaine chose dans l'évolution de la critique musicale : le retour de la morale. Vu que le rap a gagné, puisque ses détracteurs ont été défaits, on est passé à une autre stratégie : séparer l'acceptable du mauvais, distribuer les bons points. Comme il n'est plus possible de combattre cette musique qui est maintenant partout, alors qu'elle accepte au moins de se plier aux règles de la bienséance, alors qu'elle soit adulte et responsable. Qu'en soient distingués ses premiers de la classe, ses gendres idéaux, ceux dont le mot d'ordre répond à un impératif progressiste, Kendrick Lamar par exemple. Et que soient voué aux gémonies les rustres comme Kodak Black, ces gens au comportement hautement répréhensible, ces agents du diable.

Kodak Black - Heart Break Kodak

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SASHA GO HARD - Do U Know Who I Am?

, 22:42 - Lien permanent

Parce que Yaneisha Franklin, qui a grandi à South Side Chicago et qui commença le rap vers l'âge de 12 ans, était d'un abord fier et pas facile, un oncle la surnomma un jour Sasha Fierce, d'après l'alter ego malcommode qu'avait adopté un temps Beyoncé. Et pour la même raison, parce qu'elle y allait franco au micro sur son premier titre, "What We Do", des amis lui lancèrent : "you go hard" (tu y vas fort). Tout cela est resté, et au moment de débuter une carrière de rappeuse, la jeune femme est devenue Sasha Go Hard. Entretemps, elle était entrée en contact avec un adolescent dont elle avait apprécié les morceaux postés sur Facebook, un certain Chief Keef. Elle avait très vite rejoint son entourage (on lui prêtera même une relation avec lui, démentie âprement), et appris auprès d'eux à enregistrer sa propre musique. En toute logique, donc, c'est aux Glory Boys de son collaborateur que sa première mixtape, Glory Girl, allait ouvertement se référer.

SASHA GO HARD - Do U Know Who I Am?

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