Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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AKUA NARU - ...The Journey Aflame

, 23:02 - Lien permanent

Au petit royaume du rap respectable, Akua Naru est un fantasme, elle est un rêve éveillé. La rappeuse originaire de New Haven, Latanya Hinton de son vrai nom, coche toutes les cases. Son hip-hop est calme, sensuel et sensé. Il est fermement ancré dans la noble tradition de la musique afro-américaine, celle du jazz, de la soul et du boom bap des années 90. Il est poétique, au point de verser parfois dans le spoken word. Il côtoie d'autres figures du rap arty et lettré, par exemple Elzhi, Questlove, Rah Digga et Ursula Rucker. Il est intellectuel, comme le prouvent les nombreuses conférences en université auxquelles la rappeuse a été conviée, ou la présence de la professeure Tricia Rose sur un de ses albums. Il est ouvert sur le monde, notre Américaine d'origine ghanéenne ayant collaboré avec de grands noms de la musique africaine comme Angelique Kidjo et Tony Allen, tout autant qu'avec des Européens, dont les Français Wax Taylor et Ben L’Oncle Soul.

AKUA NARU - The Journey Aflame

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BILAN - L'année rap 2009

, 23:20 - Lien permanent

L'année 2009 a été, d'après l'excellent critique américain David Drake, l'une des plus grandes de l'histoire du rap, et cela pour une raison : au moment même où presque aucun album commercial ne nous offrait de quoi nous mettre sous la dent, les mixtapes ont pris le relai. Tout ce qui s'était passé avec ce format les dix dernières années, avec 50 Cent, avec DJ Drama, avec Lil Wayne, aboutissait à un déluge de sorties digitales gratuites, dont beaucoup, plus tard, allaient acquérir le statut de classique. Parmi cette profusion, deux grandes tendances pouvaient être distinguées : d'un côté un pop rap introspectif, nerdy, éclectique et adepte de mélange des genres, héritier de Kanye West et de Lupe Fiasco, et représenté par Kid Cudi, XV et la future méga-star canadienne Drake ; de l'autre, Atlanta et la trap music tardive, incarnée par les fous furieux de 1017 Squad comme Waka Flocka Flame et OJ da Juiceman, et bien sûr leur leader, Gucci Mane, qui traversait là, sans doute, son plus grand moment. Et quoi de plus logique : 2009 a été l'année des mixtapes, et l'empereur des mixtapes, éternellement, c'est Guwop. A moins que Lil Boosie, qui était aussi à son sommet, n'ait alors mérité ce titre...

xx

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CASEY - Libérez la Bête

, 22:52 - Lien permanent

Souvent, à propos de Casey, on cite son insistance à prétendre qu'elle pratique du rap de fils d'immigrés, plutôt que du rap français. Comme pour donner raison à ceux qui le dénigrent parce qu'il est une musique de métèques, comme pour mieux conforter ceux qui nourrissent à son encontre une image caricaturale, elle s'affiche avec ses textes, sa voix rude et son ton malcommode comme une teigne agressive, tapant sans grande nuance sur tout ce qui fait mal : passé esclavagiste et colonial en tête, présent raciste juste après. De ce fait, il y a quelque chose d'absolument désolant dans le rap de victime qu'elle pratique, tout comme chez La Rumeur, dont elle est proche. Oui mais, comme eux, elle excelle dans ce registre.

CASEY - Libérez la Bête

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SADA BABY - Bartier Bounty

, 22:36 - Lien permanent

Pour ceux qui, en 2017, ont découvert Skuba Sada et Dat One Nigga, il n'y avait pas l'ombre d'un doute : le prochain Sada Baby allait être l'album rap le plus attendu de 2018. A une époque dont on se souviendra plus tard comme l'âge d'or de la scène de Detroit, le barbu furieux que Tee Grizzley avait pris sous son aile apportait exactement ce qu'il lui fallait au rap de rue local : une voix furieuse, un style débordant de folie, une euphorie si difficile à contenir qu'elle se traduisait, dans ses vidéos, par d'étranges danses démantibulées. "Bloxk Party", une collaboration avec Drego, n'a fait ensuite que décupler cette attente. Il a pourtant fallu prendre son mal en patience, car ça n'est qu'en 2019 qu'est finalement sorti Bartier Bounty. Mais cela n'est pas bien grave : car pour l'essentiel, il déçoit peu.

