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A-WAX - Pushin' Keyz

, 23:19 - Lien permanent

On a cru un moment, au bout de quinze d'années de présence sur la scène rap de la Baie, qu'A-Wax allait décrocher la timbale. A partir de sa mixtape Jesus Malverde, l'excellence de chacune de ses sorties fut remarquée, tout du moins ici, en France, un pays où, dans les cercles autorisés, il a bénéficié d'un certain succès d'estime. Mais au bout du compte, non, ça n'a pas pris. Le rappeur de Pittsburg est comme condamné à rester un inconnu, médiatiquement parlant. Son dernier album, Pushin' Keyz, semble d'ailleurs avoir fait long feu, alors même qu'il se présentait comme une suite à Pullin' Strings, le sommet de sa production récente.

A-WAX - Pushin' Keyz

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Sur cet album de 2014, A-Wax se proposait de pincer des cordes, exploitant sur tout le disque, avec réussite, des sons et des samples de guitares. Avec Pushin' Keyz, il poursuit l'aventure, mais en appuyant sur des touches, et en privilégiant donc l'usage du piano, pour bâtir ses morceaux, tout comme les interludes qui les séparent. Spontanément, opter pour un tel instrument paraît le bon choix pour A-Wax. Nul autre ne peut souligner à ce point la mélancolie inhérente au rappeur, cette attitude de gangster dépressif qui définit le rap des années 2010, qui en est même devenu un cliché, mais qu'A-Wax maîtrise mieux que beaucoup d'autres, comme il le prouve encore sur des titres intenses et puissants, "All About It" par exemple, et ceux, comme "Always Somethin'" et "Dead or in Jail", où il complète habilement ses couplets tristes et abattus par des refrains plus enflammés.

Mais étrangement, le piano est aussi une limite. Avec lui, A-Wax reste trop longtemps dans la morne plaine, il se complait dans la neurasthénie, sur des titres ennuyeux comme "Finessin'", il est le drogué entrainé dans sa lente descente de coke. Tout est si désolé, qu'on en vient à se satisfaire de l'irruption des invités. Les titres où ceux-ci participent sont parfois hors-sujet, ils se découvrent comme des cheveux sur la soupe. Mais ils sont aussi, bien souvent, plus énergiques. Ils nous réveillent. Ainsi de "Tony the Tiger", avec E Bang, de la conclusion idéale qu'est ce "Lemons" chargé de chœurs à l'accent soul, avec le même, et de la trap music tournoyante et fofolle de "100 Round Handgun", avec Frenchie et Boss Top. Tous ces titres relèvent Pushin' Keyz, ils contribuent à en faire un autre bon disque signé A-Wax. Mais ils confirment qu'il n'a pas renouvelé l'exploit de Pullin' Strings : livrer un album intime et monolithique, mais formidable d'un bout à l'autre.

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