Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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5.1.NINE.0.2. - When a Name is Just a Number

, 13:03

Il y a fort longtemps, en 1991, à Truro, dans ce nulle part hip-hop qu'était la province canadienne de Nouvelle-Ecosse, fut fondé un groupe appelé Hip Club Groove. Celui-ci, alors confidentiel, fut en quelque sorte la matrice d'une scène qui, quelques années plus tard, à la grande époque des labels de rap indépendants, aurait son quart d'heure de gloire : celle d'Halifax. Ce groupe, en effet, avait été cofondé par DJ Moves et Checklove, Sixtoo avait fait un temps partie de l'aventure, tout comme Gordski, le futur producteur des Goods, et il collaborait souvent avec un certain Stinkin' Rich, futur Buck 65. Tous ces gens, le temps venu, referont parler d'eux, avec plus ou moins d'écho, Checklove en tant qu'acteur, sous son vrai nom de Cory Bowles, et tous les autres dans la musique.

5.1.NINE.0.2. - When a Name is Just a Number

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SOSO - Discographie Commentée

, 12:45

Nous étions en l’an 2000. C’était l’époque de la bulle Internet et l’âge d’or du rap de nerd. Dans la foulée d'Anticon, apparaissaient sur le Web toute une myriade de rappeurs blancs amateurs. La recette de base, c’était soit du rap "conscient" et intello, soit ces paroles introspectives dont Slug d’Atmosphere était devenu à son corps défendant le grand inspirateur, le tout agrémenté de beats finalement assez conformistes malgré la noirceur et les bizarreries électroniques d’usage. Pour tous ces gens, le média phare était un webzine bien sûr, et il s’appelait Hip Hop Infinity. La majorité des artistes défendus sur ses pages étaient mauvais et maladroits, ce qui ridiculisait le ton souvent professoral des articles. Mais parfois, le magazine savait dénicher tel ou tel rappeur du gouffre dont le talent l'extirpait du brouet.

Soso

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EEKWOL - Apprentice to the Mystery

, 22:25

Le premier album acheté par Lindsay Knight, au début des années 90, fut Fear of a Black Planet, l’un des grands brûlots politiques de Public Enemy. Plus tard, quand elle s’investira dans cette musique, c’est la même voie qui continuera à passionner la jeune femme, celle du rap à message, celle du hip-hop social. Celle-ci, cependant, ne provenait pas des ghettos afro-américains de New-York. Elle était Canadienne, née à Winnipeg, établie dans la province du Saskatchewan, et amérindienne. L'artiste connue sous le nom d'Eekwol, en effet, est membre de la Première Nation de Muskoday, et de culture Crie. C’est donc pour sa communauté qu’elle s'engagea, devenant la première rappeuse aborigène de son pays.

EEKWOL - Apprentice to the Mystery

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ETERNIA - It’s Called Life

, 22:41

Certains, parfois, ont considéré qu'Eternia était la plus grande rappeuse du Canada. Ce qui est sûr, c’est que le profil de cette native de la capitale, Ottawa, colle parfaitement à l’image qu’on se fait du pays du Grand Nord : elle est Blanche, et elle donne dans un rap plutôt responsable et progressiste, nourri par ce hip-hop underground (elle a collaboré avec des gens comme les Demigodz, la Atoms Family, Moodswing 9) qui s’est si bien acclimaté en ces terres septentrionales. Silk-Anne Kaya, de son vrai nom, est même fermement féministe, dans les paroles de ses raps comme dans ses prises de position publiques. Elle a par exemple lancé une campagne intitulée "My Favorite Rapper Wears a Skirt" (mon rappeur préféré porte une jupe ; vous pouvez même vous procurer les t-shirts), destinée à casser les clichés sexistes de sa musique de prédilection.

ETERNIA - It’s Called Life

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THE WEEKND - House of Balloons

, 23:05

Le format mixtape, employé comme album de substitution, est tellement devenu une norme dans le rap, autour de 2010, qu'il a largement débordé sur les genres cousins, à commencer par le plus proche : le R&B. Tout comme Frank Ocean, une autre future star de cette musique, et avec la trilogie entamée par House of Balloons, Abel Tesfaye a emprunté cette voie pour se faire connaître. Il a suivi en cela le chemin tracé par son compatriote canadien Drake. C'est d'ailleurs en partie grâce à ce dernier qu'il s'est fait connaître, tant et si bien qu'on a cru que Noah "40" Shebib, le producteur de l'auteur de Take Care, était celui qui se cachait derrière le pseudonyme The Weeknd. L'erreur était excusable, le chanteur ayant entretenu un temps le mystère sur sa personne, et ses similitudes avec Drake ne s'arrêtant pas à l'usage du Web et de sorties gratuites comme mode de promotion.

THE WEEKND - House of Balloons

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JAZZ CARTIER - Hotel Paranoia

, 22:48

La critique aime les trinités. Depuis que Drake a attiré l'attention sur la scène rap de Toronto, c'est en effet trois rappeurs locaux qui sont mis en avant. Outre Drizzy, les heureux élus sont donc Tory Lanez, et Jaye Adams, alias Jacuzzi Lafleur, alias Jazz Cartier. Déjà remarqué l'an passé, ce dernier a capitalisé tout de suite sur l'engouement pour sa ville et sur l'accueil favorable reçu par sa mixtape Marauding in Paradise, en sortant une suite en février 2016, un Hotel Paranoia pour lequel il a lancé un site web dédié, et qui bénéficie d'un retour presse rare pour un projet issu d'une métropole qu'il est désormais convenu d'appeler The Six.

JAZZ CARTIER - Hotel Paranoia

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ROYCEBIRTH - Art On Fire!!