SADA BABY - Bartier Bounty

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NADIA ROSE - Highly Flammable

, 23:11 - Lien permanent

Le grime est parfois une affaire de famille. Nadia Rose, par exemple, est la cousine de Stormzy. Elle a grandi à deux pas de chez lui à Croydon, dans le Sud du Grand Londres. Elle est aussi la fille d'un DJ et MC de dancehall. Logiquement, donc, à l'âge de 13 ans, elle s'est mise elle-même à l'écriture, avec assez de talent et de suite dans les idées pour que certains de ses morceaux, son freestyle sur "Station", ou son appropriation réussie d'un beat de DJ Mustard sur "D.F.W.T", fassent monter la sauce et attirent l'attention de l'industrie du disque. Tout cela s'est soldé par un contrat chez Sony, et en 2017 par un projet officiel, un EP intitulé Highly Flammable, porté par l'excellent single "Skwod", et par une vidéo très chorégraphiée, tournée dans la rue avec une ribambelle d'autres demoiselles.

NADIA ROSE - Highly Flammable

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HONEY COCAINE - Thug Love

, 23:04 - Lien permanent

C'est dans l'entourage de Tyga que Honey Cocaine est apparue. Elle est devenue sa protégée et a rejoint son label, Last Kings, après que le rappeur californien l'ait découverte sur Youtube. Et elle aussi l'a protégé, en quelque sorte, ce jour de 2012 où, à la suite d'un concert dans la ville d'Omaha, elle a reçu dans le bras une balle qui lui était destinée. C'est l'un des faits divers associés à son nom, un autre étant le suicide de Freddy E, un rappeur de Seattle engagé dans de fréquents échanges avec elle, et qui, d'après certains, se serait fait sauter le caisson à la suite d'une rupture amoureuse. L'intéressée dément avoir été en couple avec ce garçon, mais tout cela concourt à lui donner une image violente et sulfureuse.

HONEY COCAINE - Thug Love

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COOKIE MONEY - Rich Orphan

, 22:43 - Lien permanent

Cela fait plusieurs années que Cookie Money ajoute son nom à la longue liste des rappeurs de la Bay Area. Ce garçon, aperçu tout d'abord auprès des Angelenos YG et DJ Mustard (c'est ce dernier qui l'aurait encouragé à passer au rap), et que l'on associe souvent à Philthy Rich (ils ont livré ensemble un Philthy Money EP), sort des mixtapes depuis 2014. Au fil de ces dernières, on l'a vu côtoyer des références comme Boosie Badazz, E-40, Rich the Kid, Young Dolph et Zaytoven. En 2017, le single "Pops Died Last Week" (c'était la réalité, son père venait de mourir) ainsi qu'un projet remarqué, Cookie World 2.5, l'ont aidé à devenir plus visible, puis il a confirmé en 2018 avec l'un des projets rap mémorables de l'année, Rich Orphan.

COOKIE MONEY - Rich Orphan

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CHARLI BALTIMORE - The Diary (You Think You Know)

, 22:10 - Lien permanent

Le personnage maudit du rap féminin, c'est elle, Charli Baltimore. A deux reprises au moins, elle sembla programmée pour le succès en raison de quelques tubes, mais à chaque fois, la machine s'est enrayée. La première occasion, ce fut au milieu des années 90, quand elle devint la maîtresse et la protégée de Notorious B.I.G., et qu'il voulut monter The Commission, un super-groupe avec Puff Daddy, Jay-Z, Lil Cease, elle et lui. La seconde survint un peu plus tard, au début de la décennie 2000, quand ce fut au tour d'Irv Gotti de la prendre sous son aile chez Murder Inc., et de produire le single à succès "Down 4 U" avec Ja Rule, Ashanti et Vita. Cependant, les albums que la rappeuse aux cheveux rouges (voire blonds) aurait dû sortir au terme de ces périodes fastes n'ont jamais vraiment vu le jour.

