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SERENGETI - Family and Friends

, 23:14 - Lien permanent

Cela fait un moment déjà que Serengeti traine ses guêtres dans le milieu rap indé. Depuis Dirty Flamingo en 2003, il a même été particulièrement prolifique, allant jusqu'à sortir 4 albums en 2006, dont le conceptuel Dennehy. Longtemps, le rappeur de Chicago, David Cohn de son vrai nom, est resté un second couteau, mais à force de persévérance, il s'est fait un trou, passant chez Anticon à l'occasion de son deuxième duo avec Polyphonic, Terradactyl (2009), formant un trio appelé S / S / S, avec Son Lux, du même label, et Sufjan Stevens, et sortant finalement, en 2011, son album le plus accessible et le plus séduisant.

SERENGETI - Family and Friends

Anticon :: 2011 :: acheter ce disque

Family and Friends ne jure pas chez Anticon. Cet album est même, quelque part, un retour aux fondamentaux pour ce label emblématique de l'indie rap, qui s'est diversifié au fil du temps dans tous les genres imaginables. D'abord, il y a les paroles de Serengeti, davantage dans le registre des singers-songwriters des années 70, avec ses histoires de problèmes relationnels (père-fils sur "Long Ears", amant-maîtresses sur "Godammit"), que dans les fanfaronnades habituelles au rap. L'interprète ne se vante pas, il ne collectionne pas les attaques et les offenses, mais il parle des fêlures et des soucis de la vie quotidienne, jouant des personnages distincts, sur un ton proche du spoken word, voire de la conversation, comme avec ce "The Whip" où il nous fait part des états d'âme d'un champion d'arts martiaux. Bref, Serengeti livre du rap adulte, le cœur à vif. Mais il n'est jamais ennuyeux, humour et cynisme aidant, comme sur ce "California" qui joue pleinement du contraste entre ses paroles de dépressif et un refrain lumineux, optimiste et très californien, précisément.

La musique, justement, est pour beaucoup dans la qualité de l'album. Là encore, avec adresse, ce disque revient à la base du rap indé, ou plutôt de cette portion du rap indé qui aime à se mélanger avec son homonyme rock. Il y a du boom bap sur Family and Friends, et de bonnes vieilles boucles, mais doublées d'une instrumentation variée, orchestrée, de nombreuses mélodies, d'un esprit lo-fi, voire de quelques chants, assurés notamment par Yoni Wolf de Why?, avec sa voix nasillarde caractéristique. C'est aussi ce dernier qui produit une bonne partie des titres, partageant la tâche avec Owen Ashworth (alias Advance Base, ex Casiotone for the Painfully Alone), et cela se ressent. Car Family and Friends, par ses beats, par ses bidouillages bringuebalants, par son storytelling, par ses thèmes extraordinairement ordinaires, par son ironie douce, et jusque par sa durée très courte, par ce côté inachevé, esquissé, sonne parfaitement comme du Why?. Et souvent, irrésistiblement, comme du très bon Why?.

Vos 5 albums / mixtapes 2011

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