Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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Mot-clé - Los Angeles

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FIGURES OF SPEECH - The Last Word

, 15:30

L'une des particularités du Good Life Café, c'est que son micro a été largement ouvert aux talents féminins. La compilation Project Blowed, qui a été la principale émanation de cette scène, en a été la preuve. L'un de ses titres centraux, en effet, le freestyle "Heavyweights Round 2", comptait une bonne moitié de rappeuses, et non des moindres : Medusa et sa cousine Koko (alias le duo S.I.N.), Nefertiti, T-Love, s'y mesuraient à Mikah 9 et à Self Jupiter de Freestyle Fellowship, ainsi qu'à Volume 10 et quelques autres. Le titre le plus féminin du disque, cependant, en était un autre. Il s'agissait de "Don't Get It Twisted" des Figures of Speech, un duo formé par Eve (Ava DuVernay) et Jyant (Ronda Ross). Rapide, imprévisible, ayant comme le jazz des airs d'improvisation, nous offrant une musique erratique prompte aux changements de rythmes et des rappeuses qui modifiaient leur 'flow'' continûment, ce brillant morceau était l'illustration parfaite de l'esprit Good Life.

FIGURES OF SPEECH - The Last Word

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JONWAYNE - Rap Album Two

, 20:09

John Wayne, le célèbre acteur de westerns, s'appelait en fait Marion Morrison. Son nom, il l'avait emprunté à une figure de la Guerre d'Indépendance américaine, le général Anthony Wayne, dit "Anthony le Fou". Mais le rappeur Jonwayne, lui, un lointain descendant de ce personnage historique, se nomme bel et bien ainsi (ou Jonathan Wayne, plus exactement). Et c'est là le seul lien entre John et Jon, le rap du second n'étant pas franchement celui d'un cowboy, et surtout pas celui de ce cinquième et dernier album, où on le voit sortir péniblement d'un trou profond.

JONWAYNE - Rap Album Two

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NIPSEY HUSSLE - Bullets Ain't Got No Names Vol. 2

, 22:37

De nos jours, Nipsey Hussle est un nom bien établi de la scène rap de Los Angeles. Dès la fin des années 2000, il était assez reconnu pour collaborer avec des poids lourds comme The Game, Drake, et Snoop Dogg, à qui il a souvent été comparé. Et pourtant, le rappeur connu dans le civil sous l'identité d'Ermias Asghedom (ce nom étrange lui vient d'un père érythréen) n'a jamais proposé d'album officiel. Son Victory Lap maintes fois annoncé n'étant jamais sorti, c'est par des mixtapes qu'il a fait carrière. Plusieurs, à partir de 2010, furent très remarquées, comme les deux Marathon, ou Crenshaw, un peu plus tard, un projet qu'il parvint à vendre 100 dollars l'unité, alors même qu'il était distribué gratuitement sur Internet.

NIPSEY HUSSLE - Bullets Ain't Got No Names Vol. 2

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KENDRICK LAMAR - Overly Dedicated

, 22:43

L'intelligentsia du rap, celle qui domine sa critique tout comme son industrie, aura donc décidé que Kendrick Lamar Duckworth serait l'artiste central des années 2010. Avec le Californien et ses compères de Black Hippy, a été offert à un public vieillissant ou nostalgique tout ce qu'il désirait : un ancrage fort dans le hip-hop des années 90, tant par l'origine, Compton, que par les sons, modernes mais référencés, ou par le contour très lyrical du style. Il a répondu à leurs envies de respectabilité, par ses partis-pris artistiques et son ouverture à d'autres genres musicaux, comme par l'arrière-plan social où s'insèrent ses paroles. Bref, Kendrick Lamar avait tout pour devenir le rappeur surcoté de la décennie, celui même, avec Chance the Rapper, que le président Obama allait désigner comme son préféré.

KENDRICK LAMAR - Overly Dedicated

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VINCE STAPLES - Summertime '06

, 23:17

La ressemblance de la pochette de l'album de Vince Staples avec celle du Unknown Pleasures de Joy Division ne doit rien au hasard. Quand il la révéla sur Instagram, le rappeur souligna lui-même le rapprochement, entamant sa présentation par ces mots, "Love Will Tear Us Apart", soit le titre du single le plus emblématique du groupe d'Ian Curtis – et l'épitaphe qui figure sur sa tombe. Quelques semaines plus tard, à l'heure de la sortie de Summertime '06, le contenu de l'album allait confirmer cette proximité, en proposant un post-rap comme l'autre avait livré son post-punk : noir, pessimiste, décharné, avec des paroles émanant d'un esprit défaitiste et tourmenté, et une musique pesante, claustrophobe et réductionniste.

