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SPACEGHOSTPURRP - Nasa: The Mixtape

, 23:25 - Lien permanent

Le Raider Klan n'aurait pas existé sans Internet. C'est grâce à cet outil qu'a pu se rassembler ce collectif centré sur Miami, mais représenté aussi à Memphis (Xavier Wulf, Chris Travis), Houston (Amber London), Seattle (Key Nyata), New-York (Grandmilly) et Richmond (Lil Ugly Mane). C'est aussi par le Web, et par la sortie à outrance de mixtapes gratuites, que ce groupe de rappeurs s'est fait connaître et a pu fédérer un public de passionné. Et c'est par lui, enfin, qu'ils ont pu imposer leur approche alternative du hip-hop, basée sur une relecture du rap de la décennie 90. Mais attention, pas n'importe quel rap, pas le boom bap généralement associé à ces années là. Non, le Raider Klan préférait alors explorer des scènes régionales alors marginales, quoique très influentes plus tard : le rap funèbre et noir de Memphis, ou bien les sons lourds et alanguis popularisés par DJ Screw à Houston.

SPACEGHOSTPURRP - Nasa: The Mixtape

Raider Klan :: 2010 :: télécharger la mixtape

Naturellement, c'est chez le leader du Klan, SpaceGhostPurrp, autrefois Muney Jordan, qu'on retrouve cette formule dans sa déclinaison la plus pure et parfaite, et plus particulièrement sur ses premières sorties. C'est en 2011, sur un Blackland Radio 66.6 qui usait de l'imagerie occulte et morbide en vigueur 15 ans plus tôt à Memphis. Et c'est l'année d'avant, aussi, sur le très court NASA: The Mixtape.

Le jeune homme y revenait aux sources du rap sudiste. Il déclinait une fois encore les thèmes de l'argent, de la drogue et des femmes, nous parlant de boîtes de striptease ("Friday Strip Club"), nous enjoignant à massacrer une bitch ("NASA Gang Swag"), intitulant à la suite quatre de ses titres "Sex, Money, Drugs", "For the Love of Money", "I Love Lean', "I Love Lesbians". Mais il usait de beats à l'ancienne, de samples, voire de sirènes, et d'une couleur gothique qui expliquerait presque son arrivée plus tard sur le prestigieux label rock indé anglais 4AD.

Né en 1991, Markese Rolle marchait à peine à l'époque à laquelle il se réfère, mais qu'importe. Sur NASA: The Mixtape, il faisait allusion à la pop culture de la décennie 90, et se fendait d'un hommage à un rappeur mort en ces années là, Eazy E. L'intéressé, qui créait aussi ses propres beats, poussait le vice jusqu'à enregistrer ses titres de manière épouvantablement lo-fi, cherchant à reproduire le souffle sale et les basses vrombissantes des cassettes de ce temps-là. Et comme si cela ne suffisait pas, il parsemait le tout de bruits de flipper. Ceux-là étaient passablement irritants, mais ils ne cachaient rien des talents de producteur de SpaceGhostPurrp, au point, juste retour des choses, qu'il serait amené plus tard à collaborer avec plusieurs de ses influences, notamment Juicy J de la Three 6 Mafia.

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