Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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Mot-clé - Angleterre

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WILEY - Godfather

, 22:51

En décembre dernier, lors de l’annonce des nouvelles promotions à l’Ordre de l'Empire britannique (plus ou moins l’équivalent de la Légion d’Honneur, de l’autre côté de la Manche), un nom aura retenu l’attention des amateurs de musique : celui de Richard Cowie. Le Londonien se voyait ainsi distingué pour sa contribution au rayonnement de son pays. Quoiqu’on puisse penser de ce type de décoration, cela était mérité. L’artiste connu sous le nom de Wiley n’est pas seulement à l’origine du style musical anglais le plus distinctif, en ce début de XXIème siècle. Ce genre qu’il avait intitulé eskibeat, mais que l’histoire aura retenu sous le nom de grime, il l’a animé pendant près de 20 ans, ne cessant jamais d’en produire, et de faire la courte-échelle à d’autres, plus jeunes, qui désiraient aussi s’y adonner.

WILEY - Godfather

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JME - Famous?

, 23:31

Le grand gagnant, dans l’opération de cooptation par les Américains qui a redonné des couleurs au grime anglais dans les années 2010, c’est Skepta. Il faut se souvenir, cependant, que la carrière de Joseph Adenuga ne date pas d’hier, et qu’elle fut doublée, en parallèle, de celle de son petit frère Jamie, un prénom plus connu sous l’orthographe alternatif de JME. Cette fratrie d’activistes (à laquelle il faut ajouter la petite sœur Julie, un DJ) a commencé à se faire un nom au début des années 2000, au sein du collectif Meridian. Puis les frères ont fondé ensemble le label-équipe Boy Better Know, sur lequel sortiraient leurs projets réciproques.

JME - Famous

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LETHAL BIZZLE - You'll Never Make a Million from Grime

, 23:02

Cela fait un moment déjà que Maxwell Ansah, alias Lethal Bizzle, occupe une place dans le monde du grime. Il était déjà actif au tout début des années 2000, au sein du More Fire Crew, un collectif qui, en 2002, sortit l’un des premiers tubes du genre, "Oi!". Puis ensuite, en solo, il sortit d'autres singles remarqués, notamment "Pow" (aussi appelé "Forward Riddim"), en 2004, un morceau enregistré avec une dizaine d’autres rappeurs, et qui fut un nouveau carton, malgré une censure imposée du fait de son contenu violent (et de sa propension à déclencher de grosses bastons quand il était joué en club). Comme beaucoup de ses collègues, cependant, le Londonien est davantage un artiste à singles qu’à albums. Après 2009, il n’en sortit d’ailleurs aucun, et il fallut attendre You’ll Never Make a Million from Grime, en 2017, pour qu’il connaisse son plus grand succès sur format long.

LETHAL BIZZLE - You’ll Never Make a Million from Grime

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J HUS - Common Sense

, 23:09

Le rap anglais se porte bien. Pas seulement ce grime qui, depuis qu'il suscite l'enthousiasme de rappeurs nord-américains, vit une deuxième jeunesse. Mais tout le rap anglais, dans ses diverses déclinaisons. L'accueil favorable que reçoit J Hus depuis sa mixtape de 2015, The 15th Day, et cette année avec son premier album, Common Sense, est une illustration de cette grande forme. Avec lui, le succès est au rendez-vous (le single "Did You See" a bien cartonné), les stars locales cooptent le jeune homme de 21 ans (il contribue au titre "Bad Boys" de Ghetts et Stormzy, sur le dernier album du second), et la critique se montre bienveillante.

J HUS - Common Sense

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LADY LESHURR - Friggin L

, 15:13

Lady Leshurr est de ceux qui, depuis quelque temps, profitent de la résurgence médiatique du grime. Avec quelques autres comme Skepta ou Stormzy, elle fait partie de ces rappeurs britanniques auxquels des Américains accordent désormais une attention toute particulière. Elle a fait à nouveau parler d'elle, ces derniers mois, avec une série de freestyles intitulés "Queen's Speech", dont le quatrième fit l'objet d'un spot publicitaire pour Samsung, l'exposant à un très large public. Et dans ses interviews récentes, il a été question de collaborations possibles avec des poids lourds de la production en Amérique, comme Bangladesh et Timbaland.

