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AD & SORRY JAYNARI - Last of the 80's

, 22:42 - Lien permanent

Souvent, parce qu'il est garni de sons funky et rempli de basses souples, le rap West Coast est perçu comme doux, fluide, chaleureux. Il est si confortable que, parfois, en dépit de paroles qui le sont rarement, il paraît inoffensif. Il lui arrive même de devenir une sorte d'easy listening hip-hop. Cette approche, cependant, n'est pas celle d'Armand Douglas. Rappeur de Compton signé sur la nouvelle mouture du label Priority Records, affilié aux Crips, et plus connu sous le nom d'AD, celui-ci crie ses raps, plutôt qu'il ne les chantonne. Il s'époumone, et il préfère les sons qui cognent, qu'ils s'inspirent du récent style ratchet ou, au contraire, qu'ils cherchent à renouer avec l'époque d'avant le g-funk, à ce rap californien urgent de la fin des années 80, auquel semble se référer ce projet.

AD & SORRY JAYNARI - Last of the 80's

Priority Records :: 2017 :: acheter l'album

Last of the 80's, toutefois, n'est pas un coup d'essai. Il est la suite d'une association avec League of Starz commencée en 2015 avec le tube "Juice", et qui s'est prolongée avec un projet conçu avec Sorry Jaynari, l'un des membres de ce collectif de producteurs. Ce dernier, By The Way, avait déjà reçu un accueil favorable, et il accueillait une belle brochette de sommités rap du Nord et du Sud de la Californie : E-40, The Game, Iamsu, RG, Nef the Pharaoh, G Perico, Mozzy, Ty Dolla $ign, et YG, pour un titre de réconciliation entre Bloods et Crips. Un an après, en 2017, Last of the 80's a repris les choses là où elles avaient été laissées, avec un projet comparable où se retrouvaient une partie des mêmes invités.

D'après AD, ce second projet n'a pas seulement été un retour au son de la fin des années 80 et à des paroles qui sentent bon le hood. Bondissant, dansant presque, ce projet est trop moderne pour prétendre à cela. De son propre aveu, le rappeur de Compton a surtout cherché à renouer avec un temps où la musique était rare, où l'album comptait encore, où l'on cherchait un disque à écouter d'un bout à l'autre, sans se lasser, jusqu'à la sortie un peu plus tard de la prochaine bombe.

Et ma foi, il n'est pas loin d'y être parvenu. En se limitant à dix petits titres immanquablement californiens (visez donc le piano et les handclaps de "Old Ways" ou bien les sirènes de "#CripLivesMatter", un hommage aux Crips avec G Perico), avec quelques tubes certifiés comme "Out The Hood", "Basic" et "Leakin", en livrant des morceaux aussi divers que l'ode à l'argent de "Who Dat?" (avec Kool John) et que les pauses R&B "Better" (avec Wiz Khalifa et Tory Lanez) et "Say" (avec Kid Ink et Eric Bellinger), sans rien perdre de sa dynamique, AD nous a offert, peu ou prou, le projet cohérent et sans remplissage qu'il avait en tête.

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