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FUTURE - Purple Reign

, 22:26 - Lien permanent

Qui a gagné la grande compétition du rap, en 2015 ? Qui, cette année-là, a sorti pas moins de quatre projets marquants, dont trois frisaient l'excellence ? Qui a ainsi consolidé son assise, et peut prétendre au titre de plus grand rappeur des années 2010 ? Nayvadius Cash, bien sûr. Et notre homme semble bien décidé à persévérer, en 2016. Il a déjà proposé coup sur coup deux nouvelles mixtapes, en janvier et en février. Cela va d'ailleurs si vite que la première des deux s'est faite aussitôt éclipser par la suivante, EVOL. Il faut dire que sur Purple Reign, Future est en retrait. Il n'y livre aucun tube, mais au contraire une musique souvent minimale et contemplative. Conçue cette fois par plusieurs producteurs, avec Metro Boomin comme tête d'affiche, elle est sans éclat. Elle nous livre l'ordinaire du rap de Future. Mais l'ordinaire de Future, on le sait, peut s'avérer parfois extraordinaire.

FUTURE - Purple Reign

Free Bandz :: 2016 :: télécharger la mixtape

L'ordinaire de Future, c'est la stance autodestructrice d'un drogué qui oscille entre frénésie à dépression, qui passe du sentimentalisme à l'égoïsme le plus crasse. Le titre l'annonce d'ailleurs sans détour : la vie du rappeur prend place sous un règne pourpre, celui de l'addiction à la codéine, l'une des médications qui gouvernent l'existence chaotique et les désordres émotifs de notre homme. Il semble s'y donner totalement, il se soumet aux drogues corps et âme, livrant une mixtape où domine la lassitude et l'abandon, des sentiments manifestes sur plusieurs titres marquants. Sur "All Right", par exemple, Future déclare que tout va bien, mais son ton de vaincu et son récit d'une vie de débauche sans relief disent le contraire. Même chose sur le morceau-titre, "Purple Reign", où il répète ces deux mots éternellement, d'une voix fatiguée, disant aussi "I just need my girlfriend", qu'il n'a plus besoin que de sa copine, celle-ci étant le narcotique auquel il est accroc.

Il n'est même plus question de sa rupture avec Ciara, qui avait été le carburant de ses sorties précédentes. Les vraies maitresses de Future, ce sont des analgésiques comme le Percocet, ce médicament qui est le sujet de "Perkys Calling", ou d'autres substances encore, comme le Xanax et la molly, souvent mentionnés. Tout cela est préférable au gâchis qu'est la vie qu'il décrit sur l'autobiographique "Never Forget". La drogue, en fait, est la même chose que ce matelas où les dealers ont l'habitude la cacher : un endroit où l'on enfouit ses peines ("Inside the Mattress"). Purple Reign parle donc de tout cela. Cette énième mixtape est une nouvelle déclinaison des remous intérieur du rappeur. Et en dehors de quelques grands moments comme "Purple Reign", elle n'en est même pas la meilleure, ni la plus poignante. Elle ne satisfera que ces complétistes que sont les fans transis de Future. Mais en fait, ne devrions-nous pas tous être des fans transis de Future ?

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