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LIL DURK - Signed to the Streets

, 23:23 - Lien permanent

Durk Banks, alias Lil Durk, n'a pas récolté immédiatement tous les lauriers quand, en 2012, la scène drill de Chicago a explosé. D'autres que lui, Chief Keef, Lil Reese ou le vétéran King Louie, ont bénéficié alors de l'attention médiatique, le jeune homme d'une vingtaine d'années, sans surprise dans le contexte violent de Chiraq, étant en prise à des déboires judiciaires en raison d'un port d'armes illicite. Il avait pourtant déjà été approché par Def Jam, avec le succès du titre "L's Anthem", et le soutien de l'industrie du disque serait visible quand, l'année d'après, il sortirait sous l'étiquette du Coke Boys de French Montana et sous le parrainage de DJ Drama, une quatrième mixtape qui le propulserait à l'avant-plan, Signed to the Streets, aujourd'hui encore, plus que ses albums, son projet le plus emblématique.

LIL DURK - Signed to the Streets

OTF / Coke Boys :: 2013 :: télécharger la mixtape

En 2013, celle-ci a été la sortie la plus importante en matière de drill music. Sa qualité y était pour beaucoup, mais aussi le fait qu'elle marquait une évolution dans le son de ce sous-genre. Après avoir adapté à leur réalité les paroles rudes et les sons synthétiques de la trap music, les jeunes pousses de Chicago continuaient à puiser l'essentiel de leur inspiration à Atlanta. Cette fois, c'étaient les raps chantés à l'Auto-Tune peaufinés par Future, qu'ils s'accaparaient. Leur figure de proue, Chief Keef, s'y était essayé lui-même la même année, avec la mixtape Almighty So, mais celui qui maîtriserait au mieux la formule, serait donc Lil Durk.

L'arrière-fond demeurait le même. Il n'était pas tellement question, comme pour le rappeur susnommé, d'ouvrir son cœur et d'exposer ses états d'âme, mais de rendre compte du contexte violent et dangereux des rues chaudes de Chicago, avec l'urgence, la froideur et l'épaisseur sociale qui distinguaient la drill music de ses influences sudistes. Il fallait rendre compte de la "Street Life", pour paraphraser l'un des titres présents. Il fallait aussi parler, par exemple sur "Dont Understand Me", de cet esprit de clan qui est le seul recours en ces lieux. OTF, s'appelle d'ailleurs le label de Lil Durk : Only The Family. Ce rap dur, cependant, était décliné avec un sens de la mélodie décuplé, et parfois des ambiances atmosphériques limite cloud rap, comme avec "100 Rounds", des ingrédients que ne manqueraient pas de reprendre bientôt, mais à leur sauce, les Français de PNL.

La plupart du temps sur Signed to the Streets, malgré quelques ratés, l'approche de Lil Durk se montrait redoutable. Pas tellement sur "Who Is This", le plus Atlanta de tous les titres, du fait de sa petite ritournelle typique de Zaytoven, mais plutôt sur "Traumatized", le tube qu'il nous offrait d'entrée, sur "Hittaz" aussi, sur le pompier "Oh My God" (plus conforme à la drill habituelle, avec ses syllabes détachées et l'absence d'Auto-Tune), puis en fin de parcours avec deux sons de Young Chop, le producteur de Chief Keef ("One Night", et surtout le plus intense "52 Bars Pt 2."), et l'apothéose de "Times", meilleur titre d'une mixtape jalon.

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