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EMINEM - The Marshall Mathers LP

, 22:50 - Lien permanent

Un an pile après le succès de son Slim Shady LP et une année 1999 qui avait largement été la sienne, Eminem allait prouver qu'il était bien plus qu'une énième comète de la galaxie MTV, ou que le rappeur blanc de service. Il le ferait en sortant cet album qui portait son véritable nom et qui, écoulé à près de deux millions d'exemplaires dès sa première semaine de vente, un record, allait être l'un des plus grands succès commerciaux de toute l'histoire du hip-hop.

EMINEM - The Marshall Mathers LP

Aftermath / Interscope :: 2000 :: acheter ce disque

Divers, composite, The Marshall Mathers LP restait conforme à l'imagerie de post-adolescent white trash révélée avant. Comme pour l'album précédent, Dr. Dre était présent, et le son comme l'attitude gangsta y avaient la part belle. Il n'y avait qu'à écouter le formidable "Bitch Please II" (un remix du "I", présent sur le dernier Snoop Dogg) pour s'imaginer à nouveau conduire une décapotable sur Long Beach, des bitches dévêtues à l'arrière et un flingue dans la boîte à gant.

Pas de répit non plus question débordements verbaux. Eminem livrait ici un flot effarant d'abominations sexistes et homophobes, qui atteignaient un paroxysme sur l'impressionnant "Kim", où le rappeur, la voix au bord de la rupture, délivrait un effroyable simulacre de violence conjugale qui se dénouait par le meurtre de sa propre femme. Premier degré ou mise en scène ? Le rappeur, habile, ne manquait pas de maintenir l'ambigüité sur "Criminal", la dernière plage de l'album.

Le titre de l'album, le single "The Real Slim Shady" et le fait qu'il produise une bonne partie de l'album, en complément de Dr. Dre, indiquaient cependant que le rappeur se livrerait, qu'il serait prêt à se mettre à nu, à revenir sur un passé douloureux, à se lancer dans un délicat exercice d'introspection. La manifestation la plus notable de cette démarche était ce fameux "Stan", où Eminem imaginait les lettres d'un fan aux tendances suicidaires, désespéré de n'avoir aucun retour de son idole, et auquel le rappeur répondait trop tard, sur un ton sobre, humble et paternaliste. Ajouté à cela une guitare acoustique et le refrain interprété par Dido, et l'on tenait là, en plus d'un hit international, la grande œuvre d’Eminem.

Souvent, les rodomontades et l'introspection du rappeur paraissaient forcées, une constante chez Eminem. Il abusait d'effets stylistiques avec la discrétion et la subtilité d'un éléphant (sa voix sur "Kim", la guitare électrique de "Marshall Mathers"...). Mais ça fonctionnait, ça résistait à l'épreuve des écoutes répétées. A moins d'avoir été trop snob pour se joindre à la foule de ses adorateurs, The Marshall Mathers LP devait être reconnu pour le grand disque de rap que, pour une fois, nous pouvions nous procurer sans mal dans n'importe quel supermarché.

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