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SOB X RBE - SOB X RBE

, 23:23 - Lien permanent

Pendant ce temps, la Baie de San Francisco continue d'être ce qu'elle a toujours été : l'un des ventres les plus féconds du rap, l'une de ses scènes les plus actives. Une nouvelle preuve nous en a été apportée en début d'année, avec le quartet SOB X RBE, un acronyme obtus qui voudrait dire "Strictly Only Brothers, Real Boi Entertainment", et derrière lequel se cachent Yhung T.O., Slimmy B, DaBoii, et Lul G, quatre garçons de 18 à 20 ans. Tous amis d'enfance, tous basés à Vallejo, la ville d'E-40 et de feu Mac Dre, ils se sont fait connaître en tournée avec Sage the Gemini, avec des collaborations avec d'autres gens très chauds comme Mozzy ou Nef the Pharaoh, et grâce à quelques titres solo ou en commun, parmi lesquels "Lane Changing", "Anti" et "Different", des morceaux dont l'énergie juvénile se trouve maintenant reproduite et prolongée sur la durée d'un premier album.

SOB X RBE - SOB X RBE

Strictly Only Brothers, Real Boi Entertainment :: 2017 :: acheter l'album

Pour ne rien laisser au hasard, le groupe entame ce projet sans titre avec les deux premiers singles susnommés. L'un et l'autre sont efficaces. Ils nous présentent les mêmes garçons fiers, animés par l'esprit de bande, et qui n'ont que mépris pour les filles comme pour leurs rivaux. Et pourtant, ces titres ne se ressemblent pas, le premier étant dansant et enjoué, et le second plus atmosphérique. Et les suivants confirment pleinement cette versatilité musicale. Ils semblent, en fait, couvrir en un seul ensemble quatre décennies de rap. Pendant que "Calvin Cambridge", un solo de DaBoii, entretient de faux airs old school, "Juice" sort des scratches et des sirènes à la mode des années 90, et les synthétiseurs de "Game On" soulignent l'héritage du hyphy local, tandis que "Slides" joue de nappes bien contemporaines.

Cette diversité se retrouve dans les styles des quatre rappeurs, tous distincts et très reconnaissables : DaBoii, l'un des plus présents sur cet album, se montre hargneux, et il a tout ce qu'il faut de rugosité dans la voix, tandis que Lul G a un timbre plus clair et que Slimmy B cultive un flow entêtant et tournoyant marqué par un léger zozotement. Quant à Yhung T.O., il est le crooner R&B, celui qui vient illuminer les raps durs de ses collègues par de jolis refrains chantonnés, parachevant ainsi une sortie réussie, faite de 12 titres sélectionnés avec soin et discernement par un groupe qui légitime ici le buzz local dont il fait l'objet.

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