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BABYFACE RAY - Legend

, 22:49 - Lien permanent

Detroit est la nouvelle Mecque du rap. Peut-être l'est-elle-même depuis longtemps, mais nous ne l'avons réalisé que tardivement, grâce aux sorties solo ou collectives des Doughboyz Cashout, à l'engouement autour de Tee Grizzley, et aux projets récents de Peezy, comme ce Ballin Ain't A Crime déjà vanté sur ces pages. A ceux-là, il faut en ajouter un autre, BabyFace Ray, un proche du dernier cité. Membre comme lui de Team Eastside, il a commencé à se faire connaître en 2015, avec Gt X Mia (une collaboration avec un autre homme de Detroit, GT) et son premier solo M.I.A Season, puis il a poursuivi avec une salve de mixtapes.

BABYFACE RAY - Legend

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Sorti au milieu de 2017, Legend, son premier projet de l'année (un autre, Trillest est sorti tout récemment), mérite de figurer parmi les choses rap à connaître. Comme souvent en ces lieux, la formule est tout à fait prévisible, elle est même totalement standard : il s'agit d'un égo-trip gangsta, des paroles génériques de délinquants, adoucies ci et là par des passages tristes ou atmosphériques ("Doubt It", "MS", "Ball"), des chants sous Auto-Tune ("Yo Bitch", "Dark Place") et des aventures en terrain R&B, comme sur "2Turnt" avec Team Eastside Snoop, et sur "Fall In Money". La familiarité est renforcée encore par la participation d'autres figures de la scène locale : Peezy et GT bien sûr, mais aussi Leek Hustle et Ponae.

Mais on y retrouve aussi, plus originaux, les chœurs de castrat de "Trumpets". Il se démarque aussi par une voix douloureuse qui mange ses mots, par un ton plus mélancolique que ceux de ses compères, qui lui donne un air de Starlito du Nord, et qui fait des miracles sur le morceau final, "Football Pads", le meilleur de l'album. On y entend également, dans leurs déclinaisons les plus abouties, les spécificités sonores de cette musique substantiellement nordique : une prédilection pour des sons secs et synthétiques, d'une froideur particulière (le formidable titre introductif "Best Friends", le single "Legend", "Motivation"), des connexions avec la scène de la Bay Area, traduites par le renfort de Philthy Rich sur le titre "MS" et, derrière les rodomontades, le pessimisme et la résignation du survivant de la rue. Certes, tout ce qui nous arrive de Detroit ces derniers temps, pourrait répondre à la même description. Mais presque tout est bon. Tout comme le contenu de ce Legend.

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