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THE PALE FOUNTAINS - Pacific Street

, 23:13 - Lien permanent

Dans la trop grande catégorie des albums maudits, Pacific Street a une place de choix. Tout avait pourtant bien commencé pour les Pale Fountains. Apparu au début de la décennie 80, le premier groupe de Michael Head s'inscrivait dans ce mouvement qui s'émancipait alors de la noirceur du punk et du post-punk anglais pour renouer avec des compositions chatoyantes plus en prise avec les années 60, une tendance qui commencerait avec Orange Juice et qui culminerait, dans le même temps que les deux seuls albums des Pale Fountains, avec les Smiths.

THE PALE FOUNTAINS - Pacific Street

Virgin :: 1984 :: shacknet.co.uk :: acheter ce disque

En phase avec les nouvelles aspirations musicales de leur temps, ils avaient connu un début de succès avec leur premier single, "(There's Always) Something on my Mind", qui leur avait valu illico une signature chez Virgin. Malheureusement, sorti après un an d'effort, leur premier album n'avait pas rencontré le succès escompté, pas plus que le suivant, et le groupe s'était vite perdu dans les disputes et la drogue, avant que Head n'active un nouveau groupe avec son frère, Shack.

Les Pale Fountains, à vrai dire, n'avaient pas fait les choses à moitié. Ce n'était pas qu'un vague retour vers les 60's et la pop psychédélique que nous proposait ce nouveau grand groupe sorti de Liverpool. Non, c'était beaucoup plus radical que cela, avec cette trompette chatoyante qui les inscrivait dans la droite filiation de Love. Ca allait même plus loin encore, avec une pop orchestrée qui lorgnait franchement du côté de Burt Bacharach, avec les chœurs soyeux ("Something on my Mind"), et parfois des violons, des flûtes ("Southbound Excursion"), avec de petits accents bossa nova ("Abergele Next Time"), ou jazz (l'intro de "Beyond Friday's Field"), voire de musique des îles (les steel drums de "Crazier"), et puis aussi quelques synthés, éventuellement, histoire de rappeler à quelle époque cela a été enregistré ("Unless"), et des saveurs limite musique d'ascenseur (les deux instrumentaux joliment mélancoliques "Faithful Pillow"). Il n'y avait guère qu'un "Natural" pour s'en tenir à peu près aux fondamentaux du rock 'n' roll.

Tout cela était peut-être too much. Cependant, ayant bénéficié dès le début d'une certain publicité, puis d'une réédition CD précoce, Virgin oblige, Pacific Street a conservé une cohorte de fans qui a entretenu la flamme. Pour le confirmer, il n'y a qu'à constater le nombre de fois où cet album est cité comme lost classic sur Internet, de façon presque plus visible que des disques plus reconnus, et observer la petite émulsion provoquée par une brève reformation du groupe en 2008.

C'est que les mélodies de ce classieux Pacific Street ont bien passé l'épreuve du temps. "Reach", "Something on My Mind", "Abergele Next Time" sont toujours aussi bons, extatiques même. Et ce qui aurait pu paraître un pur produit des années 80 (voyez les coupes de cheveux et les fringues des vidéos, par exemple – trop kitsch), un disque anachronique, sonne aujourd'hui encore parfaitement actuel. Et pour ne rien gâcher, la réédition a bien fait les choses en y ajoutant quelques titres dans l'esprit de l'album, dont l'enjoué "Palm of my Hand", ainsi que cet admirable et éclatant "Thank You" final tout en cordes et hautbois, single dont on s'étonne encore qu'il n'ait pas accompli sa mission de l'époque : imposer complètement auprès du grand public ce groupe qui aurait mérité d'être énorme.

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