CHARLI BALTIMORE - The Diary (You Think You Know)

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BBYMUTHA - Muthaz Day 3

, 22:40 - Lien permanent

La mère n'existe pas, en musique. Ou plutôt, quand elle existe, c'est par le regard et les hommages de ses enfants, comme souvent dans le rap depuis "Dear Mama" au moins. Mais il est rare qu'elle s'exprime. Et pour cause. Pour les rappeuses, et plus généralement pour toutes les chanteuses, la maternité est le moment où l'on se retire. Elle est l'une des raisons pour lesquelles, chroniquement, les femmes sont moins nombreuses en musique. Fini les pitreries, les enfants deviennent une priorité. Alors que les hommes, ces branquignoles, ça ne les dérange pas de de laisser bobonne et bébé à la maison. Brittnee Moore, toutefois, est une exception.

BBYMUTHA - Muthaz Day 3

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BILAN - L'année rap 2012

, 12:30 - Lien permanent

Du vieux, du neuf. Des vétérans new-yorkais qui réussissaient leur retour et des rappeurs récents qui parvenaient à ressembler à des vétérans new-yorkais. D'anciens backpackers en forme. Des jeunes gens qui réinventaient à leur sauce le Memphis rap de 1995. Des rappeurs engagés, des gangsters sensibles et des toxicomanes narquois. Une majorité d'hommes, mais aussi toutes sortes de femmes. Du swag rap, du cloud rap et du trap rap impénitent. De la drill music de Chicago, dont ce fut la grande année. Et des types diamétralement opposés de hip-hop français. Toutes les formes de rap ont eu leur mot à dire en 2012, en ces années 2010 que ce genre a entamé plus vigoureux et plus triomphal que jamais.

RICK ROSS - Rich Forever

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LPB POODY - Streetz Callin

, 22:15 - Lien permanent

Au début, il y avait Kodak Black. Après surgit Glokknine, dont on eut l'impression qu'il était son clone. Puis vint le tour de Robert Lee Perry Jr., alias LPB Poody, et cette fois, on avait encore plus franchement le sentiment qu'il était une réplique de Glokknine. Ce qui était somme toute logique, puisque c'est auprès de lui que cet autre habitant d'Orlando s'était d'abord manifesté, avant que les deux rappeurs ne se fâchent. Ce qu'on voyait défiler sous nos yeux avec tous ces gens de Floride, cependant, ce n'était pas une suite de copieurs et de pilleurs, mais au contraire un nouvelle école de rap à part entière, qui offrait de la place à plusieurs talents.

LPB POODY - Streetz Callin

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THE CONSCIOUS DAUGHTERS - Ear to the Street

, 23:00 - Lien permanent

C'est parait-il à cause de leur nom que Paris se serait intéressé à The Conscious Daughters (TCD). Le terme "conscious", dont la traduction approximative la plus fiable pourrait être quelque chose comme "engagé", aurait attiré l'attention de celui qui, au milieu des années 90, portait le plus haut l'étendard du rap politique. Il l'aurait poussé à écouter attentivement l'une de ces démos que Carla Green (alias CMG) et Karryl Smith (alias Special One), deux amies d'enfance basées à Oakland, distribuaient alors pour se faire connaître. Convaincu, le rappeur de San Francisco avait ouvert les portes de son label, Scarface Records, à ses deux consœurs de la Bay Area, puis il avait produit l'intégralité de leur premier album.

THE CONSCIOUS DAUGHTERS - Ear to the Street

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MC TROUBLE - Gotta Get a Grip

, 22:49 - Lien permanent

Aujourd'hui, Motown aime le rap. C'est chez ce label, le plus vénérable de la Black Music, qu'on retrouve Migos et Lil Yachty. Plus généralement, son association avec Quality Control lui permet d'être plus ou moins à la pointe de qui se fait au Sud. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. A l'origine, la vieille garde de la musique afro-américaine dans son ensemble avait regardé avec incompréhension, voire hostilité, l'apparition de ce nouveau genre, laissant à des labels spécialisés comme Sugar Hill, Profile, Tommy Boy et Def Jam le soin de sortir ses premiers grands disques. Mais avec le succès du rap à la fin des années 80, l'illustre maison avait bien dû s'y mettre, avec des gens tels que le producteur et rappeur Jesse West, alias 3rd Eye, ou un peu plus tard M.C. Brains, connu pour son titre "Oochie Coochie".

MC TROUBLE - Gotta Get a Grip

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