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THE DAYTON FAMILY - Charges of Indictment

, 22:21 - Lien permanent

Quelles raisons y auraient-ils eu en 2011 de s'intéresser au énième album, le huitième pour être précis, d'un groupe vétéran du rap, issu certes de l'époque dorée des années 90, mais qui n'a pour autant jamais occupé le premier plan ? Peu, il faut croire, le Charges of Indictment de la Dayton Family n'ayant pas été couvert outre-mesure par la critique. Il y eut une exception cependant, le magazine Spin, qui a eu la bonne idée de placer ce disque en bonne position dans son classement de fin d'année, et qui a fait ainsi un choix judicieux, tant cet album, par son entrain et son énergie, en remontre à la jeune génération.

THE DAYTON FAMILY - Charges of Indictment

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Le truc de la Dayton Family, ça a toujours été un gangsta rap exacerbé. Logique pour un trio qui porte le nom d'une avenue coupe-gorge de sa bonne ville de Flint, dont la composition n'a jamais été stable du fait de séjours en prison, et qui s'est fait connaître dans le Sud, bien qu'issu du Michigan, via une compilation manifeste du label No Limit, Down South Hustlers (1995). Ajouté à cela le fait qu'ils soient passés sur les labels de quelques figures notoires du hip-hop le plus morbide et le plus tordu, celui d'Esham par le passé, le Hatchet House de l'Insane Clown Posse aujourd'hui, et l'on peut se faire une idée du type de rap, violent et sauvage, pratiqué aujourd'hui par Bootleg, Shoestring et Backstabba.

Cette idée prend une forme plus concrète quand on écoute cet album ouvert par de rituels coups de feu, et où les trois rappeurs nous parlent tour à tour de tueurs de prostituées (le redoutable "Prostitute Killa") et autres psychopathes ("Murder"), d'absorption massive de drogues ("Pill Pop'n", avec Gucci Mane) et d'une ville, la leur, soumise à la violence et au crime (le dévastateur "Murder City"), le tout sur des instrus virevoltantes. C'est tellement Grand-Guignol que ça vire à la farce, comme avec "Cocaine", une parodie du générique de la série Cheers, dont le célèbre "sometimes you want to go where everybody knows your name" est changé en "sometimes I wanna go where everybody sells cocaine".

Ce dernier n'est pas leur titre le plus mémorable, mais il est représentatif de cet album dominé par des excès stylistiques horrorcore et par des raps pêchus. Il est symptomatique de ce disque qui, exceptées les mochetés R&B ou chantées habituelles ("Live my Life", "Sunshine") et quelques autres titres en pilotage automatique, est porté par le feu sacré qui habite parfois les brutes les plus épaisses. Avec Charges of Indictment, ces vétérans nous prouvaient, au début des années 2010, que les disques de gangsta rap qui culbutent et qui cognent n'étaient pas l'apanage exclusif de jeunes pousses à la Waka Flocka Flame.

Vos 5 albums / mixtapes 2011

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