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UGK - Ridin' Dirty

, 23:34 - Lien permanent

UGK signifiait Undergound Kings. Et Pimp C comme Bun B ont été cela pour de bon : les rois du gouffre. Ils auront été le plus grand groupe d’une scène texane fertile, juste après les Geto Boys, qui ont eu la chance d'être exposés plus tôt. Il aura fallu, en effet, attendre le triomphe du Dirty South dans les années 2000, pour le duo soit couronné pour de bon, et révéré dans tous les Etats-Unis. Pourtant, dès la décennie 90 et leurs premiers albums, son art était à maturité.

UGK - Ridin' Dirty

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Tous n’ont pas reconnu tout de suite le talent d’UGK. Considéré aujourd’hui comme leur meilleur, il faut admettre que ce troisième album, par exemple, contenait des titres dispensables, comme ce "Pinky Ring" funky mollasson. Vu de loin, il se démarquait peu du registre dominant à Houston et alentour : c’était du rap de gangsters qui œuvraient à des heures indues ("3 In The Mornin'"), qui arboraient des flingues ("That's Why I Carry"), qui étaient prêts au meurtre ("Murder") et qui appréciaient les virées en voitures ("Diamonds & Wood"), des voitures qui étaient le principal appât de leurs groupies, d’après "Fuck My Car". Tel était d’ailleurs le sens de "ridin’ dirty" : être au volant d'un véhicule chargé d’armes et de drogue, passe-temps préféré des Texans les moins fréquentables.

Cependant, ce gangsta rap là savait vous prendre par les tripes, dès cet admirable "One Day" où, avec le mésestimé 3-2, nos rappeurs se lamentaient sur la perte de proches emportés par une existence dangereuse et violente. Ils y réussissaient d'autant mieux que tout l'album bénéficiait d'une production extraordinairement souple, bâtie par un Pimp C qui, fort de son passé de "vrai" musicien, avait su garder l’oreille fine. Le duo de Port Arthur, en effet, ne serait pas devenu une telle référence sans la présence forte du lourd héritage de la great black music, de cette soul née pas bien loin de chez eux, sans ce feeling très organique perceptible sur "Hi-Life", ainsi que sur "Ridin’ Dirty" et derrière le spoken word de cette longue et délicate "Outro", ou dans les chants suaves qui parsemaient de nombreuse plages, notamment celui de Ron Isley sur ce "One Day" décidément splendide.

C'était par cette démarche, qui poussait plus loin celle lancée par les Californiens avec leur g-funk, c'était par ces beats chargés d’un lourd passé musical qu’ils partageaient avec Outkast, Goodie Mob ou Eightball & MJG, que les deux compères d’UGK gagnaient leur place parmi les grands groupes fondateurs du Dirty South.

Vos 5 albums / mixtapes 1996

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