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THE NOTWIST - Shrink

, 22:29 - Lien permanent

Une décennie plus tard, passé un début des années 2000 où l'alliance d'une musique électronique savante à la Warp et d'un songwriting d'obédience indie pop battait son plein, ce disque de Notwist paraît ancré dans son époque. Les chansons des Allemands en semblent parfois fades, aujourd'hui. Leurs compositions sont un peu pâlottes. Très logiquement, ces mélodies indolentes parsemées de glitches ont vieilli. L’impact est moindre, tout cela sonne le trop entendu. Mais justement, c'est à présent que s’estompe l’argument de la nouveauté qu’il faut réécouter Shrink, hors contexte, hors du temps, afin de pouvoir l’apprécier à sa juste mesure.

THE NOTWIST - Shrink

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Et évalué à sa juste mesure, Shrink reste un bon disque. Moins mélodique, chanté et accessible que Neon Golden, l’album le plus célébré du groupe, pour beaucoup celui de la découverte ; tout en bruine et en frimas, plus froid que le disque à la pochette rouge, celui à la pochette bleue en partage pourtant les ingrédients. Il en est la répétition générale, après que les premiers pas vers la musique électronique eurent été franchis sur l’album précédent, 12, avec l’arrivée de Martin Gretschmann. Tout juste la structure se montre-t-elle ici plus lâche et indécise, les chansons moins évidentes, l’impression générale plus évanescente dans ce grand ensemble où le format pop, si présent sur Neon Golden, est contrecarré par des envies de liberté venues du jazz, de l’électronique savante, et du post-rock.

Les mélodies sont là ("Chemicals", "Electric Bear" et surtout le splendide "No Encores"), soutenues par des guitares. Mais des intros répétitives et métronomiques ("Day 7", "Another Planet"), dans la grande tradition kraut rock, des plages mélancoliques soutenues par une guitare en boucle ("Shrink"), des bruits de synthèse incongrus, des zigouigouis étranges, s'emploient en permanence à les troubler. Et quelquefois, les chansons cèdent franchement la place à de longues plages, en bonne partie ("Your Signs") ou totalement instrumentales ("N.L."), qui tirent franchement vers le jazz ("Moron") ou vers le tout électronique (ce "0-4" qui semble échappé d'un disque solo de Console).

Tout cela a un parfum un brin surrané. Et de fait, Shrink ne fait sans doute pas partie de la catégorie des chefs d’œuvre. Mais il se tient à l’endroit même où tous ou presque prennent naissance : à la jonction des deux envies contradictoires, celle d’explorer et celle de séduire, qui de tout temps ont fait avancer la musique.

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