Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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KNOWLEDGE THE PIRATE - Flintlock

, 22:26 - Lien permanent

Si Roc Marciano a brillé en 2018, ce n'est pas seulement à cause de sa productivité personnelle et de la qualité de ses sorties, toutes deux exceptionnelles. C'est aussi par celles de ses proches. C'est en tout cas vrai pour Knowledge the Pirate, un rappeur dont le nom nous est désormais familier, à force de le voir figurer sur toutes les sorties de Marci depuis Reloaded en 2012, mais dont on ne connaissait pas encore de sortie propre. Depuis quelques mois, celle-ci existe enfin, sous la forme d'un album, Flinlock qui file la métaphore du flibustier (ce titre est le nom de leur pistolet emblématique), et dont l'ancien du Flipmode Squad, à égalité avec Elemnt et Mushroom Jesus, a assuré une partie substantielle de la production.

KNOWLEDGE THE PIRATE - Flintlock

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LEIKELI47 - Acrylic

, 22:17 - Lien permanent

Parlons manucure. Les hommes parmi vous l'ignorent peut-être, mais il existe deux types de faux-ongles : les ongles en gel et les ongles en acrylique. Les premiers ont pour avantages d'être plus brillants et de sembler plus naturels, mais les seconds sont plus solides, et ils sont moins chers. Ces deux types d'ongles sont aussi, quelque part, un marqueur social. Alors que la première catégorie est l'apanage des riches, l'autre, qui a pour caractéristique de dégager des odeurs chimiques assez notables, a la faveur des communautés les moins favorisées, en particulier les Afro-américains. Comme Leikeli47 le dit : ils sentent les quartiers. Tel est d'ailleurs le thème du morceau qu'elle a intitulé d'après cette matière : sur une musique minimaliste, l'odeur de l'acrylique y est un prétexte pour évoquer un voisinage fait de débrouille, de contrôles policiers et de familles monoparentales.

LEIKELI47 - Acrylic

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MOLLY BRAZY - Molly World

, 22:18 - Lien permanent

A chaque scène rap d'importance, sa rappeuse. Or, s'il y a une scène rap qui nous a captivés ces dernières années, il s'agit bien de Detroit. Il était donc logique de se pencher sur son pendant féminin. Kash Doll est sans doute, aujourd'hui, le premier nom qui vient à l'esprit quand on pense à une rappeuse locale. Mais Molly Brazy, l'une de ses admiratrices, vient aussi de là-bas. Et si elle est désormais établie à Atlanta, et que son rap n'est plus la réplique totale et exacte de leur son, elle est la plus proche des gens qui nous ont préoccupés récemment, comme le prouve la présence sur Molly World de rappeurs tels que GT et BandGang Masoe, et le renfort à la production de Helluva, l'architecte sonore des Doughboyz Cashout.

MOLLY BRAZY - Molly World

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MONEYBAGG YO - 2 Heartless

, 23:14 - Lien permanent

Cela fait un moment déjà que Moneybagg Yo roule sa bosse à Memphis, ses premiers enregistrements remontant à 2012. Mais les trois dernières années, les choses se sont accélérées, et le rappeur est passé d'une célébrité locale à une notoriété nationale. Tout remonte à All Gas No Breaks, une mixtape de 2016 qui a attiré l'attention du rappeur le plus éminent de la ville, Yo Gotti. S'en est suivi un projet commun, 2Federal, à la fin de la même année, puis en 2017 un album à succès chez Interscope, Federal 3X, une collaboration avec YoungBoy Never Broke Again, Fed Baby's, et des apparitions diverses et variées, ici dans une vidéo commune de BlocBoy JB et de Drake, ou là sur la mixtape Too Hard de Lil Baby.

MONEYBAGG YO - 2 Heartless

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RAP, HIP-HOP - 100 mixtapes

, 22:56 - Lien permanent

Pour célébrer la sortie de son nouveau livre le 18 mai 2017, une anthologie consacrée aux mixtapes, Fake For Real vous révèle sa sélection. Exclusivement consacrée à l'espace nord-américain et à la production de l'après 2000, quand ce format est devenu un album alternatif plutôt qu'un vrai mix, cette liste vous présente 100 oeuvres à retenir, pas toujours les mêmes que celles traitées dans le livre, choisies sur un critère de qualité. Par ailleurs, dans l'espace réservé en fin de cet article, vous pourrez aussi faire part de vos choix, qui seront révélés plus tard.

