Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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INVINCIBLE - ShapeShifters

, 23:44 - Lien permanent

Ilana Weaver est blanche, et elle est une rappeuse technique apparue sur la scène battle de Detroit à la fin des années 90. Cela fait donc deux bonnes raisons pour que les critiques les moins inspirés dégaine à son égard la plus paresseuse de toutes les comparaisons : celle avec Eminem. Et de fait, la silhouette du Slim Shady apparait bel et bien sur le premier album d'Invincible, mais c'est pour mieux s'en démarquer. Sur "Locust", la rappeuse le cite nommément quand elle critique ceux qui voudraient refaire l'histoire, et effacer Proof pour ne retenir qu'Eminem du rap de Detroit. Et sur le morceau éponyme "ShapeShifters", paraphrasant Bertolt Brecht, elle affirme que la musique n'est pas là pour refléter la réalité, mais pour la transformer. A l'inverse de l'autre, qui a traduit en raps l'existence perturbée du quart-monde américain, elle, s'emploie à y remédier.

INVINCIBLE - Shapeshifters

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JOEY PURP - Quarterthing

, 23:05 - Lien permanent

Et si, plutôt que Chance the Rapper et Vic Mensa, le rappeur à retenir du collectif Save Money était Joey Purp ? On le sait, cette école de rap est à Chicago l'inverse même de la drill music. Ses membres paraissent plus sophistiqués, plus conscients de leur histoire, plus tournés vers une démarche artistique. Ils représentent ce qu'on a appelé sur nos pages l'Obama rap (et pour cause, Chance, qui est le fils d'un de ses collaborateurs, fréquente l'ancien président), dont la fonction politique et sociale implicite est de réconcilier la culture afro-américaine contemporaine avec l'Amérique, ou plus précisément avec son élite libérale. C'est une veine généralement prisée par la presse, mais critiquable pour son approche scolaire, pour sa musique trop pensée, pour son rap pas assez spontané. Ces reproches, cependant, ne sont pas à faire à Joey Purp. En tout cas pas à l'entièreté de ce projet, son troisième, et la suite de iiiDrops, la mixtape de 2016 qui l'avait révélé.

JOEY PURP - Quarterthing

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TRINA - Diamond Princess

, 22:54 - Lien permanent

A la fin des années 90, après le triomphe du dirty rap des New-yorkaises Lil' Kim et Foxy Brown, il était temps que ce hip-hop à forte teneur pornographique revienne chez lui, en Floride. C'est donc en toute logique sur les terres du 2 Live Crew qu'une autre rappeuse pousserait à son comble cette formule désormais éprouvée : un joli minois, une grande gueule, des propos salaces, un goût prononcé pour le lucre, une attitude insolente de femme dominatrice et une indéniable aisance verbale. A tout cela, depuis son apparition avec Trick Daddy sur le single "Nann Nigga", Katrina Taylor ajoutait un humour plus tranché encore, une voix de vilaine fille et les rythmes sautillants qui ont toujours convenu au rap de Miami. En l'an 2000, parée de ces atouts irrésistible, celle qui se présentait comme la salope la plus bonne (Da Baddest Bitch, s'intitulait en effet son premier album et futur disque de platine), lançait une des carrières les plus durables du rap féminin.

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PIERRE EVIL - Gangsta Rap

, 22:41 - Lien permanent

Gangsta Rap n'est pas un nouveau livre. Il est paru en fait en 2005. Il a même été l'un des premiers gros ouvrages dignes de ce nom publiés en France sur le rap américain. Mais à l'époque, son sujet n'était pas la préoccupation première. Le rap qui intéresse, ici, c'est principalement celui que l'on produit en local. Et contrairement à ce que pensent beaucoup de ses détracteurs, l'école gangsta californienne n'a pas toujours été la plus prisée chez nos compatriotes, qui ont longtemps été tournés vers New-York et le rap à message. Cependant, la donne a changé. Depuis, le mythe du gangsta rap angeleno du début des années 90 n'a cessé de s'étoffer, le thème central du rap international est inéluctablement la criminalité, et le besoin de livres sur ce type de musique n'a fait que croitre. Qui plus est le (vrai) nom de Pierre Evil et de son ouvrage sont réapparus il y a quelques années dans la presse généraliste, du fait d'activités extra-musicales aussi prestigieuses qu'inattendues. En 2018, il était donc grand temps que ce Gangsta Rap redevienne plus disponible, dans une version remaniée et actualisée.

PIERRE EVIL - Gangsta Rap

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TRAPPERMAN DALE - '91

, 23:21 - Lien permanent

Starlito n'est pas seulement l'un des plus grands rappeurs en activité, il a aussi le nez creux. Il l'a prouvé il y a quelques mois déjà, en nous faisant connaître l'excellent Floridien Mobsquad Nard. Et il le fait à nouveau avec un voisin de West Nashville qu'il aurait découvert via les médias locaux. Comme le Floridien susnommé, TrapperMan Dale a été intégré au label de l'ancien All Star, Grind Hard, il a participé à son album de 2017, Hot Chicken, et ils ont l'un comme l'autre sorti un projet en commun avec leur mentor, Open Cases pour le premier, et Trap Star pour l'homme du Tennessee. Ce n'est pourtant pas ce dernier qu'il faut retenir, mais plutôt un solo sorti quelques mois plus tôt, et sobrement intitulé '91.

TRAPPERMAN DALE - 91

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TIERRA WHACK - Whack World

, 20:25 - Lien permanent

Au cours d'une interview, Tierra Whack a déclaré un jour vouloir cesser d'être rappeuse, pour devenir artiste. Et de fait, quelques temps après un single annonciateur, "Mumbo Jumbo", nous en sommes là avec Whack World. La jeune femme de Philadelphie, qui s'était d'abord illustrée pour ses freestyles sous le pseudonyme de Dizzle Dizz, avant de passer quelques temps à Atlanta, fait maintenant preuve sous son propre nom d'une approche résolument artistique. Ce projet (il n'y a pas de meilleur mot pour le qualifier) a pour particularité d'empiler quinze ébauches de chansons, d'une minute chacune, pas plus, pas moins, ce qui leur permet, à l'heure des réseaux sociaux, de respecter la limite de durée imposée aux vidéos sur Instagram. Chacun de ces morceaux, en effet, a fait l'objet d'une quinzaine de petites vignettes filmées, par ailleurs compilées sur Youtube.

TIERRA WHAK - Whack World

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GT - Relentless

, 23:06 - Lien permanent

C'est une véritable chevauchée fantastique à laquelle nous avons assisté, l'an passé, avec le rap de Detroit. Ses acteurs n'étaient pas tous des nouveaux-venus, certains s'agitaient depuis plusieurs années déjà, dans l'underground local. Mais le récent coup de projecteur porté à cette scène, désormais exposée au-delà de ses bases, a semblé motiver les Sada Baby, Icewear Vezzo, Peezy, Lil Baby, BabyFace Ray et autre FMB DZ à sortir des projets tous plus affriolants les uns que les autres. Cela fut donc une longue cavalcade, qui s'acheva avec le Relentless de GT, sorti officiellement en 2018, mais disponible sous le manteau dès décembre 2017.

GT - Relentless

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03 GREEDO - The Wolf of Grape Street

, 22:39 - Lien permanent

La Californie, contrée de tous les rêves, patrie du divertissement de masse, ultime usine à fantasmes, a toujours reçu une attention disproportionnée. Le rap nous l'a démontré une fois encore ces dernières années, sa relève ayant régulièrement été identifiée là-bas : le nihilisme d'Odd Future, le ratchet de DJ Mustard et d'YG, le rap adulte de TDE, ont tous été présentés, à un moment ou à un autre de la dernière décennie, comme le next big thing du hip-hop. A raison, parfois. Mais le plus souvent, de manière exagérée. Le premier, en effet, a sombré quelquefois dans un expérimentalisme de hipster rock sans grande portée. Le second, en bonne musique de danse, n'a pas toujours bien négocié le virage de l'album. Quant au troisième, il a été hypertrophié par ses prétentions et appesanti par le lourd poids de l'héritage culturel afro-américain. Mais avec 03 Greedo, dernière sensation californienne en date, nous touchons quelque chose de plus substantiel.

03 GREEDO - The Wolf of Grape Street

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RAP, HIP-HOP - 100 mixtapes

, 22:56 - Lien permanent

Pour célébrer la sortie de son nouveau livre le 18 mai 2017, une anthologie consacrée aux mixtapes, Fake For Real vous révèle sa sélection. Exclusivement consacrée à l'espace nord-américain et à la production de l'après 2000, quand ce format est devenu un album alternatif plutôt qu'un vrai mix, cette liste vous présente 100 oeuvres à retenir, pas toujours les mêmes que celles traitées dans le livre, choisies sur un critère de qualité. Par ailleurs, dans l'espace réservé en fin de cet article, vous pourrez aussi faire part de vos choix, qui seront révélés plus tard.

