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ALLEY BOY - War Cry

, 11:39 - Lien permanent

Alley Boy a beau être sous contrat avec Atlantic, il ne néglige pas ses mixtapes pour autant. Ses mixtapes, d'ailleurs, déclare-t-il en présentant War Cry, sa toute dernière, sont en fait des albums. Il les traite avec le même soin, le même professionnalisme, qu'un véritable disque, sélectionnant dans sa production prolifique les titres qui lui paraissent les meilleurs. On peine pourtant à le croire, à écouter les 22 plages de cette dernière livraison gargantuesque, qui venue compléter ces Definition of Fuck Shit 1 et 2, Purgatory, Nigganati et The Gift of Discernment grâce auxquels il a bâti sa réputation, ces trois dernières années.

ALLEY BOY - War Cry

Duct Tape Entertainment :: 2013 :: alleyboy.com :: télécharger la mixtape

War Cry a beau regorger de collaborateurs, parmi lesquels les compères usuels d'Alley Boy (Trouble, Veli Sosa), ses collègues du Louie V Mob (Fat Trel et Master P), quelques hommes en forme du moment (Future, Meek Mill, Kevin Gates, Starlito, Young Scooter), des producteurs importants (Young Chop, Key Wane, Havoc de Mobb Deep), certains n'ont pas manqué de lui reprocher sa longueur excessive et son monolithisme. Il est vrai qu'Alley Boy, sur cette mixtape, ne nous laisse pas respirer. Le chef de file de Duct Tape ne rappe quasiment que sur un seul mode : menaçant, agressif, belliqueux. Après s'en être pris à ses aînés d'Atlanta, T.I. et Young Jeezy, il continue à déverser sa bile, à attaquer ses ennemis sur "Hate in Dey Face", à s'acharner sur ceux qui l'ont trahi sur "See The Signs", à les poursuivre jusque chez leurs mères sur "Mama's House".

Seul le touchant "Love You" se distance des paroles hostiles et vindicatives de cette sortie, Alley Boy y sacrifiant à la mode du gangster vulnérable. Le sirupeux "All I Do", la curiosité "RNGM", le lent "I'm That", les mélodiques "Cocaine", avec Fat Trel, et "Long Haul", avec Kevin Gates et Starlito, s'émancipent aussi des synthés clinquants qui dominent l'ensemble. Mais pour le reste, War Cry n'est que ce qu'il annonce : un cri de guerre, émanant d'une jungle urbaine, d'une zone de conflit, où la tricherie et l'hypocrisie règnent ("No Love"), où tout est mal et noir ("Bad"), où seul le deal de drogue est digne de respect ("Cocaine"). Cet aspect lourd, monomaniaque, unidimensionnel, c'est la tare de War Cry, sa limite, d'autant plus que les tubes s'y font plus rares qu'avant. Mais c'est aussi sa force, ce qui en fait un album en soi, ciblé, déterminé, presque homogène.

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