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GUCCI MANE - Murder Was the Case

, 15:45 - Lien permanent

Ils doivent se cacher maintenant, ces bien-pensants qui, autrefois, avaient pensé que le style gangsta n'était qu'une passade, une crise de croissance pour le rap. Car aujourd'hui, "rappeur" signifie encore "criminel" pour beaucoup de gens, qu'ils soient allergiques au rap ou des fans acharnés. Ca s'est même empiré, à en juger par ce trap rap qui a dominé la fin des années 2000 et dont Gucci Mane est l'un des éminents représentants, et à considérer son casier judiciaire long comme le bras, où il est question de tentatives de meurtre.

GUCCI MANE - Murder Was the Case

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Oui, mais voilà. Comme il y a vingt ans, les gangsters mènent la barque et ils demeurent imperméables à la critique. Et pourtant, des critiques, il y en a eu à l'encontre de Gucci Mane, à qui l'on a reproché, entre autres, de ne pas avoir l'aisance verbale des virtuoses "côtiers". Et en ce qui concerne ce Murder was the Case, certains même de ses supporters ont eu la dent dure, ayant peu goûté ce disque vite enregistré, jugé moins essentiel que quelques unes des mixtapes avec lesquelles le rappeur d'Atlanta nous abreuve continument. L'auteur lui-même a reconnu ne pas y avoir mis beaucoup de soin, soucieux de se débarrasser au plus tôt d'un contrat encombrant avec le label Big Cat.

Et pourtant, il était plutôt bien, cet album. Si l'on oublie des "Cuttin Off Fingaz" et "Gangs" dispensables, on y trouvait tout ce qu'il faut aimer chez Gucci Mane : ces synthés tour à tour clinquants ("Runnin' Back"), virevoltants ("Stoopid"), triomphants ("Yella Diamonds"), symphoniques ("Block Party"), épiques ("Say Damn"), voire atmosphériques ("Hot!") ; ce débit lent et pesant ; ces "yeeeaaah" paresseux et du meilleur effet, qui ponctuent chaque morceau, leur donnant un air délicieusement insolent ; et bien sûr, cette rhétorique de gangster patenté et sans remord, qui ne s'intéresse qu'à son fric mal acquis et qui ne s'embarrasse pas de subtilités, affirmant des choses aussi explicites que "yeah je vole, et yeah je fume, je bois et je gobe des drogues" ("Block Party").

A tous ces exercices, coutumiers chez Gucci Mane, s'ajoutaient quelques titres singuliers. Le premier était "Murder for Fun", une escapade ragamuffin effroyablement noire, où il s'en prenait à nouveau à son vieil ennemi, Young Jeezy. Un autre était "Neva Had Shit", où l'on restait en Jamaïque le temps d'une instrumentation reggae. Et le plus fort était le morceau conclusif, un "Shittin' Onum" malsain et malodorant, qui poussait le bon goût jusqu'à sampler des bruits de mouches et les interjections improbables issues de quelque film, concluant un Murder Was the Case qui, décidément, n'était vraiment pas si mal.

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