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FREESTYLE FELLOWSHIP - To Whom it May Concern

, 23:05 - Lien permanent

Le premier Freestyle Fellowship, To Whom It May Concern appartient sans conteste à la catégorie des albums cultes. Et comme tout bon album culte, ses débuts furent plutôt laborieux. En 1991, à l’heure où Los Angeles s’embrase au son du gangsta rap, Aceyalone, Mikah 9, P.E.A.C.E., Self Jupiter, J. Sumbi et M.D. Himself, des habitués de l'open mic du Good Life Café, semblent en effet s'être bien trompés d’époque. Sur fond de jazz mutant, leur posture arty, leurs longues improvisations et leurs flows de folie sont à mille lieux des envies du moment.

FREESTYLE FELLOWSHIP - To Whom it May Concern

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C’est donc en catimini, sur 500 cassettes et 300 vinyles, qu'est sorti un album dont l'édition CD ne verra le jour qu'à la toute fin de la décennie, en 1999. Ceux qui n’auront découvert le disque qu’à cette époque tardive n'auront toutefois pas remarqué la différence. To Whom it May Concern, en effet, avait incroyablement bien vieilli. Construit sur des bases jazz, saxophone, piano et basses en tête, mais ne sonnant en rien comme le jazz rap qui sévirait bientôt, il voyait chaque MC se succéder et se défouler avec une frénésie rare, sur un mode plus proche du freestyle que du rap millimétré. Pourtant, jamais l’album n’était inutilement bavard. Et chaque titre était en lui-même une œuvre à part, unique et singulière.

Les faux airs de mélopée africaine de "7th Seal", le langoureux "Sunshine Men", les chœurs et le saxophone de "Physical Form", habités par la voix chaude et grave de P.E.A.C.E., sont autant de titres d’anthologie. Même constat pour le piano jazz et rapide de "120 Seconds" et pour l’extraordinaire, speed et futuriste "We Will not Tolerate", qui dévoilent tous deux la face expérimentale de Freestyle Fellowship. Sans omettre le morceau de bravoure du sextet, le long, riche et complexe "5 O’Clock Follies", où Mikah 9 se livrait à des observations politiques sur fond de basse bondissante et d’orgue fou. Mais c'est plus tard encore que surgissait le véritable moment fort de l’album, quand, sur un poignant "For no Reason", P.E.AC.E. mettait en scène un meurtrier s'interrogeant sur son acte.

Le succès fuira durablement la Freestyle Fellowship. Et pourtant, la suite sera passionnante : elle comprendra quelques autres albums dont leur grand classique Innercity Griots, la riche carrière solo d’Aceyalone, celles plus discrètes de P.E.A.C.E. et Mikah 9, la création d'une véritable école hip-hop avec le Project Blowed, le projet Haiku d’Etat, la canonisation par la scène indé à la fin de la décennie. Autant d’épisodes, de chapitres de l’histoire du rap qui ne sont que la suite naturelle, la maturation, le développement du seul To Whom it May Concern.

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