VINCE STAPLES - Summertime '06

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THE GAME - The Documentary 2.5

, 19:14

L'année 2015 aura été marquée, pour une bonne part, par la célébration d'une ville de la banlieue de Los Angeles, Compton, et plus particulièrement de la scène rap qui y est née, il y a une trentaine d'années. Il y eut, en mars, l'unanimisme critique disproportionné autour du nouvel album de sa dernière star, Kendrick Lamar. Et puis, pendant l'été, il y eut le carton du film Straight Outta Compton, doublé de la sortie d'un album solo trop longtemps attendu, de la part de la figure tutélaire des lieux, Dr. Dre. En fin d'année, il était donc logique que The Game se joigne à son tour à la fête, et qu'il y aille de sa propre sortie. Lui aussi, après tout, est issu de Compton. Et il est la première personne à laquelle on pense, quand il s'agit de rendre hommage au passé du rap, et d'en idolâtrer les grands noms.

xxx

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DR. DRE - Compton

, 23:10

Voilà donc. Le troisième album solo de Dr. Dre a fini par sortir au cœur de l'été 2015. Il ne s'appelle finalement pas Detox, il serait même un tout autre disque que ce dernier, annoncé depuis si longtemps déjà. Le rappeur et producteur aurait jeté le projet initial aux orties pour le remplacer par un autre, inspiré par le film récent qui retrace la carrière de NWA, son ancien groupe, Straight Outta Compton, et présenté comme sa bande-son. Dans quelle mesure cette annonce est-elle juste, ou relève-t-elle d'un certain opportunisme marketing de la part d'un rappeur et producteur qui a su démontrer par ailleurs son sens des affaires ? Difficile à dire. Et peu importe, en fait, car seules deux choses comptent : le fait que l'Arlésienne du rap a fini par venir, et le verdict sur ses qualités musicales.

DR. DRE - Compton

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EARL SWEATSHIRT - Earl

, 22:55

La décennie rap 2010 a commencé, du point de vue journalistique, par tout un ramdam autour d'Odd Future. Par action spontanée, par convergence médiatique, ou par maneuvre en sous-main de l'industrie musicale (les avis divergent, mais qu'importe), le collectif californien a marqué l'avènement d'une nouvelle génération. Avec son usage paroxysmal du marketing viral et des outils Internet à la Tumblr, avec ses sorties gratuites et ses pochettes qui détournaient des photos sans grand rapport avec le rap, avec surtout le contenu de ses morceaux, faits de paroles qui repoussaient plus loin encore les outrances et la vilénie, et d'une musique jouant à parts égales de l'expérimentation et de la facilité, Odd Future Wolf Gang Kill Them All (OFWGKTA), de son nom complet, avait donc tout pour faire vibrer la critique, et cette part du public qui se veut la plus alerte et avertie.

EARL SWEATSHIRT - Earl

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TOMMY V - Travel Size Drawing Board

, 22:40

Thomas Valencia, alias Tommy V, est un nom familier pour qui a suivi tous les remous de la scène post-Project Blowed à Los Angeles. Le rappeur était l'une des multiples personnes qui évoluaient alors dans le sillage des Shape Shifters. Il avait notamment été aperçu auprès du plus connu de la bande, Awol One, et il avait sorti en 2001 un album, Quarter Life Crisis, où figuraient aussi quelques figures du label Anticon. Enfin, un peu plus tard, il avait accompagné Xololanxinxo et les frères Ramos au sein du quartet Toca, dont le grand mérite avait été de tirer quelque chose de jubilatoire d'un vaste bazar musical punk, indie pop et latin rap.

TOMMY V - Travel Size Drawing Board

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VINCE STAPLES - Hell Can Wait

, 22:22

Vince Staples et No I.D., acte 2. Après avoir livré en commun un très bon Shyne Coldchain Vol 2, un peu plus tôt en 2014, le jeune Californien de Long Beach et le beatmaker historique de Chicago, ont poursuivi leur collaboration en apparence contre-nature. Ils ont même passé un palier, vu que Hell Can Wait (que No I.D. parraine plutôt qu'il ne produit) a été cette fois un EP officiel, pas une mixtape, disponible en CD et sorti chez ARTium Recordings, la petite boutique que l'ancien producteur de Common anime au sein du vénérable label Def Jam. Comme il se doit, avec une telle étiquette, ce disque a bénéficié d'une couverture médiatique conséquente et d'une critique globalement bienveillante. Et c'est tout à fait justifié.

