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LIL WAYNE - Tha Carter II

, 23:19 - Lien permanent

L'histoire de Lil Wayne est la même que celle écrite en leur temps par d'autres musiciens afro-américains, Stevie Wonder et Michael Jackson par exemple. Elle est celle de l'enfant star devenu, à l'âge adulte, un artiste charismatique et essentiel. Celui qui, adolescent prodige donnant dans un rap hardcore avec B.G. ou les Hot Boys, n'était dans les années 90 qu'une attraction, devenait une décennie plus tard l'une des grandes figures du rap, l'un de ses messies, à la hauteur d'un Jay-Z.

LIL WAYNE - Tha Carter II

Cash Money :: 2005 :: acheter ce disque

Chacun de ses albums majeurs, ceux de la série Tha Carter, a été plus attendu que le précédent. Il a atteint à chaque fois des chiffres de vente de plus en plus stratosphériques. Et dans cette irrésistible ascension, le second de la série occupe une place de choix. Mannie Fresh, le producteur maison de Cash Money, ayant quitté la partie, les invités (Kurupt et, bien entendu, le parrain Baby) limités au strict minimum, il a été surtout l'album de l'affirmation, de la confirmation et de l'émancipation. Avec ses dreadlocks, avec sa peau tatouée de partout, avec sa voix plastique et éraillée, si caractéristique, Lil Wayne avait déjà bâti une identité forte. Et cet album ne faisait qu'affirmer encore plus cette personnalité.

Ici, il y avait de tout, et pour tous : des titres flamboyants ("I’m A Dboy"), des morceaux accrocheurs, forgés pour le triomphe et pour les clubs ("Fireman"), et des divagations, sans refrain, destinées à démontrer l'aisance de Weezy au micro ("Tha Mobb") ; quelques accès de provincialisme (un mémorable "this is Southern face it, if we too simple then y'all don't get the basics", sur "Shooter") et une aura qui portait loin, bien au-delà du simple Dirty South ; de la morgue et de la scatologie, sur un seul et même "Money on My Mind" ; du reggae sur "More Fire", de la soul classieuse sur "Hustler Music", du rock sur "Best Rapper Alive", et du R&B pour cœurs d'artichaut sur "Grown Man" et le très beau "Get Over".

Tout cela faisait de Lil Wayne le continuateur d'OutKast en matière de rap sudiste crossover. Ca partait tant dans tous les sens que, malgré l'effort de constance apporté par l'usage à trois reprises de la même instru, cet éclectisme pouvait aussi être une limite ; de même, bien sûr, comme pour tout disque de 80 minutes, que cette longueur excessive, que ces titres en trop comme "Oh No" et quelques autres. Mais pour le reste, Tha Carter II donnait raison à ce que le petit Wayne prétendait être devenu, au cœur des années 2000 : the "Best Rapper Alive".

Vos 5 albums / mixtapes 2005

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