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BONE THUGS-N-HARMONY - E. 1999 Eternal

, 22:33 - Lien permanent

C'est du Midwest qu'étaient issus les rappeurs de Bone Thugs-N-Harmony, mais c'est bel et bien vers l'Ouest que leur regard était tourné. Du g-funk californien, Krayzie Bone, Wish Bone, Flesh-N-Bone, Layzie Bone et Bizzy Bone avaient retenu l'essentiel, à savoir cette manière de marier des paroles férocement gangsta à une musique douce et séductrice. Le groupe de Cleveland allait même au-delà de tout ce qu'avait tenté le rap West Coast avec ses flows, parmi les plus singuliers jamais proposés, très rapides et extraordinairement mélodiques, flirtant avec le chant, et jouant à la perfection d’harmonies vocales, tentées à l'occasion a cappella.

BONE THUGS-N-HARMONY - E. 1999 Eternal

Ruthless Records :: 1995 :: acheter ce disque

Le groupe avait dû faire des pieds et des mains pour être signé sur le label de leur idole, Eazy-E, mais il avait eu raison d’insister. E 1999 Eternal deviendrait en effet l'un des grands cartons de Ruthless Records, manquant de peu un Grammy Award. L'ex-N.W.A., toutefois, ne connaîtrait rien du succès de ses nouveaux protégés. Il quitterait ce monde juste avant sa sortie. Le grand tube de l'album, "Crossroads", lui serait d'ailleurs dédié, ainsi qu'à d'autres proches décédés prématurément.

Formellement, E 1999 Eternal se présentait comme une longue déclinaison de la formule étrennée sur un EP sorti l'année passée, l'excellent Creepin on ah Come up. Aucun des morceaux n'avait la force de "Thuggish Ruggish Bone", le tube qui avait révélé le groupe, ni de "No Surrender", un autre temps fort de leur sortie précédente. Mais le nouvel album avait le mérite de s’affranchir du tout-venant g-funk, et d’affirmer encore l’originalité des rappeurs. Il y était toujours question de violence, de drogues, de criminalité, voire du bonheur de recevoir les aides sociales en début du mois sur "1st Of Tha Month". Mais la couleur morbide, annoncée par le nom même et l’imagerie du groupe, se faisait encore plus visible.

L'album, pourtant très long, n'avait en outre aucun temps mort, grâce notamment à DJ U-Neek, le producteur des meilleurs titres du EP précédent. Ici, il peaufinait son g-funk noyé dans les vapeurs du cannabis et jouait à fond de la mélodie, comme jamais sur un album de rap, avec des titres, "Eternal", "Crossroads" et "Buddha Lovaz", où le rythme s'effaçait définitivement. Grâce à cela et à leur flow caressant, les Bone Thugs-N-Harmony multipliaient les grands écarts, proposant d'un coup le disque le plus ghetto et le plus grand public qui soit, poussant à son paroxysme le son de l'époque, tout en sortant un album fidèle à son titre : éternel.

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Commentaires

1. Le vendredi 18 novembre 2011, 14:52 par codotusylv

A lire aussi, la chronique de l'ami Nemanja sur le premier EP du groupe, un disque dont la seule faute est de se clore par l'infâme "Foe tha Love of $" :

http://hiphopsection.fakeforreal.net/index.php/post/2002/BONE-THUGS-N-HARMONY-Creepin-on-ah-Come-up

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