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GORILLA ZOE - Monkey Business

, 21:48 - Lien permanent

Gorilla Zoe est aujourd'hui retourné dans l'anonymat, mais il fut un temps où il semblait sur la pente ascendante, et sur le point de suivre les traces de celui qu'il avait remplacé au sein du groupe Boyz N Da Hood, Young Jeezy. En 2007, porté par le single "Hood Figga" et par sa contribution au "Coffee Shop" de Yung Joc, il avait lancé un premier album assez remarqué, Welcome to the Zoo. Il avait figuré aussi parmi les Freshmen du magazine XXL, au sein d'une grosse promotion, la toute première, aux côtés de Lil Boosie, Young Dro, Plies et Lupe Fiasco. Et bien sûr, dans la foulée, il s'était illustré sur mixtapes, battant même tous les records de productivité en février 2010, en sortant un projet entier chaque jour du mois.

GORILLA ZOE - Monkey Business

Autoproduit :: 2008 :: télécharger la mixtape

C'est sur une mixtape, d'ailleurs, plutôt que sur ses albums inégaux, que Gorilla Zoe aura livré le meilleur de lui-même. Sortie avec l'aide de DJ Spinatik, Monkey Business date de l'une de ses années fastes, 2008. Elle compilait des morceaux qu'on retrouvera ailleurs dans sa discographie, et son titre déclinait comme les autres sa métaphore fétiche, celle qui compare les périls et les habitants de la rue à ceux de la jungle. Riche d'une vingtaine de morceaux, elle le montrait entouré de rappeurs qui comptaient : outre Yung Joc, il y avait Yo Gotti, Rocko, Shawty Low, Young Dro, Lil Wayne et, surtout, sur plusieurs de ses titres, Gucci Mane.

Gorilla Zoe, on l'a dit, avait remplacé Jeezy, et il avait une voix rauque assez proche de la sienne. Mais c'est à son rival Guwop qu'il faisait irrémédiablement penser. Quelque part, il en accentuait la formule : ses paroles tournaient autour des thèmes du sexe, de la drogue, de l'argent et du swag, et elles étaient déclinées de manière presque mécanique ; le sens des mots n'avait plus grande utilité, plus aucune raison d'être, sinon de jouer de bons mots absurdes ; quant à la musique, elle se résumait à des ritournelles niaises et à des refrains bien baveux ("I'm a Thug"), parfois dopés à l'Auto-Tune ("Whatever You Like", "Go Girl", "Powerful Drawz"). C'était aussi une trap music bondissante et encore très ancrée dans l'univers des clubs, tant par les sons que par les textes ("Bosses", "Freakin").

Dans un article sur l'un de ses albums, écrit par des critiques réfractaires et attachés à la vieille école, celle du rap lyrical à messages, l'un d'eux avait cité le terme de bubblegum pop pour résumer le style de Gorilla Zoe. Et c'était bien trouvé. Celui-ci, en effet, nous proposait un remake de cette musique pour adolescents définie par des paroles vides de sens et des mélodies aussi collantes qu'un chewing-gum. C'est le même caractère, inconséquent mais extatique, qui animait "It's Nuthin", "What It Is", "Wells Fargo", et même ce "Lost" vulnérable et à contre-emploi. Gorilla Zoe nous proposait donc un bubblegum rap ; un bubblegum gangsta, même. Mais la bubblegum pop, quand c'est bien fait, et que c'est aussi régulier que sur "Monkey Business", ça peut être tout à fait appréciable.

Vos 5 albums / mixtapes 2008

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Album / Mixtape #01

Album / Mixtape #02

Album / Mixtape #03

Album / Mixtape #04

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