VINCE STAPLES - Hell Can Wait

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FREDDIE GIBBS - Midwestgangstaboxframecadillacmuzik

, 22:27

Début 2014, l'album commun de Freddie Gibbs et de Madlib a plutôt bien été reçu par la critique. Celle-ci, il est vrai, crie au génie chaque fois que le producteur californien sort des disques, et elle le ferait encore s'il se contentait d'enregistrer les jappements de son chien. Mais dans ce cas précis, c'est assez justifié. Au terme de cinq années au cours desquelles chaque sortie de Fredrick Tipton (tel est son vrai nom) a compté de grands titres, ce disque lui apporte un surcroit de notoriété. Il le consacre, il le panthéonise chez tous les puristes, les intellos du rap, ceux qui apprécient l'approche esthétisante d'un Madlib. Piñata, cependant, n'est pas la grande œuvre de Freddie Gibbs. Celle-ci, en fait, est sortie beaucoup plus tôt, en 2009, l'année même où il a commencé à véritablement faire parler de lui.

FREDDIE GIBBS - Midwestgangstaboxframecadillacmuzik

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YG - My Krazy Life

, 23:20

YG, soit Young Gangsta (oui, "jeune gangster", je sais…), est depuis ses débuts étroitement associé à DJ Mustard, lui-même artisan du style ratchet qui cartonne à Los Angeles depuis quelques années, un lointain descendant du très mélodique g-funk local, transformé en musique de club sous la double influence du hyphy venu du nord de la Californie, et des raps dansants issus du Dirty South. Ensemble, les deux hommes ont fondé le label Pu$haz Ink, puis YG s'est distingué par quelques mixtapes, souvent produites par l'autre, à commencer par The Real 4Fingaz, en 2009. Tout cela lui valut de rejoindre assez tôt Def Jam, puis d'être pris sous l'aile de Young Jeezy, qui l'a fait rejoindre son écurie CTE World.

YG - My Krazy Life

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NOCANDO - Jimmy the Burnout

, 23:23

Difficile à croire, tant le rappeur est aujourd'hui fermement installé au centre de l'underground rap de Los Angeles. Et pourtant, c'est bien le cas : Jimmy the Burnout n'est que le second album solo de Nocando. Si ce n'est le EP Sincerely Yours, produit par Nobody, le 10 Haters proposé en 2011 par le duo Flash Bang Grenada, formé avec Busdriver, ainsi qu'une poignée de projets gratuits, le dernier grand MC issu du Project Blowed n'avait rien sorti depuis Jimmy the Lock, en 2010. Ce nouvel opus officiel était donc très attendu, en tout cas par tous les amateurs de hip-hop alternatif, sophistiqué et intello, par tous les adeptes de raps audacieux et virtuoses. Et grosso modo, il leur apporte ce qu'ils espéraient.

NOCANDO - Jimmy the Burnout

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OPEN MIKE EAGLE - Unapologetic Art Rap

, 22:46

Unapologetic Art Rap. Du rap arty impénitent. Voici comment Open Mike Eagle, en 2010, a voulu intituler son album. A la manière d'un manifeste, celui d'un hip-hop sophistiqué et à velléités artistiques, l'année même où, marqué par le triomphe d'un Waka Flocka Flame, c'est son contraire exact, un rap sauvage, brutal et viscéral, qui a semblé vouloir triompher. Alors âgé de 30 ans, Michael Eagle II était bel et bien la bonne personne pour porter ce projet, lui qui est un proche de Nocando et de son Hellfyre Club, incarne comme lui la dernière génération du Project Blowed, a sorti des albums sur tous les labels rap indé qui comptent (Mush, Fake Four, et plus récemment Mello Music) et, avant même de rejoindre la Californie, a été à la fin des années 90 un proche des Nacrobats et de Pugslee Atomz, acteurs fondamentaux et fondateurs de l'underground rap de Chicago.

