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CESCHI - They Hate Francisco False

, 22:38 - Lien permanent

Julio Francisco Ramos, alias Ceschi, est devenu tardivement un acteur central de l'indie rap. Basé dans le Connecticut, mais proche de la scène West Coast Underground, il a collaboré au fil du temps avec des gens aussi divers que Myka 9, Sole, Noah23, Bleubird et K-the-I???, et a su fédérer beaucoup de ces gens autour Fake Four, le label qu'il gère avec son frère David. Artiste multicarte, aussi à l'aise avec une guitare qu'avec son flow rap ultrasonique hérité du Project Blowed, il a donné avec une facilité confondante, via une multitude de projets (Anonymous Inc., Toca, Dead by Wednesday, Knuck Feast, Deadpan Darling), dans tous les genres musicaux imaginables : jazz rap, crunk, psyché, synth pop, metal ou encore folk.

CESCHI - They Hate Francisco False

Net31 / Revolver Distribution :: 2006 :: acheter ce disque

Son premier solo, Fake Flowers (2004), avait démontré ce côté touche-à-tout : il avait été, en effet, un patchwork invraisemblable d’idées, de styles et de fantaisies, un mélange de hip-hop, de pop et de plein d’autres choses, bourré de chants mélodieux comme de raps endiablés, entonnés en espagnol autant qu'en anglais. C'était alors un disque plaisant et imaginatif, mais ce côté foutraque le pénalisait. L'album suivant They Hate Francisco False, corrigerait cependant ce défaut.

Sur ce disque, Ceschi restreignait le spectre. Il limitait les thèmes et se concentrait sur des propos doux amers inspirés par une histoire d’amour déçue. Et comme pour accompagner ce genre de paroles, on n’a jamais trouvé mieux qu’une guitare acoustique et de jolies mélodies chantées, le frère Ramos proposait un disque quasi exclusivement pop rock, et très homogène. Les raps étaient encore là, parfois, avec ce phrasé toujours aussi rapide. Mais ils ne servaient que de complément, quand Ceschi souhaiter souligner son amertume par un peu de colère et d'emportement. Même chose pour les instruments, des synthés, un mélodica, des scratches, ainsi que ces cousines de la guitare que sont la mandoline et l'ukulélé. Eux aussi venaient épicer les chansons, sans contrarier la coloration pop de l’ensemble.

Et quand je parle de coloration pop, je ne force pas le trait. L’histoire de Francis le délaissé que nous contait Ceschi puisait au cœur même du genre : chez les Beatles. Plusieurs titres évoquaient fortement les Fab Four, et plus que tout le superbe début tout en mandoline triste et en nostalgie du très bon "Frank Propose". They Hate Francisco False était rempli de ces courtes mélodies d’une tristesse exquise, qu’il ait été question de noyer ses problèmes dans le sommeil ("Sleep", "Tiny Dream"), de déchéance humaine ("Shame"), d’avenir indécis ("Not Sure" en compagnie de la charmante Penny), de la mort ("CT Dead", avec un étonnant numéro de chant susurré par Xololanxinxo), de fin du monde (le posse cut "End of Skies" avec David Ramos, Shoshin et iCON the Mic King), ou du cœur du sujet, cet amour déçu qui inspirait tout ce disque ("Sweetest Friend"), l'un des plus secrets mais des plus remarquables de l'année indie rap 2006. Même s'il n'était pas vraiment rap.

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Commentaires

1. Le lundi 17 avril 2006, 19:22 par geL-

Ouais la chronique est vraiment juste. Plus je l'ecoute, plus je l'aime, donc ne désespérez pas ! Pour ceux qui ont lâché dès la première écoute, reprenez-là !

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