, 23:30

Aujourd'hui, quand on associe le rap à Toronto, on pense à Drake. Cependant, bien avant que ce dernier ne devienne une superstar et qu'il n'attire les projecteurs vers celle qu'on appelle désormais "The Six", la métropole canadienne était déjà une terre de rap. C'était, pour citer un exemple parmi bien d'autres, la base de Hand'Solo Records, un label qui, à partir 1996, a joué un rôle central au sein de l'underground canadien, et qui, aujourd'hui encore, défend avec vigueur une esthétique qu'on pourrait qualifier de "backpacker avancé" : encore très ancrée dans les années 90, mais différente, singulière, soit pour son côté loufoque, soit pour son refus des routines. RoyceBIRTH, leur dernière signature, un rappeur et beatmaker issu de Toronto même, ne déroge pas tout à fait à la règle.

royceBIRTH - Art On Fire!!

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DRAKE - So Far Gone

, 23:18

Aubrey Drake Graham est un personnage dual. De par sa double carrière d'acteur et de rappeur, bien sûr. Mais aussi du fait de son origine, canadienne et blanche par sa mère, et afro-américaine par son père, un Noir de Memphis qui connût des démêlées avec la justice et des passages en prison. Et cette dualité affecte aussi sa musique : il y est l'homme sensible qui ouvre son cœur à l'aide d'un rap et de chants doucereux, celui qui explore un style délicat qui lorgne du côté du R&B, une posture qui lui vaut d'être devenu une superstar des années 2010 ; mais il a aussi cause liée avec un rap sudiste plus sale, moins fréquentable, ayant été le protégé de Lil Wayne, côtoyant Future de près, et ayant porté à l'attention du public les fous dingues de l'après trap d'Atlanta, comme ILoveMakonnen et Migos, ou bien ceux de Houston, comme The Sauce Factory, parmi beaucoup d'autres encore.

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TOMMY GENESIS - World Vision

, 22:39

Depuis quelques mois, à Atlanta, les gens d'Awful Records semblent pousser plus loin encore les frontières du rap. Ils sont la prochaine étape, voire le point d'arrivée, de cette longue descente vers le bizarre, l'halluciné et l'expérimental, suivie par nombre d'artistes issus de la capitale géorgienne depuis plusieurs années déjà. Cependant, ce collectif de producteurs et de rappeurs ne s'arrête pas exactement aux limites de la ville. Father, son chef de file, est allé chercher plus loin des personnes cultivant le même état d'esprit, le même non-conformisme. Il a poussé ses antennes jusqu'à Vancouver, au Canada, où, via la magie d'Internet, il s'est mis en relation avec Tommy Genesis, laquelle est devenue le seizième membre de l'équipage Awful, et a sorti sous leur égide un très bon premier album.

TOMMY GENESIS - World Vision

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JAZZ CARTIER - Marauding In Paradise

, 22:58

Toronto est une ville rap, et ça ne date pas d'hier. Dès les années 90, des artistes venus de là ont contribué à l'histoire du hip-hop, comme le pionnier Maestro Fresh-Wes, les Dream Warriors, les DJs Sir Scratch et K-Cut de Main Source, ainsi, plus tard qu'une vague de rappeurs emmenés par Kardinal Offishall et Choclair, pas toujours très palpitants, mais qui ont représenté pour leur pays une vague underground alors en plein essor. Ce passé, cependant, n'a aucune mesure avec l'attention portée sur la ville depuis qu'en est issu l'une des plus grandes stars du rap contemporain : Drake. Grâce à lui, Toronto, répondant désormais au sobriquet "The Six", a gagné sa place. Ses rappeurs sont sous les feux des projecteurs, et l'un des derniers à avoir bénéficié de cet intérêt est un certain Jazz Cartier.

JAZZ CARTIER - Marauding In Paradise

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BACKBURNER - Eclipse

, 11:28

Apparue à la fin des années 90, à la faveur du mouvement hip-hop indé qui sévissait à l'époque, la connexion entre les scènes rap d'Halifax, Nouvelle-Ecosse, et de Toronto et London, Ontario, n'a jamais été rompue. Mieux, avec le temps, ses principaux acteurs ont poursuivi une histoire parallèle du rap, ils ont développé leur sous-genre à eux, à l'écart de toute mode, un genre fait de hip-hop fantaisiste et enjoué inspiré de la période old school, de raps rapides issus de la décennie 90, de scratches et de samples à tous les étages, d'un esprit nerd et potache, comme l'affectionnent souvent les rappeurs blancs de peau, de textes remplis à ras-bord d'allusions aux séries B, et d'un feeling très live, très dynamique, comme si – que ce soit le cas ou une illusion – ils étaient accompagnés de "vrais" instruments.

BACKBURNER  - Eclipse

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INCISE - Daily Methods

, 23:27

Il y a des signes qui ne trompent pas. Incise, en effet, a commencé à se faire connaître en produisant un disque du rappeur de Toronto Prince Ali, intitulé I Miss 1994, en 2007. Et sur Daily Methods, deuxième album sorti sous son seul nom, pour beaucoup son meilleur, se trouvent des titres comme "Go Back" et "Bring It Back", le second étant une ode aux débuts fantasmés du rap. Le beatmaker d'Hamilton, dans l'Ontario, arpente donc la route maintes fois empruntée d'un hip-hop underground nostalgique, presque anachronique, en compagnie d'une pléiade de rappeurs obscurs (Shad K est ici le plus connu) aux paroles introspectives et réfléchies, et avec des sons jazzy, auxquels un grand soin a été apporté.

INCISE - Daily Methods

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