OPEN MIKE EAGLE - Unapologetic Art Rap

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VINCE STAPLES - Shyne Coldchain Vol 2

, 22:35

La dernière mixtape de Vince Staples n'est pas ce à quoi on pourrait s'attendre de la part d'un proche d'Odd Future. Le collectif californien s'est fait un nom par son nihilisme, par ses provocations gratuites, par son esprit jackass, mais c'est en fait tout le contraire que nous propose le rappeur de Long Beach. Cette suite au Shyne Coldchain de 2011, en effet, ne révèle rien d'autre que du rap "conscient", des paroles réfléchies, engagées et critiques sur l'univers du ghetto. Mieux, les sons sont signés pour l'essentiel par No I.D., le producteur d'un album fondateur de cette tendance, le Resurrection (1994) de Common, et aujourd'hui l'un des responsables du label Def Jam, que Vince Staples a récemment rejoint.

VINCE STAPLES - Shyne Coldchain Vol 2

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NOCANDO - Jimmy the Lock

, 22:54

Au début des années 2010, Nocando semble porter à lui seul tout l'héritage du Project Blowed, et au-delà d'une bonne portion du hip-hop indé californien. Il a été le vainqueur de la pénultième édition du Scribble Jam. Il est l'un des fondateurs des soirées Low End Theory, dont il est le rappeur attitré. Il est au cœur du Fresh Coast Movement, une confrérie de rappeurs virtuoses issus de toute la Côte Pacifique. Et il a créé le Hellfyre Club, un label refuge pour l'underground rap de Los Angeles. Qui plus est, ses propres sorties sont loin d'être négligeables, notamment ce Jimmy the Lock, un premier album officiel apparu en 2010.

NOCANDO - Jimmy the Lock

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CUT CHEMIST MEETS SHORTKUT - Live At the Future Primitive Sound Session

, 11:05

Le Live at the Future Primitive Sound Session est l'un des albums qui, à la fin des années 90, a contribué à révéler au grand jour le mouvement turntablist. Enregistré live en 1997, à San Francisco, par deux DJs phare de la scène californienne, il avait été disponible l'année suivante sous la forme d'un vrai disque, à une époque où les cassettes étaient le format privilégié pour ce genre de sorties, et il avait profité de la relative notoriété de l'un de ses instigateurs.

CUT CHEMIST MEETS SHORTKUT - Live At the Future Primitive Sound Session

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TOCA - Toca

, 21:39

Pour Toca, tout avait commencé en 2004 par l’un de ces CD-R dont le rap indé californien est coutumier, un petit bijou de métissage entre rock et rap intitulé Dancing with Skeletons. La promesse d’un véritable album avait suivi, mais les mois s’étaient écoulés sans que jamais rien ne vienne. Les membres du groupe étaient pourtant actifs, comme le prouvaient les albums solo des frères Ramos. En 2005, le quartet avait même proposé un titre sur le disque anniversaire du Project Blowed, puis en 2006, une ouverture s’était présentée avec la sortie annoncée de l’album sur net31. Mais peu de temps après, le label avait mis la clé sous la porte. Si bien qu'au fil des années, l’album de Toca était devenu l’Arlésienne de l'indé.

TOCA - Toca

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3 MELANCHOLY GYPSYS - Grand Caravan to the Rim of the World

, 22:18

Avec le recul, on réalise qu'il y avait un critère simple pour évaluer l’intérêt d’un album des Living Legends : à savoir, le degré d’implication d’Eligh. Les meilleurs disques du collectif californien, en effet, portaient quasiment tous sa marque. Cela était vrai de ses solos, comme du très bon Justify the Mean$ (2002) de Luckyiam.PSC. Cela l'était aussi du dernier disque sorti par les 3 Melancholy Gypsys, l'un des deux trios à l'origine du collectif, dont il avait produit l’essentiel.

3 MELANCHOLY GYPSYS - Grand Caravan to the Rim of The World

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STYLES OF BEYOND - 2000 Fold

, 22:29

Sensation de l'année 1998 dans l'underground rap de Los Angeles, grâce à l'album 2000 Fold, les Styles of Beyond ne sortaient pas tout à fait du néant. Ryu (le Blanc) et Takbir (le Noir) avaient déjà été désignés Best New Artists l'année d'avant par le Wake Up Show. Alors proches de Mike Shinoda, la future star de Linkin Park, ils étaient parrainés par Divine Styler, qui produisait certains de leurs titres et signait la pochette de ce premier album. Et s'ils s'étaient liés à cet artiste halluciné issu du Rhyme Syndicate, c'est sans doute parce que le grand frère de Tak, Bilal Bashir, avait été un producteur historique du collectif monté par Ice-T.

STYLES OF BEYOND - 2000 Fold

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