KOOL G RAP & DJ POLO - Wanted: Dead or Alive
Par codotusylv le mercredi 22 février 2012, 23:12 - Hip-Hop - Lien permanent
C’est sous le parrainage de Kool G Rap, et en l’invitant à en rédiger sa préface, que l’universitaire Paul Edwards a publié il y a quelques années How To Rap, un livre qui, comme son nom l’indique, passe en revue les différentes techniques de emceeing. Ce choix ne pouvait pas être plus judicieux. Le "Kool Genius of Rap" a bien été l’un des plus grands rappeurs de l’histoire. Il a été de ceux, à égalité avec Rakim, qui ont marqué le Golden Age en faisant accomplir des bonds prodigieux à l’art de déclamer des rimes.

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Le premier album de Kool G Rap et DJ Polo, Road to the Riches, avait été très bien reçu. Mais le MC et son DJ attitré ne donneraient le meilleur que sur les deux suivants, à commencer par Wanted: Dead or Alive. Celui-ci, en effet, se montrait plus riche, plus varié que son prédécesseur, niveau beats tout d’abord, puisqu’en plus de Polo et de l'habituel Marley Marl, fondateur de ce Juice Crew auquel appartenait Kool G Rap, deux autres figures légendaires s’étaient penchées sur la production, Eric B et Large Professor.
Il est d’ailleurs difficile de ne pas reconnaître la touche de ce dernier sur l’introductif "Streets of New York", la perle de l’album avec sa percussion lourde, ses subtiles touches de piano, son solo de saxo. Le leader de Main Source n’était sans doute pas pour rien non plus dans le tempo ralenti de certains titres, qui contrastait avec le rythme trépidant et les scratches furieux des autres, d’essence plus old school, et qui permettait de goûter encore mieux au flow du rappeur. Et pour agrémenter davantage encore le disque, on faisait même un tour dans le club, le temps d’un "The Polo Club" hip-house.
Côté thèmes, aussi, Kool G Rap étoffait son répertoire. Il était toujours question de démontrer sa virtuosité par d’habituels exercices battle, sur "Play It Again, Polo", "Bad to the Bone", "Kool Is Back" et "Play it Kool". Mais le rappeur pouvait aussi donner dans le sex rap sur ce "Talk Like Sex" empreint d’une misogynie de saison, ou au contraire se faire engagé sur "Erase Racism", avec ses compères du Juice Crew, Big Daddy Kane et Biz Markie.
Surtout, Kool G Rap marquait l’entrée définitive dans la décennie 90, "Streets of New York" préfigurant l’ambiance sombre du rap hardcore new-yorkais, "Money in the Bank" flirtant avec le registre criminel et "Death Wish" traitant de mort et de violence. Quand on comparait tous ces titres à "Rikers Island", un vieux morceau produit exclusivement par Marley Marl, et placé curieusement en fin de disque, on ne pouvait que mesurer la vitesse affolante à laquelle des pointures comme Kool G Rap faisaient alors bouger le rap.
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