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J-ZONE - Pimps don't Pay Taxes

, 22:54 - Lien permanent

Après deux EPs très prisés dans l'underground, Music for tu Madre (1998) et A Bottle of Whup Ass (2000), le cynique J-Zone avait enfin signé un véritable album en 2001. Sur ce troisième disque, le MC et producteur new-yorkais effectuait la synthèse des deux précédents, recyclant quelques vieux titres et cultivant une fois encore son personnage de dilettante antipathique et libidineux, toujours accompagné de ses deux comparses, les rappeurs Huggy Bear et Al-Shid.

J-ZONE - Pimps don't Pay Taxes

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Chaque titre de J-Zone, comme ces interludes disséminés tout au long de l'album, à la manière de Prince Paul, était prétexte à une saynète humoristique qui illustrait l'amoralité, le je-m'en-foutisme et les vices de son personnage. Dès la fausse interview de "Q&A", le rappeur signalait que son activité sexuelle l'intéressait davantage que sa carrière de rappeur, ce qu'il s'employait ensuite à démontrer, dans un mélange truculent de misogynie et d'autodérision.

Avec "You Block, You Bleed", par exemple, il se plaignait d'un fan de hip-hop abruti, adepte de beatboxing, qui venait de lui faire perdre un bon coup ("t’as fini de me cracher dessus ! ... Tu casses mon coup : je te saigne !"). Sur "The Trojan War", il se prononçait contre les capotes. Plus tard, sur "Old Maid Legal Aid", J-Zone réalisait, effrayé par la perspective de croupir en taule, qu’il avait couché avec une mineure ("mais bon sang, comment j'aurais pu deviner, elle avait le cul de Jennifer Lopez !"). Ailleurs encore, il imaginait avec Huggy Bear une journée où aucun de ses actes n'aurait de conséquence ("No Consequence").

Rien qu'avec ses paroles vicelardes et effrontées, J-Zone se montrait drôle comme tout. Mais il était aussi un producteur astucieux, avec sa patte à lui, faite d'ambiances délicieusement rétro, de beats aux airs de fête foraine (légers samples d'orgue de barbarie, de violons aigres-doux et d'accordéon), et il n'avait pas son pareil pour livrer de petites ritournelles rap accrocheuses et craquantes, à rebours de l'ambiance noire, très funcrusher, de l'indé de l'époque.

C'est sans doute à cause de cela, de cet humour, de ces sons joyeux, mais aussi de ses paroles politiquement incorrects, contraires à celles d'un underground alors en croisade contre les rappeurs bling-bling et gangsta, que J-Zone n'a pas su capitaliser sur des critiques pourtant très favorables, et que sa carrière a été ce demi-échec dont il a rendu compte dans son livre de 2011, un Root for the Villain aussi malin et savoureux que ce premier album.

Vos 5 albums / mixtapes 2001

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