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CRIME MOB - Crime Mob

, 23:16 - Lien permanent

Preuve qu'il était la nouveauté la plus notable dans ces années 2000 où le rap semblait sur le déclin, le crunk a été une pomme de discorde. Beaucoup, parmi les puristes, n'ont pas goûté ce rap plus démagogue que jamais, bâti sur des touches de synthés terriblement cheap, résumé par des obscénités aboyées par des rappeurs en rut, délaissant toute velléité arty pour redevenir une musique de club.

CRIME MOB - Crime Mob

Crunk Incorporated :: 2004 :: acheter ce disque

Ces gens, parfois, étaient conscients qu'ils faisaient au crunk les mêmes reproches que ceux qu'on avait adressés autrefois au rap, en général. Ils n'en continuaient pas moins à trouver plus de subtilité, de double-sens, de finesse et de contenu social dans le gangsta rap le plus nihiliste des années 90, que dans cette ultime incarnation d'un Dirty South populiste et décérébré. A l'inverse, d'autres dans l'intelligentsia critique, plus snobs, marqués par les leçons lointaines du punk, se souvenaient que le meilleur nait souvent de la vulgarité la plus crasse, et voulaient voir dans cette rap de danse sale et agressif l'avenir musical du nouveau siècle.

S'il est cependant une chose sur laquelle tous ces commentateurs s'accordent, à propos du crunk, c'est qu'il s'agissait davantage d'un genre à singles que d'une musique à albums. En écouter sur près d'une heure, c'était éprouvant pour tous.

Toutefois, n'en déplaise à ses détracteurs, le premier album de Crime Mob est une exception dans cette mouvance : il est l'exemple rare d'un disque à apprécier sur la longueur, il a quelque chose de plus, de musical. Lancé à Atlanta par Crunk Incorporated, le sextet n'y allait pourtant pas avec le dos de la cuillère. "I ain't no Joke", braillaient-ils. Certes, mais ils n'étaient pas Rakim non plus. Tant dans les textes qu'avec ces chœurs martiaux et ces synthétiseurs pas discrets, c'est l'artillerie lourde qui était de sortie. Diamond, Princess, Cyco Blac, M.I.G., Lil Jay et Killa C, en effet, n'étaient pas des tendres. Le dernier irait d'ailleurs bientôt en prison pour n'avoir rien su faire de mieux que de molester son petit frère.

Et il ne fallait pas compter sur la présence de deux femmes, pour adoucir les mœurs. Plutôt que de la contester, Diamond et Princess se complaisaient dans l'image de la femme-objet, sexy et apprêtée pour se faire sauter dessus par des hordes de mâles. Elles n'en sonnaient pas moins revêches et dangereuses, et étaient pour beaucoup dans la réussite de ce disque, dans cette collection de titres abrasifs et d'une invraisemblable grossièreté, mais parsemés de bonnes idées (la cloche de "Crunk, Inc.", la musique doucereuse et les cris de "Knuck If You Buck", le mélodique "Diggin Me") et qui sonnaient tous ou presque comme des hymnes.

Vos 5 albums / mixtapes 2004

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