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MICRANOTS - Obelisk Movements

, 22:33 - Lien permanent

Les Micranots avaient beau être basés à Atlanta, leur musique n'avait pas grand chose à voir avec le Dirty South environnant. A cela, rien d'étonnant. Le duo, en l'an 2000, n'était basé au Sud que depuis peu. Il était né en fait en Californie, et le MC, I Self Devine avait vécu quelques temps à Minneapolis, où il s'était lié au collectif Headshots, et avait participé avec Slug à l'aventure Dynospectrum.

MICRANOTS - Obelisk Movements

Sub Verse :: 2000 :: acheter ce disque

Quant à leur son, il se montrait plus proche de la dureté et de l'expérimentalisme de l'underground new-yorkais que de la musique extravertie de leurs voisins. C'est en tout cas ce que dévoilait Obelisk Movements, un album sorti après bien des péripéties sur Sub Verse, le label de l'ex Co-Flow Bigg Jus, alors qu'il était prévu à l'origine sur 3-2-1 Records, celui désormais clos des Chicagoans de Ruberoom.

Le titre obtus de cet album, les Micranots l'expliquaient de diverses façons. Tantôt, l'obélisque était comparé au diamant de leur platine, tantôt il symbolisait un hip-hop solide et droit, mais prompt au mouvement, dans la plus pure idéologie indé. Cette dernière explication donnait un aperçu assez fidèle du contenu de ce disque construit d'un bloc autour d'une rythmique puissante et tenace, de discrètes bizarreries et du phrasé haletant, offensif, hardcore et déclamatoire d'I Self Divine.

Une fois posées ces bases, cependant, les Micranots s'accordaient toutes les variantes possibles : sur "Pitch Black Ark" c'était une trompette interrompue par une musique façon film à suspens, sur le conclusif "Exodus" c'étaient des sons de cloches que Kool Akiem parvenait à rendre mélancoliques, sur "Visualistik" des accents latinos, sur "Monuments" des délires de DJ, sur "Analyze" des percussions complexes, sur "Critical" de l'electro, sur "Culture" le dialogue saisissant entre une contrebasse et des sons synthétiques, sur "Preparations" un piano entêtant, sur "The Willie Lynch" un orgue génial et des raps (presque des cris) féminins, et "Balance" avait ces accents futuristes qui caractérisaient le rap indé en l'an 2000.

Les percussions lourdes, les scratches et les synthés de Kool Akiem remportaient presque toujours la partie. Tout comme la façon originale avec laquelle I Self Devine lâchait et combinait ses mots, un à un, et abordait des thèmes (l'hypocrisie des politiques anti-drogues sur "Illegal Busyness", les divisions néfastes du peuple noir américain sur "The Willie Lynch", etc...) qui se rapprochaient de ce que le vrai rap conscient et pro-black devrait être ou aurait dû rester. En tout point, donc, Obelisk Movements impressionnait, assurant sa place comme l'un des meilleurs albums rap de l'an 2000 et comme classique du mouvement indé.

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