LADY LESHURR - Friggin L

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M.I.A. - Arular

, 23:32

Londres a la réputation d'être une ville cosmopolite, politiquement progressiste et très ouverte sur le monde. Depuis des décennies, elle est aussi connue pour ses scènes musicales éclectiques et très actives, à la pointe de toutes les tendances, et pour sa capacité à digérer avec aisance des influences venues d'ailleurs. Il était donc naturel que M.I.A. en provienne. Il était normal que cette artiste multicarte (elle a commencé dans le graphisme et le design avant de se mettre à la musique) soit à l'origine de cette formule unique, typique des très postmodernes années 2000, qui consistait à mêler en un tout cohérent des sons venus du monde entier.

M.I.A. - Arular

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SKEPTA - Konnichiwa

, 16:06

Parce que ces stars du rap nord-américain que sont Kanye West et Drake ont fait état de tout le bien qu'ils en pensaient, le grime semble profiter, à nouveau, d'un certain engouement. Certes, cette musique n'a jamais cessée d'être vivante depuis la grande époque de Dizzee Rascalz, au milieu des années 2000. Mais l'attention médiatique était quelque peu retombée, ce genre redevenant, pour l'essentiel, une affaire anglo-anglaise. Aujourd'hui, toutefois, la roue tourne à nouveau, et le bénéficiaire de cette résurgence du grime est Skepta, dont le dernier album, Konninchiwa, a bénéficié d'un remarquable succès critique et commercial.

SKEPTA - Konnichiwa

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RUFF SQWAD - Guns 'N' Roses Vol. 1

, 23:14

Le grime, cette dimension parallèle au rap, apparue en Angleterre sur les cendres de la rave culture, a pu se résumer un temps en deux camps, deux collectifs, issus tous deux d'East London. D'un côté, le Roll Deep crew, par lequel sont passées les stars, comme son leader Wiley, ainsi que Dizzee Rascal et Skepta. Et de l'autre, le Ruff Sqwad, fondé un an plus tôt, en 2001, et souvent considéré comme le pionnier du genre, comme l'écurie qui a abrité ses vrais innovateurs. Ce dernier trouve son origine à la fin des années 90, quand deux lycéens, David Nkrumah et Prince Owusu-Agyekum, alias Dirty Danger et Rapid, se sont mis à jouer de manière presque accidentelle avec le logiciel FruityLoops, à composer des morceaux accompagnés de raps, et à trouver ainsi le chemin des radios pirates, Rinse FM et quelques autres, qui auront été le creuset de ce genre musical.

RUFF SQWAD - Guns 'N' Roses Vol. 1

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M.I.A. & DIPLO - Piracy Funds Terrorism

, 22:05

Mathangi Arulpragasam est londonienne, d'origine sri-lankaise. Elle a fait une école d'art, et elle est apparue auprès d'une intelligentsia musicale issue de la brit pop des années 90 (elle fut un temps la colocataire de Justine Frischmann, ancien leader d'Elastica et ex de Damon Albarn). Sa formule est une actualisation pour les années 2000 du Sandinista du Clash, auquel elle a emprunté la rage punk, le tiers-mondisme, l'engagement politique et une volonté de précipiter dans un grand tout tous les genres musicaux imaginables. Autant dire qu'il est délicat de rattacher M.I.A. à la tradition hip-hop et, plus globalement, de cataloguer sa musique dans ce seul genre. Et pourtant, elle rappe, plus ou moins. Et elle pratique à outrance le recyclage et le sampling. L'Anglaise est aussi, quelque part, le chainon manquant entre Missy Elliott, un modèle avéré, et les travaux tardifs de Kanye West. Certains, en tout cas, lui attribuent une influence sur l'ouverture à d'autres genres, devenue une grosse tendance de fond dans le rap à la fin des années 2000.

