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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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DR. OCTAGON - Dr. Octagonecologyst

, 12:16 - Lien permanent

Non content d'avoir été la tête de proue des influents Ultramagnetic MC's pendant la décennie précédente, Kool Keith remettait ça en 1996. A nouveau, il bousculait et il réinventait le rap, en s'imaginant cette fois sous les traits d'un gynécologue extra-terrestre tueur, le temps de l'aventure Dr. Octagon. Et pour l'accompagner, notre homme s'était entouré d'une dream team de talents prometteurs, issus de New York comme de la Baie de San Francisco, qui feraient tous parler d'eux dans les années suivantes : The Automator et Kut Masta Kurt à la production, Q-Bert aux platines, Sir Menelik aux raps, ainsi que DJ Shadow, pour un remix.

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Sans renoncer à aucune des formules du rap, tous ces gens en livraient une version rénovée. Les paroles déjantées de Kool Keith, ancien malade psychiatrique obsédé par le sexe, l'horreur et la science-fiction, la bizarrerie des beats néanmoins accrocheurs de The Automator, les scratches dévastateurs de Q-Bert, la participation de "vrais" musiciens, tout concourait à faire de cet album la vision la plus crédible du hip-hop du futur. Celui de l'an 3000, à en croire le rappeur.

Sur "Earth People", Kool Keith s'engageait dans des élucubrations science-fiction, servi par un synthétiseur menaçant. Sur le somptueux "Blue Flowers", à coup de violon, de basses minimales et de sons inquiétants, The Automator distillait une ambiance langoureuse et malsaine, qui se mêlait en fin de parcours aux scratches tordus de Q-Bert. Sur "Bear Witness" un titre presque entièrement instrumental, tout en scratches et en saveur délicieusement old-school, Q-Bert faisait une démonstration saisissante de turntablism. Sur "I'm Destructive", l'équipe de Dr Octagon recourait aux grosses guitares, sans renoncer aux boucles et aux scratches, réinventant l'exercice crossover rock / rap tel qu'il avait existé dans les années 80. Sur "Wild and Crazy", Kool Keith s'engageait dans un pur délire de rap surréaliste, sur un beat extrêmement rêche qui nous saisissait à la gorge.

Cet album plongeait ses racines dans la décennie précédente, celle de la old school. Pourtant tout ici sonnait neuf, inventif, étrange, psychédélique. C’était si différent du rap qui dominait alors les médias, que Dr. Octagon ne percerait bien sûr jamais auprès du grand public. Distribué en Europe par Mo'Wax, flirtant parfois allègrement avec les sons du trip hop, il allait toucher cependant des gens habituellement peu concernés par le rap. Et faire de Kool Keith le parrain de toute une nouvelle génération de rappeurs portés sur l'expérimentation et les thèmes pseudo-scientifiques, soucieux de bousculer leur genre de prédilection.

Vos 5 albums / mixtapes 1996

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