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THE DIRTY SAMPLE - Joshua’s Dreamixes

, 13:19 - Lien permanent

N'allez pas dire aux gens de Hand'Solo Records que le rap indé est mort et enterré. Parce qu'eux, ils continuent comme au premier jour. Chez eux, pas de rap de chambre intimiste, ni de conversion indie pop, mais toujours ce hip-hop des marges, tout comme il y a dix ans. Le label canadien avait été l'un des pionniers, ses premières traces discographiques remontant jusqu'en 1996, à une compilation qui avait révélé la prolifique scène d'Halifax. Et il est maintenant l'un des derniers Mohicans, ayant ménagé sa survie au rythme d'environ un album par an, voire moins, dont l'un des derniers exemplaires est ce Joshua's Dreamixes.

THE DIRTY SAMPLE - Joshua’s Dreamixes

Hand'Solo Records :: 2010 :: acheter ce disque

Comme son nom l'indique, il s'agit ici d'un mix, un vrai, avec des titres refondus pour de bon par The Dirty Sample, un beatmaker venu de Calgary, et présenté comme une suite à son Beauty & Poison, disponible en téléchargement sur le site du label. Mais un mix rien qu'avec ses amis, soient principalement des rappeurs canadiens, et plus marginalement des Américains, Britanniques et Japonais. Et pour un peu, avec tous ces noms familiers qui se rappellent à notre bon souvenir (Chadio, Epic, Noah 23, Moka Only, Birdapres, Mind Bender, Eternia, Cam the Wizard, Red Ants, Ira Lee, Jesse Dangerously, Wordburglar...), tout cela sonne comme un rappel retentissant que le rap, là-bas, au Nord, est toujours très actif.

Il faut dire qu'il y a quelques belles réussites sur ce disque, à commencer par la première vraie plage : "Brian Wilson" était déjà le titre qui avait révélé D-Sisive, quelques temps avant son premier album. Mais entre les mains du Dirty Sample, il devient une autre machine, plus vicieuse et efficace, quand il troque la pop orchestrée de la version originale pour une musique effroyablement sombre. Le ton toujours noir de "Anti-Cymbal Monkey Movement" va quant à lui très bien aux raps d'Esh et de Cas Uno, ainsi qu'aux chœurs façon années 40 qui font office de refrain. Et comme les sons les plus abyssaux sont ceux qui vont le mieux au Dirty Sample, sa version du "Seasons" des Red Ants vaut aussi le détour.

Cependant, tout n'est pas toujours du meilleur cru. Les autres remixes sont dans l'ensemble peu inspirés, voire franchement plan-plan (ces trompettes sur le "Many Many" d'Eternia, quand même). The Dirty Sample arrive même à diluer l'excellent "The Route" de Wordburglar dans une soupe insipide. Mais indépendamment de leurs points forts comme de leurs moments faibles, ces Joshua's Dreamixes suffisent à nous rappeler que cela bouge encore et toujours, là-haut, au Canada.

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