M.I.A. & DIPLO - Piracy Funds Terrorism

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FRANKIE STEW & CUTH - Journeys EP

, 22:35

Du trip hop à la drum'n'bass dans les années 90, jusqu'au grime et à M.I.A. au cours de la décennie suivante, l'Angleterre est le pays qui a bâtardisé le hip-hop, celui qui, plus que tout autre, l'a transformé, l'a mixé, en a fait définitivement autre chose, à sa sauce, propre à son contexte et à sa culture. Et pourtant, à côté de tout cela, survit en Grande-Bretagne, depuis toujours, une école plus classique, plus fidèle au boom bap, à la boucle et à l'art du beau sample ; plus respectueuse, en somme, du modèle américain tel qu'il avait été érigé à la fin du XXème siècle.

FRANKIE STEW & CUTH - Journeys EP

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FRED & JUDY VERMOREL - Sex Pistols, L'Aventure Intérieure

, 23:34

A l'inverse de ces Beatles, Stones, Pink Floyd, Led Zep et autres sur lesquels ils crachaient (et qu'ils ont pourtant fini par rejoindre au panthéon du rock 'n' roll), la carrière des Sex Pistols a été météorique. Fondé en 1975, sensation underground en 1976, phénomène médiatique en 1977, quasiment dissous en 1978, et morts (au sens propre du terme pour l'un de ses membres) en 1979, le groupe n'a eu le temps de livrer qu'un seul album digne de ce nom. Il semble qu'avec eux, le temps s'est accéléré, qu'ils ont traversé en deux années ce que d'autres groupes ont vécu sur une décennie. Preuve de cette frénésie, un an après avoir été révélés au grand public, un livre dressait déjà une rétrospective de leur histoire, traduite en français par Francis Dordor, et que Le Mot et le Reste réédite aujourd'hui.

FRED & JUDY VERMOREL - Sex Pistols, L'Aventure Intérieure

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JON SAVAGE - England's Dreaming

, 22:48

Le punk est un genre si riche qu'il existe plusieurs façons d'en retracer l'histoire. On peut, comme Clinton Heylin avec From the Velvets to the Voidoids, se pencher sur sa genèse new-yorkaise. Ou bien, avec le Babylon's Burning du même auteur, relater son long cheminement dans l'underground jusqu'à l'explosion grunge. Si l'on s'intéresse à son versant anglais, on peut penser, comme Simon Reynolds avec Rip It Up, que c'est l'après qui a été le plus captivant, c'est ce qui est né sur les cendres du punk britannique. Mais si l'on veut se consacrer pour de bon au cœur du sujet, c'est la biographie de son groupe emblématique qu'il faut écrire.

JON SAVAGE - England's Dreaming

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DIZZEE RASCAL - Showtime

, 18:16

La critique anglaise ayant une fâcheuse tendance à s'emballer facilement (et son homologue française étant souvent bien prompte à lui emboîter le pas), il convenait de rester méfiant quand, en 2003, Boy In da Corner suscita une certaine hystérie journalistique, permettant à son auteur, Dylan Mills alias Dizzee Rascal, un rappeur à peine sorti de l'adolescence, mais plein de verve, d'accéder rapidement à la notoriété et d'être rétribué par le prestigieux Mercury Prize.

DIZZEE RASCAL - Showtime

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THE PALE FOUNTAINS - Pacific Street

, 23:13

Dans la trop grande catégorie des albums maudits, Pacific Street a une place de choix. Tout avait pourtant bien commencé pour les Pale Fountains. Apparu au début de la décennie 80, le premier groupe de Michael Head s'inscrivait dans ce mouvement qui s'émancipait alors de la noirceur du punk et du post-punk anglais pour renouer avec des compositions chatoyantes plus en prise avec les années 60, une tendance qui commencerait avec Orange Juice et qui culminerait, dans le même temps que les deux seuls albums des Pale Fountains, avec les Smiths.