FUTURE - True Story

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THE LADY OF RAGE - Necessary Roughness

, 12:27 - Lien permanent

Si l'on cherche une preuve que les femmes ont toujours été les sacrifiées du rap, alors The Lady of Rage est celle qu'il nous faut. Au début des années 90, un avenir radieux lui était promis. Parce qu'elle était la rappeuse de Death Row Records, elle contribua à ses deux albums les plus emblématiques, ceux de Dr. Dre et de Snoop Doggy Dogg, et elle eut droit en 1994 à son propre tube, "Afro Puffs", un single produit par Daz Dillinger et extrait de la BO de Above the Rim, qui faisait référence à sa coiffure (elle arborait en effet des couettes afro). Forte de cette place au premier plan, il fut question qu'elle sorte son solo après The Chronic, puis après Doggystyle. Mais Suge Knight avait d'autres priorités. Il choisit d'investir d'abord sur Tha Dogg Pound, puis sur 2Pac. Son album ne vit donc le jour qu'en 1997.

THE LADY OF RAGE - Necessary Roughness

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LITTLE SIMZ - A Curious Tale of Trials + Persons

, 15:40 - Lien permanent

Simbiatu Ajikawo a commencé sa carrière dans la comédie. L'Anglaise d'origine nigériane s'est d'abord illustrée en jouant dans des séries télé destinées aux jeunes, Spirit Warriors et Youngers. Mais la musique n'a jamais été bien loin. Le second programme, en effet, nous parlait d'adolescents désireux de réussir dans les musiques urbaines. Et en parallèle, la jeune Simbi rappait, sous le nom de Little Simz. A partir de 2010, elle a sorti plusieurs mixtapes, dont une, Black Canvas, a été relayée par Life+Times, le site Web de Jay-Z. Et plus tard a suivi un album en bonne et due forme, A Curious Tale of Trials + Persons, qui a récolté les éloges de sommités aussi variées que Kendrick Lamar, J. Cole et Gilles Peterson.

LITTLE SIMZ - A Curious Tale of Trials + Persons

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BILAN - L'année rap 2018

, 23:59 - Lien permanent

Depuis que la scène d'Atlanta semble avoir amorcé un déclin, il est difficile de dire quelle est maintenant la capitale du rap. Peut-être, d'ailleurs, n'y en a-t-il tout simplement plus. Et qu'en conséquence, ce qui a sans doute toujours été une réalité devient désormais plus visible : le rap qui compte, en fait, ce serait le rap régional. Ce serait ce qu'une multitude de scènes locales produisent de mieux, sans forcément le porter à l'attention du grand nombre. Moins que jamais, en effet, les albums les plus émoustillants sont ceux que l'on retrouve dans les listes de fin d'année des grands médias. Ce sont plutôt des projets épars, provenant de ces centres féconds que sont la Bay Area, le Los Angeles d'03 Greedo et de Drakeo the Ruler, une ville de Detroit qui avait déjà été la plus satisfaisante en 2017, un New-York dégradé dans la hiérarchie du rap, mais qui a toujours de beaux restes, ou encore la Floride de Kodak Black, celle qui doit davantage à Lil Boosie qu'à Trick Daddy. Sans oublier, naturellement, une musique démunie de toute attache locale forte, mais popularisée à travers SoundCloud et les autres plateformes Internet. Toutes ces sources, toutes ces tendances, ce rap certes hégémonique, mais plus que jamais complexe et éclaté, on les retrouve plus ou moins parfaitement dans les sélections ci-dessous, celle de Fake For Real, tout comme celle de ses lecteurs.

03 GREEDO - The Wolf of Grape Street

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1TAKEJAY - Wait Hol' Up

, 16:50 - Lien permanent

03 Greedo et Drakeo the Ruler sont actuellement les têtes d'affiche du rap de Los Angeles. Mais à côté, d'autres s'agitent dans une veine plus ou moins proche, comme par exemple 1TakeJay. Cela fait plusieurs années que ce rappeur de Compton est actif au sein des OneTakeBoyz, un collectif dont les autres membres éminents sont 1TakeQuan et 1TakeTeezy. Ces amis de lycée, qui se veulent des disciples des Hot Boys, existent en effet depuis 2014, et leur manifeste, le projet OneTakeMovement, date de 2015. Mais en 2017 et 2018, avec les singles "To Da Neck" et "Arco", puis l'album Wait Hol' Up, 1TakeJay a su capter un peu plus de lumière, au bénéfice des mésaventures carcérales des rappeurs susmentionnés.

