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DENIRO FARRAR - Mind of a Gemini

, 23:16 - Lien permanent

Depuis une première mixtape en 2010 intitulée Feel This, Qushawan "Deniro" Farrar a creusé son sillon. Il a même créé son propre mouvement, le "cult rap", dont il est à peu près le seul représentant. On a vu en tout cas le rappeur de Charlotte, en Caroline du Nord, sortir plusieurs projets a minima intéressants, et travailler avec des gens venus de toute l'Amérique du Nord et de tous les sous-genres de rap. La plupart de ces collaborateurs étaient issus de scènes hip-hop plutôt alternatives, comme Nacho Picasso, le duo Blue Sky Black Death, le producteur canadien Ryan Hemsworth, et Shady Blaze de Green Ova, avec lequel il avait sorti un Kill or Be Killed déjà vanté par ici ; il s'est également montré proche de Denzel Curry ; mais on a surpris aussi, sur certains de ses titres, des ressortissants d'Atlanta comme Gucci Mane (un titre volé ?) et Trinidad James.

DENIRO FARRAR - Mind of a Gemini

Autoproduit :: 2016 :: acheter l'album

Deniro Farrar, donc, joue sur plusieurs tableaux, comme confirmé sur l'un de ses deux projets de 2016, Mind of a Gemini, un album placé sous le signe des gémeaux, et où il met en scène, dès la pochette, ses deux identités : celle du gangster et celle du sage lettré. Sa nature duale, il le souligne dès la première plage, intitulée précisément "Duality", et qui inaugure une suite de plongées introspectives et biographiques dont un "Impratical" misanthropique et paranoïaque, un "Unpredictable" où il égrène la voix pleine de douleurs les grands moments de sa vie, ainsi que l'atmosphérique "Moody", à propos des dérives d'un ancien ami. Quant à "Consistent Inconsistent", il souligne encore le caractère double du rappeur, en accompagnant les deux couplets de musiques distinctes.

Quand Deniro Farrar cesse de se pencher sur lui-même, il cherche à rénover le rap "conscient". On en retrouve tous les attributs : une musique aux sons plutôt calmes et chaleureux, à l'influence soul marquée, avec force chœurs et violons ; des références ancrées dans les années 90, comme avec les réminiscences nostalgiques de "Eloquent" ; et des réflexions sur la condition des Afro-américains, comme sur ce splendide "Deceitful" qui raconte l'adversité rencontrées par les femmes noires, et qui cite un discours de Malcom X au terme duquel il proclamait : "nous vous tuerons, pour nos femmes". Et c'est cette alliance entre réflexion et violence larvée, précisément, renforcée par une voix, grave, précise et posée, sous laquelle couve une lourde menace, que l'on retient le plus chez Deniro Farrar.

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