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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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THE D.O.C. - No One Can Do It Better

, 22:33 - Lien permanent

Le choc, la grande déflagration, le disque important qui a révélé le gangsta rap de la Côte Ouest, c'est Straight outta Compton. Pourtant, le dévastateur second album de N.W.A. n'est pas nécessairement le meilleur à être issu de cette scène, en cette fin des années 80. Son disque le plus accompli n'est peut-être sorti que l'année d'après, en 1989. Et il était signé The D.O.C., un rappeur qui avait évolué dans l'ombre de nos Négros avec de l'Allure en devenant, précisément… leur nègre, notamment celui d'un Dr. Dre bien meilleur producteur que rappeur.

THE D.O.C. - No One Can Do It Better

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Sur ce premier album, The D.O.C. démontrait sa capacité à écrire les bons textes, à lancer des phases cultes, reprises par maints rappeurs depuis (entre autres, cet introductif "one, and in comes the two to the three and four"). Mais il se révélait aussi un redoutable rappeur. Et ses paroles, si l'on excepte le posse cut "The Grand Finale" avec N.W.A., n'avaient en fait pas grand chose à voir avec le registre gangsta. Pour impressionner, The D.O.C. s'appuyait bien davantage sur son aisance au micro et la rapidité de son flow que sur les débordements verbaux, sonnant par l'occasion plus New-yorkais que West Coast. Notre homme, d'ailleurs, n'était pas vraiment Californien : il était en fait originaire du Texas.

Pour que la réussite soit totale, Dr. Dre s'était mis au service de son compère et avait produit de main de maître l'ensemble de l'album. Ici, il n'était pas encore le révolutionnaire qui, trois ans plus tard, allait changer pour toujours la production hip-hop. Musicalement, cet album n'était pas novateur. Seul le beat très relax de "The Formula" préfigurait le g-funk. Pour le reste, Dr. Dre proposait essentiellement des sons d'époque : samples puisés pour une large majorité dans le répertoire funk (Sly Stone, et bien sûr Parliament et Funkadelic), beats frénétiques et trépidants à la Bomb Squad sur "Lend Me an Ear", "Whirlwind Pyramid" et "Portrait of a Master Piece", crossover rap / hard rock sur "Beautiful but Deadly". Mais tout cela s'avérait sans tache, sans temps mort, irréprochable.

No One Can Do It Better, le D.O.C. avait-il intitulé cet album. A raison, car à cette époque, sur la Côte Ouest, personne ne pouvait mieux faire. Pas même lui, car notre homme bousillerait bientôt son larynx pour toujours, dans un accident de voiture, sapant une carrière prometteuse, ne pouvant plus s'appuyer que sur l'amitié et le respect de ses compères, qui l'inviteront à dire quelques mots sur les albums The Chronic et Doggystyle, les gros cartons à venir du rap californien.

Vos 5 albums / mixtapes 1989

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