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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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OP8 - Slush

, 22:55 - Lien permanent

Il y a des side projects qui valent autant que les disques principaux de leurs auteurs. Prenez l’unique album enregistré par Giant Sand sous le nom d’OP8, avec le renfort de Lisa Germano. A bien des égards, c’était une oeuvre de transition, sortie entre la période la plus prolifique du groupe et le succès tardif de Joey Burns et John Convertino avec l'indie rock à la sauce tex mex de Calexico. Et même s’il a été question un temps que cet "autre projet" ("other project", tel était le sens du "OP" d'OP8, outre l'évidente référence narcotique) s'inscrive dans la durée, avec un second disque en collaboration avec… Clint Eastwood, il n'en a en fait rien été.

OP8 - Slush

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Pourtant, plus qu'un simple intermède dans la carrière d'Howe Gelb et de sa bande, Slush a été un moment fort de l'histoire de Giant Sand, et, par la même occasion, l'un des albums les plus accessibles et les mieux promus de leur carrière, aidé en cela par le label V2, alors tout juste lancé par Richard Branson.

L'apport de Lisa Germano n'était pas pour rien dans cette réussite. Délaissant ses atours gothiques, la chanteuse devenait plus souple, plus légère, elle faisait merveille avec ses duos avec Gelb, témoin le "Sand" d'ouverture, reprise maline d'un standard torride de Lee Hazlewood et Nancy Sinatra, où les deux compères, entre autres facéties, s'amusaient à inverser les rôles entre l'homme et la femme.

"Sand" était un coup de maître, mais après, chaque plage ou presque était aussi remarquable : ainsi un "Lost in Space" aérien, un charmant "If I Think of Love", un "Leather" à écouter jusqu'au bout avant de le juger trop triste, un "It's a Rainbow" interprété de façon grandiose par Germano, un joli "OP8" instrumental, une version très évanescente du "Round and Round" de Neil Young, et surtout d'un long "Cracklin' Water" absolument splendide, sommet, vertigineux, du disque.

Sur Slush, OP8 proposait une musique riche de détails frisant l'expérimentation, sans plonger dans l'abscons, de ces accents western spaghettis qui seront la marque de fabrique de Calexico ("OP8", "Never See It Coming"), d'effets de voix et de guitare, de sons d'accordéon et de mandoline ("Sand"), de violoncelle ("It's a Rainbow", "Cracklin' Water"), de piano et de xylophone ("OP8"), ou de violon (presque partout). Tout était agencé au mieux pour faire de cet opiacé (pour ceux qui seraient fâchés avec l'anglais, OP8 = opiate) une drogue fortement addictive.

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Commentaires

1. Le vendredi 12 février 2010, 11:21 par Virgule

Ca faisait une paye que je n'avais pas pensé à ce joli disque. J'en connais très bien les morceaux mais j'ignorais totalement que Gelb, Burns et Convertino en étaient à l'origine. Lisa Germano a dû retenir toute mon attention. Chronique instructive donc.

Et bien d'accord sur Cracklin' Water.

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