Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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POUYA - Five Five

, 22:12

C'est donc tout un monde parallèle qui s'est développé ces dernières années sur les réseaux sociaux. Pendant un certain temps, il a su se passer des canaux habituels d'information et de légitimation du rap, jusqu'à ce qu'il soit identifié à son tour, puis étiqueté sous l'appellation de Soundcloud rap. Kevin Pouya (oui, c'est son vrai nom, ce garçon de Miami étant d'origine iranienne), a été un représentant de cette tendance. Il est même un cas d'école, puisqu'il a commencé à se faire connaître avec des vidéos idiotes, postées en ligne avec son pote Fat Nick, avant de passer au rap, de devenir visible en 2013 et 2014 avec les titres "Get Buck" et "Straight Up", et d'être repéré par un autre Floridien, Robb Bank$, membre d'un Raider Klan qui aura été pionnier dans cette approche centrée sur le Web. Ont suivi des collaborations avec d'autres figures de la même obédience comme $uicideboy$ et Ghostmane, et puis cette année, graal ultime, avec Juicy J.

POUYA - Five Five

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KODAK BLACK - Heart Break Kodak

, 23:16

Depuis quelques mois, nous observons une bien vilaine chose dans l'évolution de la critique musicale : le retour de la morale. Vu que le rap a gagné, puisque ses détracteurs ont été défaits, on est passé à une autre stratégie : séparer l'acceptable du mauvais, distribuer les bons points. Comme il n'est plus possible de combattre cette musique qui est maintenant partout, alors qu'elle accepte au moins de se plier aux règles de la bienséance, alors qu'elle soit adulte et responsable. Qu'en soient distingués ses premiers de la classe, ses gendres idéaux, ceux dont le mot d'ordre répond à un impératif progressiste, Kendrick Lamar par exemple. Et que soient voué aux gémonies les rustres comme Kodak Black, ces gens au comportement hautement répréhensible, ces agents du diable.

Kodak Black - Heart Break Kodak

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RICK ROSS - Port of Miami

, 22:37

Avant l'an 2000, il n'y avait qu'un Rick Ross : Ricky Donnell "Freeway Rick" Ross, un trafiquant notoire qui avait construit un empire de la drogue à Los Angeles. Mais après, il y en eut un autre, plus célèbre encore. William Leonard Roberts II, lui, était établi à Miami, et il était rappeur. Bien entendu, cette homonymie n'avait rien d'un hasard. Le second avait emprunté son surnom au premier, qui lui intentera un procès. Il l'avait fait pour appuyer son propos, pour mettre l'accent sur un thème qui ne se résumerait qu'à une chose : le commerce de la drogue et ses à-côtés supposés, le luxe et la volupté. Ce sujet serait celui de son premier single, l'énorme "Hustlin'". Il serait aussi celui de l'album à suivre, Port of Miami, un début tonitruant qui, avec l'appui de Def Jam, serait numéro un aux Etats-Unis.

RICK ROSS - Port of Miami

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MOBSQUAD NARD - Nardo DaVinci

, 22:50

Ceux qui suivent de près la discographie, abondante mais toujours de qualité, de Starlito, ont dû remarquer que depuis quelques mois, le rappeur de Nashville s’est entiché d’un certain Mobsquad Nard. Celui-ci, en effet, est apparu sur plusieurs de ses sorties récentes, comme Manifest Destiny, Hot Chicken et Funerals & Court Dates 2. L'apparition de ce jeune homme, cependant, a précédé de deux ans ces collaborations. En 2015, en effet, ce rappeur de Jacksonville, en Floride, s’est fait connaître avec le titre "Right Ni". A la suite de cela, il fut cornaqué par Cinematic Music Group, la filiale de Sony qui préside déjà aux destinées de Joey Badass, Mick Jenkins et G-Herbo, ce qui permit au rappeur, actif depuis ses années de lycée dans la décennie précédente, de se faire une place dans la presse spécialisée.

MOBSQUAD NARD - Nardo DaVinci

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KOLY P - Rap Game Messiah

, 23:06

Il n’y avait donc pas que Kodak Black à Pompano Beach, dans le comté floridien de Broward. Depuis 2016 et sa mixtape The Koly Bible, Koly P est un autre rappeur local remarqué. Et naturellement, il est un proche du premier. L’homme autrefois connu sous le nom de Kolyon a d’abord fait partie de The Kolyons, avec un certain Dirty 1000, un duo auquel Kodak Black a été un temps associée. La première fois qu’il a été remarqué, d’ailleurs, c’est sur un titre de ce dernier, "My Wrist", sur Heart of the Projects, et ils collaboraient déjà sur son projet précédent. Mais Koly P vole aujourd’hui de ses propres ailes. Après l’accueil favorable reçu par sa première mixtape, grâce à des titres comme "Rich Gang" et "Gooked Out", il a enfoncé le clou le 18 avril 2017 (jour de son anniversaire), avec une troisième livraison usant une fois encore d’une référence religieuse : Rap Game Messiah.

