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HUSKER DU - Candy Apple Grey

, 12:16 - Lien permanent

Si Candy Apple Grey a des raisons d'être le mal aimé des albums de Hüsker Dü, ce ne devrait pas être à cause de leur arrivée chez une major, une première alors, pour un groupe issu de la scène punk hardcore. Leur formule, en effet, en aura peu été affectée... Non, c'est seulement en regard des autres disques, en rapport avec le reste de leur discographie, tant il est ardu pour cette sortie de soutenir la comparaison avec celles, monstrueuses, qui l'auront précédée ou suivie.

HUSKER DU - Candy Apple Grey

Warner :: 1986 :: acheter ce disque

Candy Apple Grey a été le premier album d'Hüsker Dü sorti chez Warner, la première signature d'un groupe phare du punk hardcore américain sur une major, un disque qui symbolisait alors l'essor irrésistible de cette scène dans la deuxième moitié des années 1980, ses premiers pas vers un public plus large, consacrés plus tard par l'explosion du rock alternatif américain dans l'après-Nirvana, au début de la décennie 90. Mais si, malgré ce progrès, ou cette trahison, selon les points de vue, cette sortie n'avait pas été un événement si important ? C'est ce que Steven Blush laissait entendre dans son fondamental American Hardcore :

Indier-that-thou types ragged on their big '86 big league debut Candy Apple Grey, but the only distinction between it and previous efforts was improved production quality (p. 226).

Blush a parfaitement raison. Candy Apple Grey n'était pas la rupture dénoncée par ces puristes, outrés de voir un groupe important de la scène hardcore se vendre à une major. Les ballades, les influences du rock psychédélique (l'introduction étrange de "Too Far Down"), l'introspection ("I Don't Know For Sure", "Too Far Down", "All This I've Done For You"), les histoires d'amour difficile ("Don't Want To Know If You Are Lonely", "Sorry Somehow", "No Promise Have I Made"), le tour souvent très mélodique des chansons, notamment celles de Grant Hart, tout cela le groupe en avait déjà été capable sur Zen Arcade, New Day Rising et Flip Your Wig. Quant à sa facette la plus brutale, elle n'avait pas disparu, comme le montrait un "Crystal" furieux et abrasif placé au tout début, sûrement pas innocemment.

Non, si Candy Apple Grey a des raisons d'être le mal aimé des disques de Hüsker Dü, ce n'est pas à cause d'une quelconque trahison. Rien ne change ici par rapport aux disques d'avant, sinon, comme le souligne Blush, une production plus léchée, des instruments plus riches (orgue sur l'excellent "Sorry Somehow", flûtes et violoncelle sur "Too Far Down", synthé sur "Hardly Getting Over It", piano sur "No Promise Have I Made"), et des passages plus paisibles, notamment ce "Too Far Down" et cet angoissé "Hardly Getting Over It", joués à la guitare acoustique.

Le problème avec Candy Apple Grey, et il est tout à fait mineur, c'est tout simplement la présence de titres moins percutants, comme le pourtant énergique "Dead Set on Destruction", ou cet "All This I've Done For You" final. Ce n'est qu'une question de comparaison. C'est juste que ce bon disque n'était peut-être pas aussi monstrueux que ses prédécesseurs, ou que son excellent successeur.

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