THE PALE FOUNTAINS - Pacific Street

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DAVID BOWIE - Low

, 23:03

Dans L'Ancien Régime et la Révolution, Alexis de Tocqueville disait, en gros, que la Révolution Française n'avait pas existé. Ou, plus exactement, que les principes qu'elle portait avait déjà largement travaillé l'Ancien Régime, que celui-ci avait connu au XVIIIème siècle des évolutions majeures, que 1789 n'allait faire, en fait, que radicaliser et proclamer. La leçon ne vaut pas que pour la Révolution Française. Elle vaut pour toutes, mêmes pour celles qui n'ont pas grand-chose à voir avec la politique, même pour celles qui ne sont, par exemple, que musicales. C'est le cas du chambardement punk. On le présente encore trop souvent comme une rupture radicale dans l'histoire de la musique, comme un nouveau départ, comme une année 0. Alors qu'en fait, tout ou presque existait avant lui.

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BLACK BOX RECORDER - England Made Me

, 22:30

Luke Haines n'a jamais été un garçon vraiment fréquentable. D'accord, en 1993, il avait annoncé la clinquante vague brit pop avec son New Wave. Mais il en représentait le côté obscur, la face cynique, avec ses commentaires sociaux empreints d'ironie. Averti des petitesses de notre monde, il se posait en héritier de Ray Davies. Et plus tard, avec son projet d'après les Auteurs, Baader Meinhof, il avouerait une étrange fascination pour les terroristes de la Bande à Baader.

BLACK BOX RECORDER - England Made Me

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PUBLIC IMAGE LTD. - Public Image (First Issue)

, 23:00

C'est marrant, les goûts, les modes et les couleurs. Regardez Public Image, par exemple. Après que le groupe ait montré la voie, après avoir incarné le futur du rock, non, mieux que ça, l'après rock, après avoir été au comble du succès critique à la fin des années 70, ils étaient tombés en désuétude au fil de la décennie suivante. Les tendances changeant, les générations se succédant, ils étaient devenus le souvenir d'une époque révolue, leur son semblait daté. Avant que les très revivalistes années 2000, finalement, ne leur restituent leur prestige d'antan.

PUBLIC IMAGE LTD. - Public Image (First Issue)

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TALK TALK - The Colour of Spring

, 22:15

Quand il est sorti, The Colour of Spring a cartonné. C’est d’ailleurs l’album de Talk Talk qui s’est le mieux vendu, aidant le groupe à négocier le budget déraisonnable qui lui permettra d’enregistrer plus tard le chef d’œuvre Spirit of Eden. Oui mais voilà, plus de vingt années ont passé, et depuis, le troisième album du groupe paraît pris en tenaille. Il est le disque charnière, celui pile à mi-chemin entre le Talk Talk populaire et néoromantique de The Party’s Over et de It’s my Life, et le Talk Talk expérimental et évanescent de Spirit of Eden et de Laughing Stock.

TALK TALK - The Colour of Spring

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THE BROTHERHOOD - Elementalz

, 23:02

La première théorie concernant le rap anglais, c’est qu’il n’a jamais vraiment existé. A la manière de beaucoup d’autres scènes hip-hop nationales, il n’aurait produit que de pâles copies des originaux américains, des Nextmen et des Creators sans grande saveur, et qui n’auraient jamais fait avancer le schmilblick. La seconde, la plus juste, est que le hip-hop aurait effectivement fait souche en Angleterre, mais qu’il se serait transformé au contact de la rave culture, et qu'il serait devenu en fait des genres aussi différents que le trip-hop ou le grime.

THE BROTHERHOOD - Elementalz

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THE DUKES OF STRATOSPHEAR - Chips from the Chocolate Fireball

, 22:51

Le pastiche est un exercice délicat, le réussir n’est jamais acquis. Plus rares encore sont ceux qui s’avèrent aussi aboutis que les œuvres qu’ils prétendent parodier. Au milieu de la décennie 80, les Dukes of Stratosphear y étaient pourtant quasiment parvenus quand ils avaient prétendu nous transporter 20 ans plus tôt, en plein apogée de la pop psychédélique. Les instigateurs de ce projet extravagant, derrière lesquels se reconnaîtraient bien vite les membres de XTC, avaient même poussé la farce jusqu’à prétendre que tout cela, cet EP apparu le 1er avril 1985 (25 O’Clock), puis cet album sorti deux ans plus tard (Psonic Psunspot), regroupés tous les deux sur le présent CD, provenaient d’un groupe oublié des années 60.

THE DUKES OF STRATOSPHEAR - Chips from the Chocolate Fireball

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