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PAYROLL GIOVANNI & HELLUVA - Payface

, 22:41 - Lien permanent

Décidément, Payroll Giovanni sait convaincre sur tous les formats. Il l'a fait avec les sorties collectives de son groupe, Doughboyz Cashout, aussi bien qu'avec ses projets solo, notamment ce Stack Season qui demeure l'un des tout meilleurs albums rap sortis l'an passé. Et il se distingue aussi par ses collaborations, comme Big Bossin' Vol. 1, une mixtape de 2016 produite par Cardo, ou plus récemment Payface, un projet en commun avec Helluva, un des producteurs les plus importants de Detroit, la bonne ville des Doughboyz Cashout, et le principal collaborateur de Tee Grizzley, dernière sensation en date issue de la Motor City.

PAYROLL GIOVANNI & HELLUVA - Payface

Autoproduit :: 2017 :: télécharger la mixtape

Le rappeur, il faut le dire, a de la suite dans les idées. Comme Sosa Dreamz, une autre de ses sorties récentes, Payface joue avec l'imagerie de Scarface, un film dont la pochette reprend le graphisme de l'affiche et dont la musique sample la bande originale. Et le thème unique (en dehors du sexe et des filles, sur "Hoes Like", et d'un discours de survivant du ghetto, sur "Raised in Raids") est toujours le commerce de la drogue. C'est le cas, manifestement, du posse cut "How We Move It", un détournement de "This Is How We Do It", le vieux tube de Montell Jordan, et l'un des titres marquants du projet. Sur celui-ci, avec une poignée de complices, Payroll Giovanni substitue au thème principal du morceau original, l'art de savoir faire la fête, celui de concocter et d'écouler efficacement de la cocaïne.

Rien de neuf, donc, au royaume de Doughboyz Cashout (voire du rap en général). Et c'est tant mieux, car on retrouve une fois encore, ici, outre l'influence ancienne de No Limit, cette manière nette, propre et vive que Payroll Giovanni a de délivrer ses hymnes urbains, cette sobriété énergique que certains ont comparé à celle d'une autre musique de Detroit, la techno. C'est particulièrement visible sur "How We Move It". Mais c'est tout aussi manifeste avec le véloce "Heroes", ainsi qu'avec l'impressionnant morceau introductif, l'éponyme "Payface", l'autre tube de la mixtape, l'autre titre aussi, à employer une musique connue (son sample est issu, forcément, du thème de Scarface). Il n'y a guère que des virées dans le R&B ("Hustle Muzik 3", "Hoes Like", "Shop", "Keep On"...), plus fréquentes qu'à l'accoutumée, pour affadir quelque peu une formule qui a fait ses preuves.

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