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SPANK ROCK - YoYoYoYoYo

, 22:50 - Lien permanent

Dans les années 2000, la résurgence d'un rap dansant destiné à mettre le feu aux clubs n'a pas été que le fait d'artistes populistes et isolés, basés au Sud, à Atlanta, La Nouvelle-Orléans ou ailleurs. Il a aussi été porté par des gens comme Spank Rock, un duo composé du producteur XXXchange, le Blanc, un proche des producteurs de DFA, et du MC Naeem Juwan, le Noir, un ami de Shawn J. Period, lui-même un rappeur indé underground dans la veine de Mos Def et de Talib Kweli.

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Leur musique, cependant, n'avait pas grand-chose à voir avec le rap "conscient" des deux derniers. C'était même exactement tout le contraire. S'appuyant sur la considérable culture club de leur bonne ville de Baltimore, sur sa house locale mâtinée de hip-hop, ils avaient marché dans les pas de Luther Campbell.

Beaucoup, sur leur premier album, ramenait en effet au Miami des années 80 : ces sons d'époque, ces paroles scabreuses, cet esprit ludique où survivaient quelques traces de bonne humeur datant de la old school, ou encore ces bruits d'antiques jeux vidéos sur "Top Billin' for Far Left". La filiation serait d'ailleurs affirmée davantage sur le EP d'après, Bangers & Cash, où notre duo s'amuserait avec Benny Blanco à sampler le 2 Live Crew et à recycler la pochette légendaire d'As Nasty as they Wanna Be, y exhibant des fessiers luisants et pleins de cellulite.

Car dès ce YoYoYoYoYo trop audacieux, iconoclaste et crossover pour sortir sur autre chose qu'un label anglais, c'est bien de cela qu'il s'agissait : de fesses. Les textes ne faisaient rien que tourner autour de ce thème, l'arrière-train, la musique qui les accompagnait n'avait d'autre but que de le faire remuer. Et elle y arrivait plutôt bien, sur le tube qu'était ce jubilatoire "Bump" où la rappeuse Amanda Blank venait tenir la dragée haute à Juwan. Dans un genre aussi endiablé et plus fiévreux encore, le funk torride de "Sweet Talk" n'était pas mauvais non plus, avec les chœurs des Typical Girls, de même que la house bondissante de "Chilly Will".

Certes, sur ses autres plages, ce booty rap à l'ère du glitch et de l'IDM ne faisait pas toujours cet effet boeuf. Il est rare qu'un disque dédié complètement à la danse soit prenant de bout en bout. Peut-être, d'ailleurs, était-ce pour éviter la lassitude que l'album se terminait par un "Screwville, USA" totalement à rebours du reste, qui échangeait les rythmes trépidants d'avant contre un titre de rap lourd et planant, en hommage à Houston, à DJ Screw et au style chopped and screwed.

Vos 5 albums / mixtapes 2006

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Commentaires

1. Le dimanche 18 décembre 2011, 17:26 par Yum

Cool chro. Je suis assez étonné que tu dises du bien de ça ou du Dopplereffekt par exemple...

2. Le dimanche 18 décembre 2011, 18:13 par Codotusylv

@Yum : C'est la réécriture d'une ancienne chronique, et c'est marrant, parce qu'on m'avait fait exactement la même remarque à l'époque... Et je vois pas trop pourquoi...

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