PHILIPPE ROBERT - Post-Punk, No-Wave, Indus & Noise
Par codotusylv le vendredi 25 février 2011, 23:06 - Livres - Lien permanent
Décidément, on ne l’arrête plus. Après avoir consacré des ouvrages similaires au pop rock, à la musique expérimentale, à la black music puis, avec Jean-Sylvain Cabot et en deux volumes, au hard et au heavy metal, Philippe Robert remet le couvert, cette fois avec quatre mouvements clés nés après le punk (post-punk, no wave, indus, noise), et qui ont partagé le projet de bousculer, de maltraiter, de défier, voire de nier le rock.

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Que dire de neuf cette fois ? Que dire de plus par rapport aux ouvrages précédents puisque, là encore, le critique fait preuve d’un goût sûr et d’une érudition sidérante ? Que, non content de nous présenter en détail une bonne centaine d’enregistrements, Philippe Robert nous cite aussi d’autres disques cousins, qu’il complète tout cela d’une discographie complémentaire encore plus riche, doublée d’une biographie touffue, et bien sûr, en introduction, d’une mise en perspective des quatre genres abordés ? Qu'il sait mêler quelques choix plus personnel aux grandes références des genres abordés ? Qu'il établit des parallèles entre les pionniers de ces mouvements et leurs héritiers d'aujourd'hui ? Que, loin de s'arrêter au seul univers anglo-saxon, il sait trouver quelques pépites ailleurs, notamment en France, fort bien représentée dans le cas présent ?
S’il faut souligner les points communs avec les précédents ouvrages, on peut aussi revenir sur ceux qui fâchent : un style parfois lourd, un propos difficile à suivre, à force de phrases en tiroirs, d’apartés et de parenthèses qui s’efforcent à grand peine de canaliser un flot puissant de connaissances, de références et d’anecdotes ; ou encore, ce lourd magistère que fait peser Wire sur ce nouveau livre, à tel point que Philippe Robert, dans l’article sur le What Happened de Emeralds, emploie à son tour le concept de "pop hypnagogique" que le fameux magazine anglais se sent obligé de nous refourguer depuis des mois.
Toutefois, il y a davantage à dire sur cette dernière livraison de Philippe Robert. Et tout d’abord, que ce Post-Punk, No-Wave, Indus & Noise vient réparer un manque, un oubli : cette sous-représentation des années 80 que l’on regrettait dans son volume sur le pop rock, très largement consacré à la décennie d’avant. Cette fois, au contraire, et quitte à revenir sur des disques qu'il a déjà commentés dans l'autre livre (Cut des Slits, Colossal Youth des Young Marble Giants), ce sont les 80’s qui ont les honneurs, fort logiquement, puisqu’au moins trois des mouvements traités ici s’y sont principalement épanouis.
Qui plus est, Philippe Robert aborde les quatre genres sous le bon angle. Dans son ouvrage de référence sur le post-punk, Rip It Up & Start Again, l'Anglais Simon Reynolds avait un peu triché. Il avait regroupé sous cette étiquette tout ce qui lui avait plu dans l’après-punk, sans que tout cela relève à proprement parler de la démarche post-punk. Le Français, lui, ne se livre pas à cette petite supercherie. Il identifie quatre mouvements qui partagent pour de bon un projet commun, ce souci de déconstruction, sinon de destruction, cette volonté d’aller au-delà du rock. Rien n’est hors-sujet, ici. Ah, si, peut-être les Psychedelic Furs, moins expérimentaux et iconoclastes que beaucoup d’autres, ou le Gun Club, qui prônait davantage un retour aux racines du rock que son dépassement.
Mais dans son avant-propos, l'auteur avait prévenu qu’il se permettrait de telles exceptions, accompagnant ses dires d’une citation très juste de Günter Brus contestant que l’Histoire, et a fortiori celle de l'art ou de la musique, puisse être linéaire et unilatérale, et donc qu’on puisse la segmenter en tendances et en genres purs et parfaits. Et puis on peut bien lui accorder toutes les exceptions qu'il souhaite, puisque les disques qu'il présente sont toujours, sinon des classiques, au moins de vraies curiosités ou des must-have.
Avec Philippe Robert, donc, on adhère à chaque fois. Qu’il parle de post-punk ou d’autre chose, on a en toujours pour son compte. Qu’il se décide, la prochaine fois, à nous parler de séga mauricienne ou de chant diphonique mongol, et on achètera. Tiens, à propos, la discographie complémentaire de ce dernier volume se termine pas ces mots : "il va sans dire que new wave et hardcore américain méritent chacun un ouvrage dédié à leur cause". Ah ben oui, tiens, un tout nouveau livre sur la new wave ou le hardcore... Chiche ?
Commentaires
Mince, il semblerait qu'il y ait embrouille... Le mot de plagiaire a été écrit concernant ce Philippe Robert...
@kontroleur : Pas clair ce message. En quoi Philippe Robert est-il un plagiaire ???