Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

ELIGH - Poltergeist

, 22:34 - Lien permanent

En 2003, Eligh Nachowitz n'en était pas à son coup d'essai. Toute connaisseur hip-hop avait déjà pu goûter à ses recommandables As They Pass (1996) et Gas Dreams (1999). Cette fois, pourtant, il avait les cartes en main pour passer à la vitesse supérieure. Grâce à la notoriété de son groupe, les Living Legends, auxquels la signature récente de Murs chez Def Jux apportait un supplément de publicité ; grâce aussi à ce remarquable Poltergeist, un disque solide, constant, habité et poétique, supérieur en tout point à ses prédécesseurs.

ELIGH - Poltergeist

G&E Records :: 2003 :: acheter ce disque

La recette avait peu évolué. En parfait homme à tout faire, Eligh s’occupait de tout, comme toujours. Les paroles, les beats et la pochette (immonde, comme d'hab') étaient de lui. Son phrasé, affûté et rapide, dominait le disque. Tout juste quelques comparses des Living Legends (Bicasso, Murs, The Grouch, PSC, Sunspot), un autre acteur clé de l'underground californien, Abstract Rude, ainsi que sa propre mère, la chanteuse Jo Wilkinson, venaient-ils l’épauler ci ou là.

Il y avait pourtant un truc en plus, sur Poltergeist. Du soyeux "Pattern Traps" au trépidant "3 Minute Rip Down", Poltergeist dévoilait, avec ses teintes électroniques, son refus de la routine des boucles, ses passages délicats ("A Poet Sits"), une diversité, une ampleur, plus affirmés qu’auparavant. Marqué par les addictions d'Eligh à la drogue et à l'alcool, c'était aussi un album plus noir, presque glauque, auquel la présence de guitaristes sur quelques titres, Robert Miranda et John O'Kennedy, apportait un supplément de musicalité.

Eligh s'y montrait d’aligner de véritables hits, avec la suite formée par "Ancient Grandfather", le mélodique "The Mountain" et, avec Bicasso, le dansant et bien nommé "Funk". Ou au contraire, avec cette fin profonde et paisible, il se posait et jouait sur la corde sensible ("M.I.C.helle", "To Angela The Last Love Song", "Meditation" et surtout "A Poet Sits"). Poltergeist semblait alors être la grande oeuvre du rappeur, son opus magnus. Le suivant, Enigma, lui serait pourtant supérieur encore, poussant à son terme la logique, poursuivant l'évolution d'Eligh vers un hip-hop toujours plus riche, mystique et musical, avant que ses sérieux problèmes de drogue n'entament sa créativité pour plusieurs années.

Vos 5 albums / mixtapes 2003

Désignez vos 5 albums ou mixtapes rap préférés de l'année 2003. Les résultats seront révélés plus tard, quand un quorum satisfaisant de votes sera atteint.

Album / Mixtape #01

Album / Mixtape #02

Album / Mixtape #03

Album / Mixtape #04

Album / Mixtape #05

Évaluer ce billet

0/5

  • Note : 0
  • Votes : 0
  • Plus haute : 0
  • Plus basse : 0

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet