OP8 - Slush
Par codotusylv le mercredi 3 février 2010, 22:55 - Pop / Rock / Folk - Lien permanent
Il y a des side projects qui valent autant que les œuvres principales de leurs auteurs. Regardez l’unique album enregistré par Giant Sand sous le nom d’OP8. A bien des égards, ça ressemblait à un disque de transition. Pourtant, plus qu'un simple intermède dans la riche carrière d'Howe Gelb et des siens, Slush a été un moment fort de leur histoire.

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Il y a des side projects qui valent tout autant que les œuvres principales de leurs auteurs. Regardez l’unique album enregistré par Giant Sand sous le nom d’OP8, avec le renfort de Lisa Germano. A bien des égards, c’était un disque de transition, placé pile entre la période la plus prolifique du groupe et le succès tardif de Joey Burns et de John Convertino avec Calexico, l'album The Black Light et son indie rock à la sauce tex mex. Et même s’il a été question un temps que cet "autre projet" ("other project", tel était le sens du "OP" d'OP8, outre l'évidente référence narcotique) s'inscrive dans la durée, avec un deuxième disque en collaboration avec… Clint Eastwood, il n'en a finalement rien été.
Pourtant, plus qu'un simple intermède dans la riche carrière d'Howe Gelb et compagnie, Slush était un moment fort de l'histoire de Giant Sand, et, par la même occasion, l'un des albums les plus accessibles et les mieux promus de sa discographie, aidé en cela par le label V2, alors tout juste lancé par Richard Branson.
L'apport de Lisa Germano n'était pas pour rien dans cette réussite. Délaissant quelque peu ses atours gothiques, la chanteuse devenait plus souple, plus légère, elle faisait merveille avec ses duos avec Gelb, témoin le "Sand" d'ouverture, reprise maline et parfaitement maîtrisée d'un standard torride de Lee Hazlewood et de Nancy Sinatra, où les deux compères, entre autres facéties, s'amusaient à inverser les sexes et les rôles.
"Sand" était un coup de maître, mais après, chaque plage ou presque était aussi remarquable : ainsi un "Lost in Space" aérien, un charmant "If I Think of Love", un "Leather" à écouter jusqu'au bout avant de le décréter trop sobre et triste, un "It's a Rainbow" interprété de façon grandiose par Germano, un joli "OP8" instrumental, une version particulièrement évanescente du "Round and Round" de Neil Young, et surtout d'un long "Cracklin' Water" absolument splendide, sommet, vertigineux, du disque.
Sur Slush, OP8 proposait une musique riche de détails gentiment expérimentaux, de ces accents western spaghettis qui seront la marque de fabrique de Calexico ("OP8", "Never See It Coming"), d'effets de voix et de guitare, de sons d'accordéon et de mandoline ("Sand"), de violoncelle ("It's a Rainbow", "Cracklin' Water"), de piano et de xylophone ("OP8"), ou de violon (presque partout) qui venaient se surajouter ici ou là, toujours au moment opportun. Tout était agencé au mieux pour faire de cet opiacé (pour ceux qui seraient fâchés avec l'anglais, OP8 = opiate) une drogue fortement addictive.
Commentaires
Ca faisait une paye que je n'avais pas pensé à ce joli disque. J'en connais très bien les morceaux mais j'ignorais totalement que Gelb, Burns et Convertino en étaient à l'origine. Lisa Germano a dû retenir toute mon attention. Chronique instructive donc.
Et bien d'accord sur Cracklin' Water.