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LIGHTSHOW - Get Well Soon

, 23:13 - Lien permanent

Dans cette géographie du rap renouvelée qui est celle des années 2010, sur cette carte alternative de l'Amérique où Atlanta est la capitale, où New-York et Los Angeles ont perdu de leur superbe, et où Chicago est aujourd'hui une place forte, Washington a également gagné sa place. La capitale, autrefois marginale dans le rap en dépit d'un substrat sociologique favorable (une population afro-américaine défavorisée conséquente), a fini par imposer ses rappeurs maison à l'ensemble de la nation hip-hop. Outre Wale et, dans une veine plus adulte et classique, Oddisee, citons bien sûr Fat Trel et Shy Glizzy. Et puis, pas très loin d'eux, Lightshow.

LIGHTSHOW - Get Well Soon

Autoproduit :: 2013 :: télécharger la mixtape

Comme Glizzy, c'est près de Wale que Lightshow s'est fait un nom, lui volant la vedette sur le titre "Georgetown Press", issu de la mixtape Folorin (2012). La même année, il a partagé la vedette avec Chief Keef sur "Cash", un posse cut des Slutty Boyz, le crew de Fat Trel, sur une mixtape de Dew Baby, Dew Jack City. Enfin, toujours en 2012, il est passé par la nécessaire case des faits divers, terminant à l'hôpital après un cambriolage. Toute cette actualité a alors mis Lightshow en avant, et il a capitalisé en sortant l'autobiographique Life Sentence. Ce n'est cependant pas avec cette mixtape, ni avec une suite sortie en 2014, que le rappeur de DC aura frappé le plus fort, mais avec celle de 2013, Get Well Soon.

La force de Lightshow, ce n'est pas le côté allumé qui a réussi à Shy Glizzy, d'ailleurs présent ici, sur l'entêtant "Irons". Ce n'est pas l'ironie ni la fragilité, mais plutôt un rap qui vous saisit à la gorge. C'est l'aspect dangereux du street rap habituel, le rituel du vilain dealer qui vous invite à venir goûter ses produits ("Taking Order"), mais sublimé par une voix haut-perchée qui respire l'urgence et la faim, et des mots presque postillonnés, expectorés avec rage et envie.

Avec son "Can't Hear Shit" possédé, la mélodie de "Went to Sleep", le rouleau compresseur d'un "Chicken Nuggets & Fries" pour moitié chanté, la ritournelle dans le plus pur style ignorant rap de "Tryin Get Rich", les synthés et pianos enflammés de "You Bleed Too", les jolis "ah ah" de Chanell Mouslon sur "When They Come For Me", et même, un peu au-dessous, le refrain de Shane Alexander sur "I'm On It", cette mixtape dépote. Get Well Soon, dont le seul tort est une baisse de régime dans sa deuxième moitié (à cause d'horreurs comme "Clientele" et "Where I Come From"), est rempli d'hymnes de rue proches de la perfection.

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