1TAKEJAY – Wait Hol' Up

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ASIAN DOLL - Drippin' in Glo

, 23:23 - Lien permanent

C'est l'une des lois implicite du rap : à un stade ou à un autre de son développement, chaque collectif d'importance se doit d'accueillir une femme. L'une de ces écuries pourtant, et non la moindre, a longtemps fait exception à cette règle : le 1017 Records de Gucci Mane. Il a fallu attendre près de dix ans, en effet, pour qu'une rappeuse rejoigne enfin ses rangs. Et au bout du compte l'heureuse élue est Misharron Allen, une rappeuse de Dallas qui s'est choisi Asian Doll comme nom d'artiste, quoi qu'elle n'ait strictement rien d'asiatique. Son premier projet, Da Rise of Barbie Doll Gang Empire, remonte à 2015, mais c'est l'année d'après, avec la sortie de Drippin' in Glo, que la Texane a commencé à émerger. A la suite de cet album, on allait la voir côtoyer PnB Rock et Famous Dex (des rumeurs l'ont prétendu en couple avec ce dernier) et bénéficier des louanges de Nicki Minaj.

ASIAN DOLL - Drippin In Glo

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QUEEN KEY - Your Highness

, 23:05 - Lien permanent

Queen Key est l'incarnation du féminisme à la manière du rap américain. Celui qui, plutôt que de désexualiser la femme, proclame à hauts cris son droit aux plaisirs de la chair. Son approche, toutefois, est distincte de celle de CupcaKke, sa collègue de Chicago. Plutôt que pour la pornographie et la manière frontale, Ke'Asha McClure opte pour un humour et une gouaille qui conviennent à sa voix éraillée qui fait plus que son âge, la petite vingtaine. En réponse à l'habituel "Suck My Dick" des garçons, elle n'en a pas moins nommé Eat my Pussy (mange ma chatte) son EP sorti cette année, celui-là même qui marque son lancement médiatique, consécutif à sa signature chez Machine Entertainment Group en 2017.

QUEEN KEY - Your Highness

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BANDGANG - In Too Deep

, 23:39 - Lien permanent

A Detroit, depuis plusieurs années, au sein de cette scène dont on ne cesse de mesurer la richesse, Masoe, Lonnie Bands, Paid Will, Al, Javar et Biggs, alias BandGang, occupent une place centrale. Fondé en 2008, ce sextet qui s'est fait connaître d'une audience plus large en côtoyant Tee Grizzley sur le morceau "Straight to It", a influencé la génération qui émerge aujourd'hui autour de Sada Baby, FMB DZ et quelques autres. Ces derniers temps, cependant, après leur salve de mixtapes de l'année 2014, les trois premiers rappeurs cités (les têtes d'affiche du groupe) s'étaient surtout illustrés en solo : en 2017, ils avaient proposé 3 à 4 sorties chacun, pas moins. Aussi leur projet commun, disponible depuis l'été, était-il attendu de ceux qui savent. Et cette attente a été indubitablement récompensée si on se base sur des critères purement quantitatifs, nos hommes s'étant fendus d'un opus gargantuesque de 98 minutes et 30 titres, débordant de collaborations.

BANDGANG - In Too Deep

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ANA TIJOUX - 1977

, 23:16 - Lien permanent

La rappeuse française probablement la plus connue à l'étranger n'est pas tout à fait une rappeuse française : elle est aussi chilienne, et elle s'exprime en espagnol. Anamaria Tijoux Merino, en effet, est née à Lille de parents chassés de leur pays par le régime de Pinochet, et elle n'a connu sa terre d'origine qu'après le retour de la démocratie, dans les années 90. C'est pourtant bel et bien en France, en région parisienne plus exactement, qu'elle a découvert le hip-hop, à travers les gens que sa mère, une sociologue devenue assistante sociale en France, était amenée à fréquenter. Elle y trouva alors, de son propre aveu, un refuge commun pour tous les déracinés comme elles, d'où qu'ils viennent, du Chili, d'Afrique ou d'ailleurs.

ANA TIJOUX - 1977

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