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TREE - Sunday School II - When Church Lets Out

, 22:31 - Lien permanent

Il y a deux sortes de mixtapes réussies. Celles qui captent les rares moments d'inspiration de rappeurs moyens, mais qui se montreront finalement sans suite. Et puis il y a les autres, celles qui annoncent de vrais nouveaux talents, celle grâce auxquelles on découvre des artistes avec un grand "a", capables de reproduire plusieurs fois le même exploit, voire de le dépasser. Le Sunday School de Tree, sensation 2012 au sein de la blogosphère rap, pourrait bien appartenir à cette seconde catégorie. Sa suite immédiate, en effet, est une totale confirmation.

TREE - Sunday School 2 - When Church Lets Out

Creative Control :: 2013 :: télécharger la mixtape

Sunday School II, d'abord, est mieux produit que son prédécesseur. Le mix est plus convaincant, on approche de la qualité d'un album ; la mixtape a beau être distribuée gratuitement, la compression est limitée au strict minimum. Aussi, tout cela a cessé d'être une entreprise artisanale et solitaire, Tree s'étant entouré d'un nombre conséquent de producteurs et de MCs, parmi lesquels des gages de qualité comme le voisin de Detroit Danny Brown et le revivaliste new-yorkais Roc Marciano. Enfin, le rappeur de Chicago a donné un thème d'ensemble à cette sortie, celui de la messe dominicale, dont elle suit la structure rituelle.

La messe, oui, parce que Tree, comme avec la mixtape précédente, perpétue ici le thème primordial de la musique afro-américaine : ce conflit éternel entre le sacré et le profane, entre le péché et la rédemption. Il le souligne d'entrée par le contraste entre l'orgue d'église et les cliquetis d'armes de "Safe to Say". Car tel est le sens de son genre à lui, le soul trap : cet homme installé vivant honnêtement de ses talents commerciaux et célébrant sa réussite ("Most Successful"), ne renie pas son passé de jeune dealer de crack qui a grandi dans l'un des quartiers les plus dégradés de Chicago. Tree aime à entretenir cette ambigüité, il la projette aussi sur les personnages de ses raps, comme la femme libérée dépeinte sur "So Bad".

Tout cela, associé à sa voix rauque de bluesman fou, couplé aussi avec son mélange personnel de voix samplées accélérées et de motifs rythmiques issus du trap rap d'Atlanta, c'est ce qui reste constant avec Tree. Ce qui s'améliore, en revanche, c'est la consistance d'ensemble de cette sortie. Seul un ventre mou formé par "Say How U Feel" et "Hurt", et ce "Thankful" où son soul trap tourne à la formule, peinent à convaincre. Le reste est bourré de temps forts : le traitement incroyable du "Can’t Help Falling In Love With You" d'Elvis sur "The King", les chœurs de "Devotion" (l'ex single "Get It"), les morceaux finaux, ceux précisément qui flirtent le plus avec le Sud Sale, voire avec la drill music locale, sont tous une raison suffisante pour que Tree, en 2013, récolte une attention universelle.

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