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DR. DRE - The Chronic

, 09:08 - Lien permanent

En 1994, les rappeurs californiens parlaient d’un avant et d’un après Chronic Age. L’album solo de Dr. Dre, qui venait alors de quitter N.W.A., avait en effet confirmé la suprématie de la Côte Ouest sur le terrain disputé du hip-hop. Il avait été aussi le détonateur du succès de Snoop Dogg, Warren G, Nate Dogg et compagnie. En consacrant le g-funk, versant cool, mélodique et accrocheur du gangsta rap, il avait édicté les canons d'une musique qui allait dominer le milieu des années 90.

DR. DRE - The Chronic

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Basses énormes, coulées généreuses de synthé et samples issus en bonne partie du p-funk de George Clinton, servaient d'écrin à des textes irrévérencieux qui nous exposaient les détails d'un art de vivre composé de sexe, de violence, de soleil californien et de substances plus ou moins licites ("chronic", en argot local, désignait le cannabis), et qui rendaient glamour l'univers des gangsters.

Le tout, souvent, était déclamé sur un phrasé relax par les amis d’un Dr. Dre qui, meilleur musicien que rappeur, avait eut la bonne idée de convier plusieurs invités, dont Snoop Dogg, qui lançait ici sa carrière. A l'occasion, aussi, ce rap là savait céder la place aux chants et aux mélodies. "Fuck wit Dre Day", "Let me Ride", "Deeez Nuuuts" (fermez les yeux, vous voyez rouler les décapotables) étaient tous des modèles du genre. Mais la perle, c'était cet extraordinaire "Nuthin’ but a "G" Thang", single culte et définitif, le sommet de l'album et de tout un genre.

L'album, cependant, n'était pas uniforme. L'hostile "The Day the Niggaz Took Over", par exemple, renouait avec un minimalisme hardcore, agrémenté d'une pincée de ragga, et jouait à nouveau de la menace noire, un thème d'actualité en cette année d'émeutes à Los Angeles. Même chose pour ce "A Nigga Witta Gun" au ton martial, avec ses basses agressives, ses scratches furieux et ses bruits de flingue. Avec ces titres, avec aussi ses relents misogynes et homophobes, ou ses attaques contre l'ancien compère Eazy-E et les rappeurs de la Côte Est, The Chronic ne se résumait pas à de la lounge music pour gangsters sympas.

Il allait cependant cartonner, s'écoulant à plusieurs millions d'unités, dominant toute une époque, inspirant de nombreuses autres œuvres g-funk, dont peu atteindraient ce niveau. Même pas sa réplique de l'année d'après, un Doggystyle où, de son flow cool et sans effort, Snoop Dogg (alors impliqué dans une affaire de meurtre…) jouera à fond de ce contraste savoureux entre des paroles outrancières issues du passif gangsta et une musique éminemment séductrice.

Vos 5 albums / mixtapes 1992

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