Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

BIZZART - Bloodshot Mama

, 23:52 - Lien permanent

En voici au moins un qui, avec son pseudonyme, annonçait la couleur. Celui qui se faisait appeler Bizzart (Arthur Arellanes III, de son vrai nom), était bel et bien tout cela à la fois : bizarre et arty. Venu du spoken word et de l'underground californien (il a côtoyé Blackalicious), l'homme persévérait dans le nerd rap crossover, mutant, intime et expérimental représenté par Anticon autour de l'an 2000. Mieux, avec quelques années de retard, il en proposait une version des plus abouties.

BIZZART - Bloodshot Mama

Sounds Are Active :: 2006 :: acheter ce disque

Produit par Alkaline et par Accident, Bloodshot Mama avait toutes les caractéristiques de cet indie rap déjanté et affranchi de l'orthodoxie hip-hop : une pochette pas franchement dans les standards rap, des références iconoclastes (entre Can, PiL et Squarepusher, lisait-on dans le dossier de presse) et une voix aigrelette de petit Blanc, peu affirmée, mais compensée, soit par des rappeurs plus charismatiques (4 Ever et Awol One, avec son imparable flow de léthargique, sur "Drifter" ; Yarah Bravo, l'ex-protégée de l'Anglo-russe DJ Vadim, sur "Shark Skin Humans"), soit par des instrumentations audacieuses et imprévisibles.

Les sons, en effet, faisaient feu de tout bois, passant de l'acoustique tranquille d'une guitare folk à la grosse artillerie synthétique, parfois en un clin d'œil ("Dreams of Sparrow", "Liquid Beast"), offrant un refrain à la voix d'un enfant ("Suicide Bomber's Parade"), partant sur un instrumental apaisé à la limite du new age ("Mount Washington Blue and Red"), déformant les voix à loisir ("Blank Forest"), célébrant les épousailles kitsch entre un clavecin et des voix évanescentes ("Drifter"). Bizzart et ses collaborateurs jouaient du tout, des dissonances et de bruits indéfinis (le début de "Stumbing Blocks"), de plages saucissonnées en de multiples mouvements, de gros roulements de batterie, de violons déchainés ("Dreams of Sparrow") et de crescendos enflammés, dans un style assez proche de Dälek, comme avec le finale somptueux de "Blank Forest".

Tout cela était bien sûr déraisonnablement varié, décousu, parfois même emphatique. Mais d'une durée idéalement limitée, et habité par les paroles déclamées dans l'urgence du principal protagoniste, ce nouvel avatar d'un rap blanc, psychédélique et postmoderne se montrait passionnant de bout en bout.

Vos 5 albums / mixtapes 2006

Désignez vos 5 albums ou mixtapes rap préférés de l'année 2006. Les résultats seront révélés plus tard, quand un quorum satisfaisant de votes sera atteint.

Album / Mixtape #01

Album / Mixtape #02

Album / Mixtape #03

Album / Mixtape #04

Album / Mixtape #05

Évaluer ce billet

0/5

  • Note : 0
  • Votes : 0
  • Plus haute : 0
  • Plus basse : 0

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet