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DA BRAT - Funkdafiend

, 23:19 - Lien permanent

Le premier carton du rap féminin, dans les années 90, n'est pas venu des pôles habituels, la Côte Est et la Californie. Le premier disque de platine obtenu par une rappeuse, en effet (en tout cas en solo, le trio Salt-N-Pepa l'ayant précédée), fut le fait d'un drôle d'attelage composé (bien avant que ces deux villes ne destituent New-York et Los Angeles en leur qualité de places fortes du rap), d'une résidente de Chicago et d'un producteur d'Atlanta. Ce Funkdafiend qui s'écoula au-delà du million d'exemplaires, fut en effet conçu par la jeune Shawntae Harris, alias Da Brat, avec l'appui de Jermaine Dupri, qui l'avait signée sur son label So So Def.

DA BRAT - Funkdafiend

So So Def / Columbia :: 1994 :: acheter l'album

Connu à cette époque pour avoir permis le succès du groupe Xscape et de Kriss Kross, c'est par l'intermédiaire de ces derniers que Dupri avait fait la connaissance de Da Brat. Celle-ci, qui venait de remporter un concours de rap local sponsorisé par Yo! MTV Raps, avait impressionné les deux ados, qui l'avaient alors présentée à leur producteur. Sous le charme, celui-ci l'avait prise sous son aile. Et comme nous étions au plus fort de la période g-funk, il avait mis toutes les chances de son côté en produisant un album aux sonorités très West Coast, tandis que la rappeuse, tant par son phrasé que pour son goût pour les tresses, s'inspirait largement de celui qui était alors l'homme du moment : Snoop Doggy Dogg.

Donnant raison à son pseudonyme (la morveuse, la sale gosse), Da Brat jouait les gangsters. Dès "Da Shit Ya Can't Fuc Wit", le premier titre, ou plus tard sur "Ain't No Thang" elle était agressive, et elle jurait comme un charretier. Elle était déjà cette sauvageonne qui se distinguerait plus tard par sa propension à frapper d'autres femmes à coups de bouteilles de rhum. Comme les gangsters californiens, ses mots d'ordre étaient hédonistes. Elle invitait les auditeurs à faire la fête et à se relaxer sur sa musique ("Mind Blowin'"). Et sur "Fire it Up", elle célébrait son goût pour les joints. A l'époque de l'album Unrestricted, influencée par l'irruption des Lil' Kim et autres Foxy Brown, Da Brat adopterait une allure sexy. Mais pour l'heure, elle jouait à fond son rôle de garçonne habillée en baggy et pleine de bagout.

Comme ses collègues de la West Coast, toujours, et comme le titre de l'album l'annonçait, la fille de Chicago optait pour un son qui plongeait ses racines dans le funk des années 70 et 80, celui de Funkadelic, de Kool & The Gang, et des autres. Dans le plus pur style g-funk, Da Brat recourait aux refrains chantés ("May Da Funk Be Wit 'Cha"), elle s'exprimait sur des sirènes ("Come and Get Some") et elle jouait du contraste entre la dureté de son personnage et les sons chaleureux, mélodiques et soyeux que Jermaine Dupri lui préparait. Et dans sa bouche, le "Rat-tat-tat-tat" de Dr. Dre devenait un "Brat-tat-tat-tat". Le clin d'œil à la scène californienne était si prononcé, que le producteur samplait aussi les artistes du cru, The Doc et Snoop Dogg, sur le titre "Funkdafiend", un duo suave entre sa protégée et lui. C'était complètement dans l'air du temps, cela confinait même au plagiat, mais avec un timbre de voix féminin qui suffisait à faire la différence.

Vos 5 albums / mixtapes 1994

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