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FAT TREL - April Foolz

, 23:27 - Lien permanent

La capitale des Etats-Unis n'a jamais été celle du rap. Pendant longtemps, en effet, les MCs s'y sont montrés rares, Washington restant plus attachée à sa musique locale, la go-go, qu'à ce hip-hop venu d'ailleurs. Mais la situation a évolué ces dernières années, quand le Britannique Mark Ronson a facilité l'émergence de Wale, devenu la star locale, puis quand ce dernier a parrainé à son tour Fat Trel, l'invitant à participer au titre "The Posse Cut (Who Don't)" sur sa mixtape de 2010, More About Nothing, l'accompagnant sur ses propres sorties, comme la remarquée No Secrets, et l'associant à son écurie, la Board of Administration, ou BOA.

FAT TREL - April Foolz

Autoproduit :: 2011 :: télécharger la mixtape

L'alliance entre les deux rappeurs les plus éminents de DC n'a cependant pas duré. En 2011, le gros Martrel Reeves (c'est son vrai nom) apprit à la radio qu'il ne faisait plus partie de BOA, quelques jours à peine avant de sortir, le 1er avril, la mixtape April Foolz. Et à écouter cette dernière, où ni Wale, ni Black Cobain n'étaient plus présents (sinon via une brève dédicace), où le ton comme la musique se montraient plus énergiques, plus fiers et plus barbares que jamais, et où les tubes ("Respect Wit the Tech", "All Krazy", "Y'all Niggas Ain't Real") étaient fréquents, cette séparation s'avérait plutôt une très bonne chose.

Sur cette sortie pétaradante, Fat Trel se présentait comme une version washingtonienne de Waka Flocka. Il en avait la dégaine, déjà, avec ses dreadlocks et ses tatouages, mais désormais, il en avait aussi le beatmaker. Lex Luger, en effet, produisait deux titres, dont un "Respect Wit the Tech" d'anthologie, l'une de ces tornades dévastatrices dont il a le secret. Ailleurs, à un "Angel" R&Bisant près, le duo local The Bassheadz ne sonnait pas autrement avec ses synthés rutilants, ses bruits de mitraillettes et ses bris de vitres. Et même quand Fat Trel s'exprimait sur des beats contraires à tous ceux là, par exemple sur de l'Araab Muzik ("Honey I'm Home"), sur l'adult rap mou-du-genou de J. Cole ("Live My Life") ou sur le saxophone sirupeux du bon "My Silencer", il s'appropriait sans mal ces registres.

Fat Trel avait autrefois décidé de se mettre au rap après s'être fait tirer dessus, pour tourner le dos à la rue. C'est pourtant bien cette expérience passée qui nourrissait April Foolz, via le tryptique habituel, drogue, argent et filles faciles (strip-teaseuses et prostituées, de préférence). L'abordant de la manière enflammée et menaçante qui convient, il prouvait ici qu'il n'avait rien à redouter du divorce avec Wale. Des labels ont d'ailleurs continué à le courtiser, et il a trouvé bien vite des copains plus en phase avec lui, Alley Boy et le vétéran Master P, avec lesquels il a fondé le Louie V Mob. Si bien qu'aujourd'hui, le vrai rappeur important de Washington DC, c'est lui. Et ce n'est pas un poisson d'avril.

Vos 5 albums / mixtapes 2011

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