KOLY P - Rap Game Messiah

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PLIES - Definition of Real

, 22:21

En 2008, Plies battait le fer tant qu'il était chaud. Suite au succès de son premier album, The Real Testament, il en sortirait pas moins de deux autres la même année, à commencer par Definition of Real. Et sur ce dernier, le rappeur de Fort Myers semblait vouloir mettre toutes les chances de son côté. A la manière de "Shawty", le single qui l'avait révélé, il nous remettait un coup d'Auto-Tune sur l'efficace "Watch Dis". Il forçait un peu plus sur les morceaux R&B formatés pour la radio, parmi lesquels celui qui deviendrait son plus grand tube, le single "Bust In Baby (Part. 2)", avec le chanteur Ne-Yo. Et il exposait ses rêves de succès sur le morceau final, un "#1 Fan" adressé à une fan fantasmée. Le Floridien parviendrait d'ailleurs à ses fins, Definition of Real étant à ce jour son album le plus vendu.

PLIES - Definition of Real

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KODAK BLACK - Painting Pictures

, 14:22

Et si le grand rappeur de notre temps, c'était Kodak Black ? Depuis quatre ans, le jeune Floridien nous offre à intervalle régulier des projets solides, voire excellents. Et en 2017, avec Painting Pictures, l'effort ne se relâche pas. Il s'agit même cette fois d'un vrai album, et cela se ressent. Le jeune prodige, en effet, se voit épaulé par des poids lourds, Future, Jeezy, Young Thug et Bun B côté raps, Mike Will, Metro Boomin et Southside côté production. Les morceaux sont plus variés qu'à l'habitude, ils ratissent plus large, nous parlant même d'amour sur les titres "Save You" et "Side Nigga". Et ce projet s'articule autour d'un concept particulier, énoncé dès le début par l'intéressé : l'art de Kodak Black, selon lui, ce n'est pas le rap, c'est la peinture, qui lui sert à représenter son parcours, sa vie, son entourage.

KODAK BLACK - Painting Pictures

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KODAK BLACK - Lil B.I.G. Pac

, 23:28

La nomination de Kodak Black parmi les Freshmen de l'année du magazine XXL n'a pas fait que souligner, avec un peu de retard, l'excellence de ses sorties passées. Elle n'a pas été non plus qu'un soufflé, cuisiné en sous main par son nouveau label, la major Atlantic ; pas que, en tout cas. Dans ce cas précis, cette désignation est fondée. Car en 2016, le Floridien a continué sur la lancée de Heart of the Projects et Institution. Il nous a livré pour la troisième fois, à toujours pas 20 ans, l'une des sorties marquantes de l'année. Et il l'a fait avec une bonne dose de provocation, nommant cette mixtape, Lil B.I.G Pac, d'après les deux légendes les plus absolues du rap, et détournant la pochette du classique de l'un d'eux.

KODAK BLACK - Lil B.I.G Pac

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DENZEL CURRY - Imperial

, 23:12

S'il existe aujourd'hui un Internet rap, il faut en trouver la source dans l'émergence d'une poignée de collectifs prolifiques et tentaculaires à l'orée des années 2010. Odd Future est l'un d'eux, bien sûr, de même que le Raider Klan. Or, il se trouve que Denzel Curry est apparu avec le second, et qu'il a bénéficié de la bienveillance du premier, plus particulièrement celle d'Earl Sweatshirt. Même s'ils se sont émancipés de leurs mentors d'origine (Curry, par exemple, s'est embrouillé avec SpaceGhostPurrp), tous ces gens ont toujours beaucoup en commun : quelles que soient leurs provenances, ils se sont accaparé la musique, les codes et la posture nihiliste du rap sudiste en général, depuis celui développé à Memphis autour de 1995, jusqu'au style trap de la décennie 2000. Mais ils savent aussi défendre un rap lyrical, engagé et signifiant, celui qu'apprécient les fans vieillissant, les nostalgiques des années 90 et ceux qui, amateurs de rock inclus, considèrent que le rap doit avoir certaines ambitions ou velléités artistiques.

DENZEL CURRY - Imperial

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SPACEGHOSTPURRP - Nasa: The Mixtape

, 23:25

Le Raider Klan n'aurait pas existé sans Internet. C'est grâce à cet outil qu'a pu se rassembler ce collectif centré sur Miami, mais représenté aussi à Memphis (Xavier Wulf, Chris Travis), Houston (Amber London), Seattle (Key Nyata), New-York (Grandmilly) et Richmond (Lil Ugly Mane). C'est aussi par le Web, et par la sortie à outrance de mixtapes gratuites, que ce groupe de rappeurs s'est fait connaître et a pu fédérer un public de passionné. Et c'est par lui, enfin, qu'ils ont pu imposer leur approche alternative du hip-hop, basée sur une relecture du rap de la décennie 90. Mais attention, pas n'importe quel rap, pas le boom bap généralement associé à ces années là. Non, le Raider Klan préférait alors explorer des scènes régionales alors marginales, quoique très influentes plus tard : le rap funèbre et noir de Memphis, ou bien les sons lourds et alanguis popularisés par DJ Screw à Houston.

SPACEGHOSTPURRP - Nasa: The Mixtape

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