FUTURE - True Story

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CHOICE - The Big Payback

, 23:30 - Lien permanent

Tout vient de Houston. C'est en grande partie de la ville texane qu'est issu le gangsta rap paroxystique de psychopathe, devenu avec le temps l'ordinaire du hip-hop. Et même si on le sait moins, c'est là-bas aussi qu'a été mise au point cette posture hypersexuée qui, elle aussi, est devenue la normalité en matière du rap, quand il est conjugué au féminin. La vilaine fille originelle du hip-hop n'est en effet ni Lil' Kim, ni Foxy Brown. Ce ne sont même pas les pionnières de BWP et de H.W.A. C'est Kim Davis, alias Choice. Originaire de San Antonio, elle avait fait son entrée dans la musique dès 1989, sur le premier album de Willie D. A l'occasion d'un duo avec le rappeur des Geto Boys élégamment intitulé "I Need Some Pussy", elle clamait bien fort être classée X. Elle se prévalait d'avoir une chatte plus grande que la Bolivie et, si besoin, de la fesse à revendre. C'en était assez pour que J. Prince la signe sur Rap-a-Lot et qu'elle y sorte un an après The Big Payback.

CHOICE - The Big Payback

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AZEALIA BANKS - 1991

, 22:25 - Lien permanent

Autour de 2010, la pop américaine semblait découvrir enfin tous les apports des musiques électroniques. A la manière de l'Euro-Dance, mais avec vingt ans de retard, elle vulgarisait les sons de la house, de la techno et des autres. Elle les avait enfin digérés, et transformés en une version mâtinée de chants, plus accessible à un large public. Et ce mouvement, représenté mieux que quiconque par Lady Gaga, touchait également le rap. On aime ou on déteste se souvenir, par exemple, de l'association entre Black Eyed Peas et David Guetta, ou de certains morceaux de Flo Rida. On se rappelle aussi qu'à cette époque, ce fut la voie choisie par une pure rappeuse, Nicki Minaj, dans sa quête de succès. Et puis il y eut Azealia Banks, qui renouvela l'antique alliance entre hip-hop et house music.

AZEALIA BANKS - 1991

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GLOKKNINE - Bloodshells Revenge

, 23:03 - Lien permanent

Un sous Kodak Black. Voilà à quoi ressemble Jacquavius Smith, de prime abord. Floridien, comme l'autre, ce résident d'Orlando sévissant sous le nom de Glokknine cumule les points communs avec lui. Il a eu beau rejeter la comparaison et proclamer être lui-même sur "Talm Bout", l'un de ses derniers singles, la vérité est qu'il a le même accent, la même voix rauque et marmonnée, la même énonciation concassée. A 17 ans, il a à peu près le même âge que l'autre à ses débuts. Même ses cheveux hirsutes évoquent l'homme de Pompano Beach. Et bien sûr, le très jeune homme a lui aussi un pédigrée de délinquant. Début octobre, par exemple, deux mois après qu'il se soit placé sous les grandes ailes de Birdman et de Cash Money, il a été arrêté pour port d'arme, vol, et autres broutilles de cette espèce.

GLOKKNINE - Bloodshells Revenge

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YUNGEEN ACE - Life of Betrayal

, 23:14 - Lien permanent

La mort inspire Keyontae Bullard. C'est en effet après la mort de son oncle, il y a six ans, que le jeune homme de Jacksonville se consola par la pratique du rap. Et c'est en juin dernier, après une fusillade à l'encontre de sa bande et au cours de laquelle il perdit deux amis ainsi que son petit frère, que le rappeur floridien désormais connu sous le nom de Yungeen Ace (lui-même criblé de balles à l'occasion) se mit à briller. Certes, il avait commencé à sortir des titres dès 2017, notamment "Go to War", puis "No Witness" et "All In" quelques mois plus tard, et il avait déjà rejoint Cinematic Music Group. Mais juste après l'assaut qui emporta les siens, puis un bref séjour en prison, il sortit "Jungle" avec JayDaYoungan, indubitablement l'un des grands morceaux rap de 2018. Et il enchaina quelques semaines plus tard avec une mixtape, Life of Betrayal, en tout point excellente.

YUNGEEN ACE - Life of Betrayal

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