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RICK ROSS - Ashes to Ashes

, 23:25 - Lien permanent

L'année 2010 a été particulièrement riche en pour Rick Ross. Elle a été son apogée, en quelque sorte, avec la sortie d'un album, Teflon Don, et de deux mixtapes de premier choix, le Albert Anastasia EP, et puis Ashes to Ashes. Tous étaient marqués par la contribution du producteur le plus en vue de l'année, Lex Luger, et les deux mixtapes étaient à la hauteur de disques officiels, tant par le contenu, que par la qualité de l'enregistrement. Peut-être, pour être juste, faut-il préciser que le second projet, sorti au moment de Noël, se montrait au-dessous de son retentissant prédécesseur. Mais il avait aussi quelques atouts précieux.

RICK ROSS - Ashes to Ashes

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Comme le Albert Anastasia EP, Ashes to Ashes conciliait les deux faces, complémentaires, du gros gaillard de Miami : on y trouvait tantôt des gros titres qui tapent avec violence, tantôt d'autres, plus doucereux, penchant avec danger vers le R&B le plus douteux. Mais dans tous les cas, c'était toujours la même mise en scène du personnage Rick Ross, de ce gangster ultime, de ce père de tous les mafieux, luisant de mille feux, étincelant de démesure et de forfanterie. Les hymnes à sa personne explosaient avec fracas, et avec humour, toutes les limites du bon goût. Ses paroles en forme de slogan confinaient au n'importe quoi ("I'm smokin' dope! I'm on my cellphone!" – hein ?). Mais comme toujours, la voix de stentor du rappeur faisait tout passer, elle portait chaque morceau, chaque beat.

Les fanfaronnades en moins, on avait toujours pensé à Barry White en écoutant le timbre grave et suave de Rick Ross, en voyant sa capacité à tout faire reposer sur sa voix (et aussi, en constatant sa corpulence). Or, justement, le rappeur s'inventait ici un duo posthume avec le chanteur, samplant son "I'm Gonna Love You Just a Little More Baby" sur "Even Deeper", et se plaçant ainsi comme son égal. Ailleurs, sur "She Crazy", c'est Aaliyah que Rozay sortait de sa tombe, afin de satisfaire ses fantasmes artistiques et de réaliser ses rêves de grandeur.

Ce n'est pas ces deux titres, cependant, qui retenaient l'attention sur Ashes to Ashes, pas plus que ce mollasson "Retrosuperfuture", avec Wiz Khalifa, ou "Ashes to Ashes", le morceau éponyme de la mixtape. Non, la bonne pioche, c'était plutôt "9 Piece", avec T.I., une tuerie produite par Lex Luger, dans la droite ligne des redoutables "MC Hammer" et "B.M.F.", ainsi que le conclusif "Another One", un morceau des Bugatti Boyz, le duo formé par Rick Ross avec Diddy. C'était aussi, dans une moindre mesure, "Black Man’s Dream", avec Ludacris, et "10 Bricks", avec Birdman, l'homme de tous les bons coups. Ou bien, sur le versant le plus mélodique du rappeur, c'était ce "Play Your Part" au joli refrain, avec deux protégés de Maybach Music, Wale et Meek Mill. C'était tout cela, emballé de main de maître par le gros papa Rozay, qui nous faisait terminer l'année en beauté.

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